Cet ouvrage apporte une contribution précieuse à la compréhension des défis contemporains de la légitimité étatique face à l'extrémisme violent en Afrique subsaharienne. Au sud du Sahara, l'extrémisme violent érode les fondements de la légitimité des Etats, fragilise les institutions et menace les équilibres sociaux et politiques. Cet ouvrage, à la croisée des analyses académiques et des réflexions stratégiques, explore avec finesse les mécanismes de légitimation de l'Etat dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, sociaux et économiques croissants. Il examine dans un premier temps les stratégies internes de légitimation, telles que le dialogue inclusif, l'ancrage dans les traditions locales et l'amélioration des processus normatifs. Ces approches sont présentées comme originales pour pacifier les rapports sociaux et restaurer la confiance envers les institutions. A travers des études de cas, notamment sur la gestion de la crise anglophone au Cameroun et les défis liés à la "milicianisation" en République centrafricaine, les auteurs offrent une compréhension nuancée de ces dynamiques complexes.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...