Savoir/Agir N° 34, Décembre 2015 : De la classe ouvrière aux classes populaires
Mauger Gérard
CROQUANT
10,00 €
Epuisé
EAN :9782365120777
Il fut un temps qui n'est pas si lointain où " la classe ouvrière " était créditée d'un rôle messianique par les uns, d'épouvantail par les autres. Son éclipse consécutive à celle, intellectuelle et politique, du marxisme, à l'effondrement du socialisme " réellement existant ", à la désindustrialisation massive, etc. , a pu sembler emporter avec elle les rapports de domination et les inégalités sous toutes leurs formes dans une société désormais " moyennisée " et/ou " individualisée ". La montée du chômage et de la précarité, le retour de " l'insécurité sociale ", le creusement des inégalités, etc. , ont fait que, depuis la fin des années 1990, on s'est avisé chez les sociologues, les journalistes et les politiques que " les classes populaires " ne sont pas pour autant disparues avec " la classe ouvrière ". Certes, les classes populaires ne sont pas ce que la classe ouvrière n'a jamais été ailleurs que dans l'imagination des intellectuels. En mobilisant les très nombreuses enquêtes désormais disponibles, il s'agira dans ce dossier de cerner " ce que populaire veut dire ", de s'interroger sur le rassemblement des ouvriers et des employés sous le même label, d'étudier les multiples clivages qui traversent les classes populaires, de se demander comment elles se reproduisent et comment on s'en échappe, de reposer la question de " la culture populaire ".
Nombre de pages
130
Date de parution
14/01/2016
Poids
216g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782365120777
Titre
Savoir/Agir N° 34, Décembre 2015 : De la classe ouvrière aux classes populaires
ISBN
2365120776
Auteur
Mauger Gérard
Editeur
CROQUANT
Largeur
160
Poids
216
Date de parution
20160114
Nombre de pages
130,00 €
Disponibilité
Epuisé
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L'émeute" de novembre 2005 a remis sur le devant de la scène politico-médiatique les jeunes des classes populaires et leurs pratiques "déviantes". Comment les expliquer sociologiquement ? En mettant en perspective une double série d'enquêtes ethnographiques séparées par une trentaine d'années, on peut décrire un espace des styles de vie "déviants" structuré par trois pôles - "le monde des bandes", "le milieu" et "la bohème populaire" - et analyser les permanences et les transformations de cet univers au fil du temps. Les pratiques du monde des bandes ont pour principe unificateur l'affirmation des valeurs de virilité, celles du milieu, le culte de la richesse, celles de la bohème populaire, la bonne volonté culturelle qui, au cours de la seconde moitié des années 1970, trouvait à s'investir dans la "contre-culture". Quels sont les effets de la crise de reproduction qui affecte les classes populaires depuis la deuxième moitié des années 1970, sur ces pratiques "déviantes" ? Si les aspirations culturelles frustrées s'expriment aujourd'hui comme hier dans une "bohème populaire", on peut actuellement y distinguer deux pôles : l'un tourné vers la "culture hip hop", l'autre vers la quête du salut religieux. L'extension du chômage et de la précarisation conduit à la recherche d'alternatives au salariat ("deal" et "bizness"), brouillant les frontières entre le milieu et le monde des bandes. L'ethos viril et l'indignation morale que suscitent les "bavures policières" s'expriment sporadiquement dans les "violences urbaines" : révoltes "proto-politiques" susceptibles de conversion en "expression politique" dans la mesure où elles rencontrent une offre de sens et de réhabilitation symbolique.
L'idéologie dominante est un discours de maintien i de l'ordre. De façon générale, elle porte chacun à se convaincre qu'il faudrait désormais accepter l'ordre social tel qu'il s'est imposé comme allant de soi: avec enthousiasme ou en traînant les pieds avec l'espoir de «sauver les meubles».Le souci d'ancrer ces repères pour résister à l'idéologie dominante dans l'actualité impose de se plier aux exigences d'un agenda fixé par les médias et (es politiques, et exclut pratiquement toute possibilité d'enquête systématique. Ainsi ces repères ne concernent-ils que des échantillons significatifs de l'idéologie dominante (sur les classes populaires, sur quelques notions-clés de l'idéologie dominante, sur la vie politique) sans viser l'exhaustivité et sans prétendre à la représentativité.Outre leur intention de clarification, de démystification, de rupture avec le sens commun (avec ses évidences, son ethnocentrisme, ses propensions à la déshistoricisation, à la naturalisation, à la psychologisation) ces repères ont aussi, et peut-être surtout, une vocation pédagogique. En définitive, il s'agit, comme l'écrit Jacques Bouveresse, de «passer du statut de sociologue pour sociologues à celui de sociologue pour tout le monde», de montrer en actes l'intérêt d'une lecture sociologique des discours médiatiques et politiques et, ce faisant, d'une invitation et d'une initiation à la pratiquer pour son propre compte.Gérard Maugerest sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS, chercheur au Centre européen de sociologie et de science solitique (CNRS-EHESS-Paris I) et membre de l'association Savoir/Agir.
C?es repères pour résister à l'idéologie dominante transgressent les interdits récemment réactivés par divers rappels à l'ordre politiques et académiques. Ils s'ingénient, en effet, à découvrir des "excuses sociologiques" aux "inexcusables" : qu'il s'agisse de s'interroger sur la sociogenèse des trajectoires djihadistes ou de tenter de rendre compte du vote FN d'une fraction des classes populaires. Ils s'efforcent de mettre en évidence divers procédés de légitimation d'inégalités "obscènes" : comme la célébration des "talents". Ils mettent en évidence la division du travail discursif sur l'Union Européenne entre philosophes "à façon" et économistes "à gages". Ils s'emploient à clarifier l'usage de catégories routinières (comme l'opposition "droite/gauche" ou la notion galvaudée de "populisme"), à dissiper le brouillage d'un champ politique devenu illisible et à rappeler les leçons de l'expérience grecque à ceux qui rêvent d'une "autre Europe". Bien qu'ils s'imposent un double devoir de "réflexivité" et de "scientificité", ces repères qui mettent les ressources de la sociologie au service de ce genre de transgressions, s'exposent sans doute ainsi à réveiller toutes les formes d'anti-intellectualisme que suscite "l'engagement sociologique". Pourtant, comme disait Durkheim, "la sociologie ne vaudrait pas une heure de peine si elle ne devait avoir qu'un intérêt spéculatif .
L'intérêt porté ici conjointement à l'automobile et au supermarché a pour ambition de réfléchir à l'évolution de nos modes de consommation depuis cinquante ans. La particularité de l'objet automobile est d'entretenir tous les fantasmes, le premier d'entre eux étant de pouvoir circuler librement. Si l'automobile recouvre un certain nombre de fonctionnalités, il n'en demeure pas moins qu'elle implique aussi certaines contraintes. Associer l'automobile à la consommation est devenu un acte d'une évidence déconcertante, le consommateur moderne ne pense plus son rapport à l'achat de produits courants, dont l'alimentation, qu'au travers d'un déplacement en véhicule à quatre roues (automobile ou chariot libre-service en grande surface d'ailleurs)
Le présent ouvrage est l´??histoire de la fédération dudans les différentes étapes de son existence, traitant essentiellement de la part prise par ce parti dans les combats ayant jalonné sa vie intense contre la colonisation capitaliste, le sous-développement, la spéculation et la pression immobilière sur le littoral notamment par le tourisme, la stigmatisation de la culture et la langue basque, la répression des deux côtés de la frontière, la violence institutionnelle en politique, etc. Ce sont quelques dizaines de militants acharnés qui ont persévéré pour l´??autodétermination de ce territoire dans une voie étroite consistant à mettre en tension autonomie et autogestion, nationalisme et socialisme, sans concession démagogique ou électoraliste refusant à la fois un nationalisme apolitique et une lutte de classes sans racine nationale. L´??ouvrage est bâti à partir d´??entretiens et de documents personnels, d´??archives nationales et locales, ainsi que de celles des héritiers du PSU,
Les lois de 2008 sur la réforme de la représentativité syndicale et de 2015 sur le dialogue social ont instauré de nouvelles obligations de négociation en entreprise ponant sur la "conciliation" de l'activité syndicale et professionnelle. Comment expliquer cette soudaine attention des pouvoirs publics à la "discrimination syndicale"? Assiste-t-on à une rupture historique dans les relations professionnelles à la française ? Fondée sur six monographies de grandes entreprises aux pratiques sociales contrastées, cet ouvrage montre comment la négociation d'accords de droit syndical et de " gestion des parcours syndicaux " est aussi une réponse a la croissance des contentieux. menés notamment par la CGT depuis les années 1990, qui ont contribué à une prise de conscience de leurs droits par les syndicalistes. Si ces accords d'entreprise protègent désormais mieux les mandatés les plus investis dans le jeu du dialogue social, qui signent des accords, ils ne modifient pas radicalement les pratiques managériales de terrain qui continuent à stigmatiser les syndicalistes de proximité. surtout quand ils s'opposent aux restructurations ou dénoncent la dégradation des conditions de travail par des pratiques protestataires.