L'auteur tente d'explorer à partir de sa clinique, la matière de l'angoisse et son énonciation : " ça me resserre, ça m'étouffe et ça me vide... " est le cri que peut émettre le sujet lorsqu'il trouve un creux d'oreille pour déposer son malaise, ce dernier recours au bord de la dépression voire même de la mélancolie. C'est bien ce bord qui a servi de terme jonction entre l'angoisse et la création, ce bord qui parfois fait pli, le littoral qui mènera aussi au travail de la lettre dans l'inconscient. La création, au sens de ce que l'auteur nomme le faire-œuvre, est une pratique venant éponger en urgence le trop d'angoisse pour un plus-de-jouir contre ce touche-la-mort qu'est l'angoisse. Dès lors, le travail de mise en forme producteur d'une surface extratopique, peut opérer comme point d'appui pour le sujet. En somme, la stratégie pulsionnelle du faire-œuvre est de passer du fantômal (matière informe de l'angoisse) au sinthomal (matière organisée par l'œuvre). L'auteur analysera le travail de différents artistes qui ont particulièrement mis en évidence le rapport de l'œuvre à l'angoisse (Giacometti, Zoran Music, Jean-Luc Parant, Kafka...).
Nombre de pages
281
Date de parution
01/11/2003
Poids
386g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782747507677
Titre
L'angoisse et la création. Essai sur la matière
ISBN
274750767X
Auteur
Masson Céline
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
386
Date de parution
20031101
Nombre de pages
281,00 €
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L'enfant avant même de savoir parler va éprouver le besoin d'inscrire des traces : marques, taches, points, lignes, boucles, spirales... Son geste de main entraîne tout son corps vers une expression de langage qui tend vers l'Autre. Faire trace pour se donner un support, une assise qui fasse lien entre dedans et dehors, lieu de projection des pulsions. Ex-pression des pulsions et mise en images et en figures de l'activité fantasmatique. Le dessin pro-jette, met en espace une image du corps, instaure un cadre qui permet la mise en scène de l'énigme. Il est le véhicule des fantômes, des visages d'histoire et de mémoire en venant représenter l'absence par cette présence énigmatique qui compose les formes. Le dessin est une prise sur l'énigmatique et l'actuel, il doit être interprété, travaillé dans le mouvement même de sa réalisation, dans le mouvement même du transfert lorsque le dessin est réalisé dans le cadre de la cure. C'est donc ce mouvement transférentiel qui va nous intéresser dans ce livre, le dessin pris dans le travail analytique. Il est alors pré-texte à la mise en mots et aux associations libres. L'image accompagne la parole qui transforme elle-même le processus de figurabilité à l'oeuvre dans le tracé. Le dessin est l'exposition d'une complexité dans laquelle se trouve l'enfant qui montre ainsi à l'analyste là où il en est. C'est en quelque sorte l'identité subjective de l'enfant, ancrée dans le corps de sensations, qui se projette sur la surface, dans l'actuel de la séance. Les représentations de l'enfant vont surtout permettre l'ouverture, dans le cadre de la relation transférentielle, d'un espace inédit où le désir se déploie et où l'image inconsciente du corps se construit. C'est l'acte même de dessiner, la dynamique instaurée par le dessin dans la cure, qui prime sur le contenu du dessin. Nous aurons à traduire ces représentations, à les interpréter avec les mots que l'enfant et l'analyste vont mettre à l'oeuvre de la parole. Le dessin constitue un support remarquable d'expression de l'inconscient. Mais il faut du temps pour le lire, l'entendre, l'interpréter, prêter l'oreille à un sens qui demande à être ouvert, à une énigme qu'il s'agira de déchiffrer par-delà les formes que nous percevons d'emblée. Le dessin se ressouvient et sa ligne trace, dans le mouvement du transfert, en résonance harmonique avec le thérapeute, ce dont la parole se saisit d'une mémoire en construction. En paraphrasant Paul Klee, on pourrait dire que le dessin n'a pas à rendre le visible mais à rendre visible.
L'accent est une trace d'origine dont le locuteur peut difficilement se débarrasser, une trace dans la langue. Chaque langue a un accent, une saveur et, en venant à une autre langue, l'accent se déplace et ne perd pas la langue première. D'une langue à l'autre, l'accent fait sa route, transporte la culture dont il porte les traces comme des restes irréductibles. A partir de l'accent comme rythme essentiel de la langue et comme restes de transmission, nous tenterons alors d'entendre ce qu'il en est de ces traces de vie que nous proposons de nommer "traces de culture". Ce livre aborde en particulier les langues juives, ou judéo-langues, un ensemble de langues qui se sont développées dans des communautés juives du monde entier, et plus particulièrement en Europe, en Asie occidentale et en Afrique du Nord. Quelles sont les langues parlées par les juifs dans leur déplacement ? Comment ces langues nous habitent-elles ? Quels accents en gardons-nous ...
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Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...