Politiques de la mémoire et résolution des conflits
Massamba-Makoumbou Jean-Serge
L'HARMATTAN
34,50 €
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EAN :9782296969704
Dans la résolution des conflits internationaux et infraétatiques, les politiques de la mémoire se présentent, aujourd'hui, comme une ressource incontournable. Pourtant, le concept même de politique de la mémoire manque de clarté. En effet, en tant qu'institutions d'apaisement de la mémoire collective et individuelle au sein d'une société divisée, ces politiques se rapportent à des réalités hétérogènes qui se recoupent autour de la réconciliation des frères ennemis. C'est pourquoi cet essai s'attache à préciser la nature de cette notion utilisée dans des contextes si divers et à étudier quelques expériences initiées en Europe, en Afrique et en Amérique. Dans cette optique, l'analyse porte sur les dispositifs mémoriels de pacification en situation postconflictuelle : la justice pénale, les commissions "Vérité" et les mécanismes traditionnels "actualisés" de sortie des crises. Seront évoqués, à l'appui du propos, le Tribunal spécial pour le Rwanda, les commissions "Vérité" sud-américaines et sud-africaine ainsi que la réhabilitation des Gacaca et des Bashingantahe au Rwanda et au Burundi. Cette démarche intéressera les étudiants en philosophie politique, en droit, en science politique et en sciences sociales, tout comme les professionnels de la résolution des conflits.
Nombre de pages
313
Date de parution
12/04/2012
Poids
500g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782296969704
Titre
Politiques de la mémoire et résolution des conflits
Auteur
Massamba-Makoumbou Jean-Serge
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
500
Date de parution
20120412
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313,00 €
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L'émergence de la philosophie africaine et de la philosophie afro-américaine reste tributaire de la définition de leur statut épistémologique et de leur africanité. Incombe dès lors à ces disciplines d'aider l'Africain à penser son identité. Une telle démarche s'inscrit nécessairement dans une histoire qui implique des enjeux disciplinaires, intellectuels, politiques et idéologiques. Ces philosophies nées de la lutte visent, en effet, la réhabilitation de la figure de l'homme noir minorisé. Cette recherche s'interroge sur ces philosophies de l'africanité telles qu'elles se donnent à lire dans la " Revue philosophique Kinshasa " et "Philosophia Africana". Dans les deux cas, la conceptualisation de l'identité africaine parait assujettie aux invariants produits par la philosophie des Lumières qui s'articulent autour de la race, la géographie et la culture. Aujourd'hui, il se profile néanmoins l'apparition de jeunes générations philosophiques non ethniques qui conçoivent la singularité africaine à l'aune d'un projet.
Qui commande le passé commande l'avenir. " Tel pourrait être le fil conducteur de cet ouvrage qui s'interroge sur la pertinence des politiques de la mémoire engagées dans la pacification de la société congolaise postconflictuelle. Si la construction de la paix en matière de sortie de crise admet l'importance du rôle de la mémoire, il incombe à ces politiques la connaissance ou non des violations graves des droits de l'homme, la réparation matérielle et symbolique à l'égard des victimes en quête de reconnaissance ainsi que la réécriture de l'Histoire dans le but de changer les stéréotypes à l'origine de la conflictualité. Du fait pourtant de l'absence d'un système judiciaire indépendant et d'un Etat en position de tiers, les politiques de la mémoire initiées dans la résolution des crises congolaises tendent plutôt à légitimer un régime politique autoritaire au lieu de promouvoir la réconciliation. Dans cette optique, l'édification d'une paix positive différente d'un simple arrêt des hostilités requiert une attitude nouvelle à même de favoriser la mutation des conduites négatives en postures rationnelles afin d'oublier les avanies du passé et de favoriser un nouveau vivre en commun novateur.
Cette étude prend le parti de considérer l'appartenance ethnique comme un facteur parmi d'autres dans le développement des guerres civiles africaines. Il s'agit de considérer la forte capacité de mobilisation qu'elle recèle. À ce titre, il n'existe pas de conflit ethnique par essence, mais par vocation ou par instrumentalisation. Dans ce cadre, le Congo-Brazzaville apparaît comme un cas d'école, avec une manipulation de l'appartenance ethnique au service de la conquête du pouvoir politique et de la confiscation de l'autorité.
La revendication d'une rationalité purement africaine par les milieux scientifiques ou universitaires africains, depuis quelques décennies, dérive de la minorisation de l'Afrique. Se pose, dès lors, la question du statut de la philosophie africaine qui revendique une certaine autorité dans cette démarche. Si l'existence de cette philosophie reste attestée, le parcours des études conçues comme spécifiquement africaines révèle la redondance du concept de "philosophie africaine" accolé à ces traités. Nonobstant leur importance, l'exploration de ces recherches met en lumière un défaut de clarification du concept d'africain. Dans cette optique, cette étude s'interroge sur le sens et la signification de la notion d'africanité attachée à cette philosophie. Elle tente de répondre à la question de l'identité africaine de cette philosophie et partant de celle du philosophe africain, telle qu'elle se donne à lire dans la Revue philosophique de Kinshasa. Il s'agit d'un essai d'histoire des sciences qui croise plusieurs domaines d'investigation : histoire de l'édition, histoire des revues, histoire du post-colonialisme et histoire des découpages nationaux de la pensée.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...