Cuire le monde. Rite et pensée dans l'Inde ancienne
Malamoud Charles
LA DECOUVERTE
38,50 €
Impression à la demande
EAN :9782707118196
De tous les animaux susceptibles d'être des victimes sacrificielles, l'homme est le seul qui puisse faire des sacrifices ". Dans cette phrase est condensée une anthropologie : ce livre tente de l'expliciter. Les essais réunis dans ce volume portent sur la culture et les formes de pensée que nous font connaître les textes sanscrits, notamment les plus anciens d'entre-eux : les Hymnes védiques et les Traités du sacrifice qui leur sont associés. Le titre, Cuire le monde , traduit l'expression sanscrite lokapakti : l'homme " cuit " le monde et se " cuit " lui-même en exécutant les rites. On choisit en effet, pour aborder l'Inde, de suivre les chemins que tracent les prescriptions et spéculations indiennes sur le rituel. Poètes et doctrinaires védiques nous y invitent : c'est en réfléchissant à ce qui a lieu sur la scène sacrificielle qu'ils élaborent les catégories du continu et du discontinu de la répétition et de la différence, du " principal " et du " reste ", de l'immédiat et du différé, du plein et du vide, de l'implicite et du déployé. Catégories universelles, sans doute, mais qui, dans l'Inde, ont cette spécificité d'avoir été " pensées " à partir du rite par excellence, l'acte sacrificiel, conçu comme modèle de l'acte. C'est pour rendre compte du sacrifice que le Veda s'interroge sur les dieux, leur corps, leur langage, et c'est dans le groupement des hommes unis dans un même projet sacrificiel que l'on décèle le prototype du lien politique. Enfin le lexique et les notions propres au rituel sont présents dans cette définition que les auteurs védiques donnent de l'homme : " De tous les animaux susceptibles d'être des victimes sacrificielles, l'homme est le seul qui puisse faire des sacrifices ". Dans cette phrase est condensée une anthropologie : ce livre tente de l'expliciter.
Nombre de pages
336
Date de parution
23/03/1989
Poids
422g
Largeur
137mm
Plus d'informations
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EAN
9782707118196
Titre
Cuire le monde. Rite et pensée dans l'Inde ancienne
Auteur
Malamoud Charles
Editeur
LA DECOUVERTE
Largeur
137
Poids
422
Date de parution
19890323
Nombre de pages
336,00 €
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La déesse Parole est une des grandes divinités de l'Inde védique, révérée de nos jours encore sous la figure de Sarasvatî. Elle personnifie à la fois la faculté de parler et cette manifestation primordiale du langage qu'est, pour la tradition indienne, le texte du Veda. Elle est aussi la puissance qui accorde aux poètes inspirés le talent de créer leurs poèmes. Constamment invoquée dans les cérémonies rituelles, elle est l'héroïne d'une mythologie foisonnante qui met en évidence sa nature féminine. Elle est la partenaire indispensable du Sacrifice, c'est-à-dire de l'ensemble des rites. La conjonction du Sacrifice masculin et de la Parole féminine est un aspect essentiel et déterminant de la grande répartition sexuelle des êtres, des objets et des actes, suivant le genre grammatical du nom qui les désigne. Charles Malamoud, dans les études rassemblées ici, s'efforce de comprendre les liens que la spéculation indienne établit entre féminité et parole et la manière dont elle décrit le rapport entre vérité et fausseté, silence et expression.
Dans la mythologie de l'Inde, Yama, le jumeau solaire, est le dieu de la mort. Immortel lui-même, il est cependant l'ancêtre problématique et le patron des mortels. Produire les lignées humaines, tel est le but que propose sa jumelle Yami à son frère Yama, quand elle le presse de surmonter sa peur de l'inceste en l'invitant à s'unirà elle pour un accouchement fécond. Charles Malamoud consacre son livre aux figures du dieu de la mort, explorant le labyrinthe des mythes, des légendes, des rituels, des sagesses et des folies de l'Inde.
L'ouvrage porte sur la notion de "scène" dans le rituel et la mythologie de l'Inde. Certains moments des cérémonies ou des récits mythiques sont des "scènes" par leur intensité dramatique, leur cadre et surtout par le regard que porte sur eux un personnage: regard qui les cerne et règle les conditions de notre propre vision. Il s'agit d'analyser l'élément "scénique" du "drame sacrificiel" et aussi de montrer en quel sens,selon quelles modalités, ce drame est une "représentation". Plusieurs des scènes ainsi reconnues relèvent de la "scène primitive" dela psychanalyse. Les données sont principalement des textes. Mais Charles Malamoud a aussi observé une cérémonie sur le terrain en 1990. Le titre vient du commentaire d'un poème védique qui décrit comme une "danse" le mouvement des pierres avec lesquelles les hommes écrasent les tiges de la plante soma pour en extraire la boisson d'immortalité qu'ils offriront aux dieux.
La question du corps des dieux hante toutes les religions. Chaque religion apparaît comme tendue entre le besoin d'une présence divine directement accessible aux hommes et la nécessité de soustraire le divin à toutes les limitations d'un monde auquel il doit demeurer étranger. Partout, cette même tension, et partout des réponses différentes : dans l'Egypte ancienne, en Grèce, à Babylone, en Inde, en Chine, en Afrique, dans le bouddhisme japonais axé sur la vacuité et dans le christianisme, axé sur l'incarnation. Au-delà du problème spécifique de la figuration des dieux, c'est toute la question du statut de l'image qui est ici abordée par une voie neuve. Corps des dieux est à l'origine un numéro du Temps de la réflexion, revue publiée sous la direction de J.-B. Pontalis.
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.