A la veille de la prochaine élection présidentielle, les mêmes acteurs s'apprêtent à jouer la même pièce, dans un théâtre vidé de ses spectateurs. Mais quand le pouvoir est à prendre, tout devient possible, y compris - surtout ?? - le recours à un homme providentiel. Imaginez un pays ? : la France. Imaginez une élection présidentielle, avec ces noms rebattus, et qui seront battus. Imaginez maintenant un candidat surprise, qui ne parle que de restaurer l'autorité dans un pays rabaissé. Un outsider qui fait la une des journaux et qui grimpe inexorablement dans les sondages... En mettant sa plume au service de cet homme, le personnage principal de ce récit, Benjamin Strada, relate la plus surprenante des campagnes électorales, qui voit s'affronter deux mondes en un formidable jeu de dupes. Deux mondes qu'à l'arrivée bien peu de choses opposent. Dans cette fable amorale et burlesque, Joseph Macé-Scaron décrit comme personne, à travers une galerie de portraits vachards, les coups bas médiatiques, les grandes trahisons mêlées d'embrassades, et tout un microcosme aveugle à ses propres échecs. Il nous met surtout en garde contre cette folie d'espérer un sauveur dans un monde absolument privé d'amour. Rassurez-vous : pour l'instant, tout cela n'est qu'un roman !
Nombre de pages
268
Date de parution
26/05/2021
Poids
322g
Largeur
142mm
Plus d'informations
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EAN
9791032920015
Titre
La surprise du chef
Auteur
Macé-Scaron Joseph
Editeur
L'OBSERVATOIRE
Largeur
142
Poids
322
Date de parution
20210526
Nombre de pages
268,00 €
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Qu'est-ce qui ne va pas dans la vie de Benjamin? Quadragénaire aux muscles saillants, journaliste au quotidien libéral Le Gaulois, parisien d'une espèce particulière, celle des bobos-gays, Benjamin n'aurait en apparence que des motifs de satisfaction. Hélas, il a des certitudes vacillantes et son journal passe entre les mains d'un industriel obtus, la promotion devient un piège inéluctable. C'est que Benjamin ne se reconnaît dans aucune communauté, ni la future cour qui se presse autour de Sarkozy (nous sommes avant l'élection présidentielle), ni le ghetto doré du Marais. Benjamin est différent, il apprendra donc, à ses dépens, qu'au-delà d'une certaine limite, son ticket d'entrée dans la "bonne société" n'est plus valable? Roman satirique, traversée de communautés étanches entre elles, portrait acide de la nouvelle comédie du pouvoir et d'une France qui déraille et qui grince. C'est drôle, irrévérencieux, polémique: l'auteur n'épargne personne, à commencer par lui-même.
Extrait Extrait de l'introduction Verra-t-on bientôt une carte identitaire prendre la place de notre vieille carte d'identité ? Devra-t-on décliner nos origines sur quatre générations, notre ethnie, notre religion afin que nos contemporains nous rangent dans une boîte, prélude à l'ultime rangement que nous connaîtrons tous ... Ceux qui réduisent la percée des listes nationalistes (lors des dernières élections européennes) au déclin irréversible d'un continent travaillé par la haine de soi, ceux qui ramènent le triomphe de l'hindouisme en Inde à un particularisme en sari, ceux qui imaginent que le monde musulman est le seul à devoir relever le défi de l'intégrisme religieux, ceux qui pensent que la cathédrale russe couronnée de bulbes d'or que Poutine s'apprête à construire en plein coeur de Paris n'a aucun lien avec son souci de refaire de Moscou la troisième Rome, ceux qui limitent le Tea Party à une version un peu plus à droite du parti républicain... Tous ceux-là n'ont rien compris à ce qui est en train de se jouer sous nos yeux. Davantage que l'histoire politique, l'histoire des idées ne se répète pas, elle bégaie. Entre les deux guerres, nos clercs mirent vingt ans à comprendre que l'irruption totalitaire était un seul et même phénomène et qu'il était vain de trier entre totalitarisme fréquentable ou infréquentable, entre Rome et Berlin. Plus près de nous, les stratèges américains ont, semble-t-il, accepté l'idée qu'il était illusoire de vouloir dissocier les différentes formes prises par l'islamisme politique. Combien de temps faudra-t-il pour prendre la mesure de la panique identitaire qui envahit les esprits ... Sois et éternellement demeure, surtout, garde l'étiquette que l'on t'a apposée et qui va t'accompagner durant l'existence. Telle est la prière qui s'élève, aujourd'hui, des temples anciens et des modernes : des édifices religieux et des hypermarchés. Cette injonction nous presse et nous oppresse. Nos sociétés sont devenues de gigantesques foires aux identités où il est désormais impossible de descendre du manège à moins de sauter dans le vide. Le sujet n'est pas de faire ici le procès de l'identité. Pour éviter un grave malentendu, une précision s'impose d'entrée de jeu. Quoi de plus normal, de plus humain que de s'interroger sur soi ? Les Grecs voyaient dans ce questionnement la source de la philosophie, le fondement de la métaphysique, l'aube de la conscience intérieure. «Connais-toi toi-même !» est, si l'on en croit Platon, le plus vieux précepte gravé au fronton du temple de Delphes. Il a, en tout cas, traversé les siècles, devenant le cours le plus intérieur de la pensée occidentale. Pourquoi ce qui a été pendant des siècles le mot clé de l'humanisme nous est-il un fardeau ? Que s'est-il passé pour que la question de l'identité se transforme en une colérique assignation à résidence ? Comment ces identités nationales qui étaient, dès le XIXe siècle, un formidable levier conduisant à la démocratie, à la libération et au Printemps des peuples, se sont-elles transformées en un outil provoquant l'abrutissement des masses et l'asservissement des individus ...
Y a-t-il encore un libéral dans la salle ?? Le libéralisme n'a pas, aujourd'hui, bonne presse. Il est vrai qu'il est soumis à rude épreuve entre ceux qui l'utilisent pour justifier leurs lâches abandons et ceux qui s'en servent pour déconsidérer leurs adversaires en le réduisant à l'économie. Or dans un monde de plus en plus complexe et soumis au diktat de l'immédiateté, il n'a jamais autant été une idée neuve. Jamais il n'est autant apparu comme le meilleur des remèdes au cynisme politique, aux passions extrémistes, au politiquement correct et aux folies identitaires. Riche de rappels et d'explications, d'événements et de portraits, Joseph Macé-Scaron rappelle avec érudition comment la liberté individuelle a construit la France moderne et combien elle est apte à édifier celle de demain. Loin de tout esprit de système, le libéralisme nous apprend enfin, dans un monde où l'irrationnel règne, qu'on peut être modéré avec passion.
Montaigne est notre contemporain absolu ", affirme Joseph Macé-Scaron, qui a décidé de cheminer en sa compagnie. Ce livre n'est ni une biographie, ni une analyse de plus de l'?uvre de Montaigne, mais une visite de ses textes par un lecteur du XXIe siècle, avec l'intention de le remettre à l'ordre du jour sans le mettre au goût du jour. Joseph Macé-Scaron brosse le portrait d'un homme, mais aussi le tableau d'une époque pleine de bruit et de fureur, qui connaît les guerres de Religion, le retour de l'obscurantisme, les chasses aux sorcières, le réveil des vieilles féodalités... Sombres temps qui évoquent le nôtre. On voyage donc dans cet essai, à pied, à cheval, en carrosse et en barque. Libre des modes et des interdits, Montaigne, qui ne perd jamais la mesure de ce qui est proprement humain, nous apparaît comme le plus intime et le plus gai des amis, parce qu'il est non un maître à penser, mais un maître à vivre.
De Camus, Hannah Arendt disait en 1952 qu'il était "sans aucun doute pour le moment le meilleur homme en France" parmi ses pairs qu'elle trouvait "tout juste supportables" . Comment expliquer un jugement aussi tranché à l'encontre d'un milieu intellectuel où l'écrivain algérois côtoyait pourtant Jean-Paul Sartre, Maurice Merleau-Ponty ou encore Georges Bataille ? C'est que l'auteur de L'Homme révolté a su incarner, à une époque d'extrême polarisation du débat d'idées, le difficile équilibre de la nuance. Sa lucidité, dont son ami Char disait qu'elle est la blessure la plus rapprochée du soleil, face à la réalité de l'idéologie totalitaire et son refus obstiné de céder aux sirènes du manichéisme ont fait de lui un penseur souvent caricaturé et incompris. Les Justes, Lettres à un ami allemand, Le Mythe de Sisyphe, La Chute... A l'heure de l'immédiateté numérique et de la polémique permanente, il importe plus que jamais d'entendre cette pensée exigeante, tendue comme un fil d'Ariane entre des extrêmes mortifères.