Extrait Extrait de l'introduction Verra-t-on bientôt une carte identitaire prendre la place de notre vieille carte d'identité ? Devra-t-on décliner nos origines sur quatre générations, notre ethnie, notre religion afin que nos contemporains nous rangent dans une boîte, prélude à l'ultime rangement que nous connaîtrons tous ... Ceux qui réduisent la percée des listes nationalistes (lors des dernières élections européennes) au déclin irréversible d'un continent travaillé par la haine de soi, ceux qui ramènent le triomphe de l'hindouisme en Inde à un particularisme en sari, ceux qui imaginent que le monde musulman est le seul à devoir relever le défi de l'intégrisme religieux, ceux qui pensent que la cathédrale russe couronnée de bulbes d'or que Poutine s'apprête à construire en plein coeur de Paris n'a aucun lien avec son souci de refaire de Moscou la troisième Rome, ceux qui limitent le Tea Party à une version un peu plus à droite du parti républicain... Tous ceux-là n'ont rien compris à ce qui est en train de se jouer sous nos yeux. Davantage que l'histoire politique, l'histoire des idées ne se répète pas, elle bégaie. Entre les deux guerres, nos clercs mirent vingt ans à comprendre que l'irruption totalitaire était un seul et même phénomène et qu'il était vain de trier entre totalitarisme fréquentable ou infréquentable, entre Rome et Berlin. Plus près de nous, les stratèges américains ont, semble-t-il, accepté l'idée qu'il était illusoire de vouloir dissocier les différentes formes prises par l'islamisme politique. Combien de temps faudra-t-il pour prendre la mesure de la panique identitaire qui envahit les esprits ... Sois et éternellement demeure, surtout, garde l'étiquette que l'on t'a apposée et qui va t'accompagner durant l'existence. Telle est la prière qui s'élève, aujourd'hui, des temples anciens et des modernes : des édifices religieux et des hypermarchés. Cette injonction nous presse et nous oppresse. Nos sociétés sont devenues de gigantesques foires aux identités où il est désormais impossible de descendre du manège à moins de sauter dans le vide. Le sujet n'est pas de faire ici le procès de l'identité. Pour éviter un grave malentendu, une précision s'impose d'entrée de jeu. Quoi de plus normal, de plus humain que de s'interroger sur soi ? Les Grecs voyaient dans ce questionnement la source de la philosophie, le fondement de la métaphysique, l'aube de la conscience intérieure. «Connais-toi toi-même !» est, si l'on en croit Platon, le plus vieux précepte gravé au fronton du temple de Delphes. Il a, en tout cas, traversé les siècles, devenant le cours le plus intérieur de la pensée occidentale. Pourquoi ce qui a été pendant des siècles le mot clé de l'humanisme nous est-il un fardeau ? Que s'est-il passé pour que la question de l'identité se transforme en une colérique assignation à résidence ? Comment ces identités nationales qui étaient, dès le XIXe siècle, un formidable levier conduisant à la démocratie, à la libération et au Printemps des peuples, se sont-elles transformées en un outil provoquant l'abrutissement des masses et l'asservissement des individus ...
Nombre de pages
141
Date de parution
29/10/2014
Poids
160g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782246853947
Titre
La panique identitaire
Auteur
Macé-Scaron Joseph
Editeur
GRASSET
Largeur
130
Poids
160
Date de parution
20141029
Nombre de pages
141,00 €
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Qu'est-ce qui ne va pas dans la vie de Benjamin? Quadragénaire aux muscles saillants, journaliste au quotidien libéral Le Gaulois, parisien d'une espèce particulière, celle des bobos-gays, Benjamin n'aurait en apparence que des motifs de satisfaction. Hélas, il a des certitudes vacillantes et son journal passe entre les mains d'un industriel obtus, la promotion devient un piège inéluctable. C'est que Benjamin ne se reconnaît dans aucune communauté, ni la future cour qui se presse autour de Sarkozy (nous sommes avant l'élection présidentielle), ni le ghetto doré du Marais. Benjamin est différent, il apprendra donc, à ses dépens, qu'au-delà d'une certaine limite, son ticket d'entrée dans la "bonne société" n'est plus valable? Roman satirique, traversée de communautés étanches entre elles, portrait acide de la nouvelle comédie du pouvoir et d'une France qui déraille et qui grince. C'est drôle, irrévérencieux, polémique: l'auteur n'épargne personne, à commencer par lui-même.
Y a-t-il encore un libéral dans la salle ?? Le libéralisme n'a pas, aujourd'hui, bonne presse. Il est vrai qu'il est soumis à rude épreuve entre ceux qui l'utilisent pour justifier leurs lâches abandons et ceux qui s'en servent pour déconsidérer leurs adversaires en le réduisant à l'économie. Or dans un monde de plus en plus complexe et soumis au diktat de l'immédiateté, il n'a jamais autant été une idée neuve. Jamais il n'est autant apparu comme le meilleur des remèdes au cynisme politique, aux passions extrémistes, au politiquement correct et aux folies identitaires. Riche de rappels et d'explications, d'événements et de portraits, Joseph Macé-Scaron rappelle avec érudition comment la liberté individuelle a construit la France moderne et combien elle est apte à édifier celle de demain. Loin de tout esprit de système, le libéralisme nous apprend enfin, dans un monde où l'irrationnel règne, qu'on peut être modéré avec passion.
A la veille de la prochaine élection présidentielle, les mêmes acteurs s'apprêtent à jouer la même pièce, dans un théâtre vidé de ses spectateurs. Mais quand le pouvoir est à prendre, tout devient possible, y compris - surtout ?? - le recours à un homme providentiel. Imaginez un pays ? : la France. Imaginez une élection présidentielle, avec ces noms rebattus, et qui seront battus. Imaginez maintenant un candidat surprise, qui ne parle que de restaurer l'autorité dans un pays rabaissé. Un outsider qui fait la une des journaux et qui grimpe inexorablement dans les sondages... En mettant sa plume au service de cet homme, le personnage principal de ce récit, Benjamin Strada, relate la plus surprenante des campagnes électorales, qui voit s'affronter deux mondes en un formidable jeu de dupes. Deux mondes qu'à l'arrivée bien peu de choses opposent. Dans cette fable amorale et burlesque, Joseph Macé-Scaron décrit comme personne, à travers une galerie de portraits vachards, les coups bas médiatiques, les grandes trahisons mêlées d'embrassades, et tout un microcosme aveugle à ses propres échecs. Il nous met surtout en garde contre cette folie d'espérer un sauveur dans un monde absolument privé d'amour. Rassurez-vous : pour l'instant, tout cela n'est qu'un roman !
Montaigne est notre contemporain absolu ", affirme Joseph Macé-Scaron, qui a décidé de cheminer en sa compagnie. Ce livre n'est ni une biographie, ni une analyse de plus de l'?uvre de Montaigne, mais une visite de ses textes par un lecteur du XXIe siècle, avec l'intention de le remettre à l'ordre du jour sans le mettre au goût du jour. Joseph Macé-Scaron brosse le portrait d'un homme, mais aussi le tableau d'une époque pleine de bruit et de fureur, qui connaît les guerres de Religion, le retour de l'obscurantisme, les chasses aux sorcières, le réveil des vieilles féodalités... Sombres temps qui évoquent le nôtre. On voyage donc dans cet essai, à pied, à cheval, en carrosse et en barque. Libre des modes et des interdits, Montaigne, qui ne perd jamais la mesure de ce qui est proprement humain, nous apparaît comme le plus intime et le plus gai des amis, parce qu'il est non un maître à penser, mais un maître à vivre.
A chaque jour son crime. Ils nous parlent, nous touchent, nous troublent, nous révèlent. J'ai voulu rassembler, sous la forme d'un almanach, ce que je sais, ce que j'ai découvert de 314 tueurs en séries, 193 autres types d'assassins et de plus de 5 700 meurtres. Serial Krimes ? Des articles de fond sur des tueurs en série français comme Landru ou Claude Lastennet, une évocation de crimes célèbres qui ont défrayé la chronique à Hollywood, l'histoire de criminels sexuels tels que Léger, Menesclou ou Soleilland, ou encore des enquêtes réalisées par des voyants. Vous lirez des reportages tirés de la presse de l'époque et le récit de certaines pratiques judiciaires oubliées. La réalité dépasse souvent la fiction, ce qui n'a pas empêché de nombreux auteurs ou scénaristes de s'inspirer des meurtres atroces que vous vous apprêtez à découvrir", S. B.
Depuis tant d'années, je tourne en rond dans ma cage, mes rêves sont peuplés de meurtre et de vengeance. Jusqu'au jour où la solution se présente enfin, la, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l'enfermer dans un livre". Séduite à l'âge de quatorze ans par un célèbre écrivain quinquagénaire, Vanessa Springora dépeint, trois décennies plus tard, l'emprise que cet homme a exercée sur elle et la trace durable de cette relation tout au long de sa vie de femme. Au-delà de son histoire intime, elle questionne dans ce récit magnifique les dérives d'une époque et la complaisance d'un milieu littéraire aveuglé par le talent et la notoriété.
Raconter René Goscinny en bande dessinée. Et lui donner la parole, au fond, pour la première fois. Tel est le projet de cet album exceptionnel. Un événement artistique. Et un livre de tendre amitié. Catel, célèbre dessinatrice, travaille depuis quatre ans, avec l'appui et l'amitié d'Anne Goscinny, à ce "Roman des Goscinny" - un roman graphique où tout est vrai. 320 pages magnifiques, en trichromie, où Catel nous raconte la vie de René Goscinny. Sa naissance, dans le Paris des années 20, au coeur d'une famille juive, exilée de Pologne et d'Ukraine. Son père, chimiste, fils de rabbin. Sa mère, née en Ukraine, ayant fuit les progroms. Son grand-père, imprimeur de journaux yiddish. Son grand-frère moqueur, Claude. L'enfance en Argentine, bientôt. Et les passions de René : le dessin, le rire, puis l'écriture. Catel nous emmène dans un voyage familial marqué par l'histoire, entre l'Amérique et l'Europe. Tandis que le jeune René cherche sa voie, lui le "paresseux contrarié" , une partie de la famille meurt dans les camps d'extermination. René part à New York, frappe à toutes les portes, dessine et vit dans la pauvreté avec sa mère. A Bruxelles puis à Paris, il trouvera peu à peu sa vocation : non pas dessiner, mais écrire, scénario, sketchs, histoires. Goscinny crée, avec Uderzo, le personnage d'Astérix, qui devient très vite célèbre dans le monde entier ; mais aussi le Petit Nicolas avec Sempé. Et il est le grand scénariste de Lucky Luke et de Iznogoud. C'est aux portes du "célèbre village gaulois" que s'arrête le premier tome du "Roman des Goscinny" : alternant avec force et tendresse des épisodes de la vie de "René" ; et ceux racontés par sa fille Anne à son amie - donnant une vérité, une drôlerie et une émotion à ce projet fondateur.
Voici Dany Laferrière dans tous ses exils. Obligé de fuir Haïti à l'âge de 23 ans sous les aboiements d'une meute de chiens, il entame une vie d'exils, de Miami à Paris en passant par le Brésil, sans avoir ajamis vraiment quitté Montréal. Après l'Autoportrait de Paris avec chat, Dany Laferrière approfondit la veine du roman dessiné et écrit à la main. L'Exil vaut le voyage offre un point de vue original sur le sentiment de l'exil : est-ce une expérience aussi terrible qu'on le dit ? En revenant sur ce qu'on croit à tort une fatalité, Dany Laferrière nous dit combien les pérégrinations obligées, si on les accueille en ouvrant les yeux et l'esprit, nous enrichissent. Quelle occasion de rencontres nouvelles, avec des écrivains, des femmes et des chats ! Le monde regorge de richesses, et ce livre nous les fait découvrir avec charme et humour, mais aussi, parfois, un lyrisme pudique : " Je viens de parler à ma mère longuement, et je dois partir sans bagage " . Si les exils ont leur part d'arrachement, ils donnent aussi à voir le monde et des mondes. De Jorge Luis Borges à Virginia Woolf, de jazzmen solitaires en cafés bondés, de l'Amérique à l'Europe, voici de fructueux exils, avec, pour compagnons de voyage, de chapitre en chapitre, les grands exilés du monde, Ovide, Mme de Staël, Graham Greene, le grand romancier cubain José Lezama Lima, et bien d'autres.