Principes éthiques d'Albert Schweitzer en Afrique. Le respect de la vie
Mabika Ognandzi Hines
L'HARMATTAN
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EAN :9782343143323
? Les violences faites aux Africains - et de plus en plus par des Africains - posent la question du sens des mutations en cours sur le continent. Elles questionnent la valeur de la vie. Lorsque, dans les années 1950 et 1960, l'élite africaine découvre l'énoncé du docteur Albert Schweitzer selon lequel l'homme noir est un frère cadet du blanc, elle verse des larmes de crocodile au nom d'un antiracisme et d'un antipaternalisme de pacotille. Lorsque, le 31 août 2016, de jeunes Gabonais, certains à peine majeurs, qui viennent d'élire un nouveau président de la République, sont abattus par quelques agents des forces armées de leur pays, personne ou presque ne s'en émeut, au nom de la "non-ingérence", nouvelle argutie d'enrobement de notre démission face au péril moral et à l'exacerbation de la violence d'Etat globalisée. Le silence des intellectuels africains et des "amis" de l'Afrique face au drame qui se vit depuis lors au Gabon et ailleurs sur le continent indique une fissure des liens invisibles qui unissent les êtres humains. La sagesse bantoue désigne ces liens sous le concept d'Ubuntu. Albert Schweitzer y voyait la source du respect de la vie, principe éthique de ré-humanisation de l'homme et de la société. Cet ouvrage n'est pas un traité d'éthique de la vie publique, encore moins une diatribe à l'encontre des fossoyeurs de vies. C'est une modeste réflexion de quelques universitaires africains et européens sur l'idée du "respect de la vie" énoncée en Afrique il y a un siècle par le théologien, philosophe et médecin Albert Schweitzer. Car "[nul] n'a le droit de fermer les yeux et de considérer que puisqu'il s'épargne la peine de le voir, le mal n'existe pas. Que personne ne secoue de ses épaules le poids de sa responsabilité". (Albert Schweitzer, 1923)
Nombre de pages
196
Date de parution
12/09/2018
Poids
237g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343143323
Titre
Principes éthiques d'Albert Schweitzer en Afrique. Le respect de la vie
Auteur
Mabika Ognandzi Hines
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
237
Date de parution
20180912
Nombre de pages
196,00 €
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Jusqu'à la fin des années 1880, la pratique de la médecine occidentale au Gabon a surtout lieu sur mer. Un navire-hôpital sert de structure de soins aux équipages de la Marine française et à d'autres Européens en service à Libreville. Dès les années 1890, on assiste à un glissement de la médecine de la mer vers la terre ferme. Son implantation sur le continent nécessite des stratégies variées. Une petite infrastructure de santé voit le jour. Un personnel y est affecté, bref, un système de santé s'organise. Pourquoi et comment passe-t-on d'un navire-hôpital sur mer à la case de santé à terre, de la case de santé aux ambulances-hôpitaux, puis aux centres hospitaliers universitaires ? Cet ouvrage reconstitue ce processus de médicalisation entendue, à la fois, comme une démarche de pathogénéisation des phénomènes jadis relevant du social et un processus de pénétration de la biomédecine dans des sociétés africaines animistes et attachées aux arts de guérir locaux fondés sur des cultes du Bwiti, du Ndjobi ou encore de l'Ombwiri.
Pierre angulaire de notre réflexion portant sur les biens culturels, le miroir possède une puissance magique de métamorphose et de transfiguration du réel. II nous a permis d'investir ses espaces. Les biens culturels ne sont pas des marchandises comme les autres. Laisser les biens culturels aux aléas du " tout marchand " conduirait à la disparition des biens essentiels à la satisfaction des individus. Dans le processus effréné de la colonisation culturelle règne l'ordre du monde : la prédominance de l'impérialisme culturel. Les cultures marginalisées, surtout, n'en finissent pas de subir. Par la diversité de ses propriétés optiques, le miroir dévoile et révèle ici plusieurs facettes d'un objet ou d'un lieu.
Les interrogations soulevées par la culture en Afrique noire se retrouvent avec plus de force encore dans le domaine de l'art. Immergés dans une nouvelle époque, cette culture pétrie de traditions, constituée par l'ensemble des cultures particulières, régionales, distinctes et cet art dont les objets rituels sont aujourd'hui exposés devant le grand public, ont-ils le choix entre imiter, s'adapter, ou peuvent-ils faire évoluer les normes internationales vers une prise en compte de leur propre monde ...
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...