Politique africaine N° 132, Décembre 2013 : Propriété et citoyenneté dans l'Afrique des villes
Lund Christian
KARTHALA
10,00 €
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EAN :9782811111113
n le Dossier Propriété et citoyenneté dans l'Afrique des villes Coordonné par Christian Lund et Éric Hahonou, avec les contributions de Rony Emmenegger, Claudia Gastrow, Éric Hahonou, Mathieu Hilgers, Gabriella Körling Dans la vie sociale comme en politique, peu de choses sont plus fondamentales que ce que nous avons et qui nous sommes : avoir et être, la propriété et la citoyenneté. L'une et l'autre sont intimement liées dans leur constitution. La reconnaissance mutuelle est l'élément central de ces deux concepts. En effet, c'est au travers du processus qui consiste à entériner des revendications de propriété de terres et d'autres ressources ou à reconnaître l'identité politique comme un droit à l'appartenance que l'institution qui produit cette reconnaissance peut acquérir la légitimité et la reconnaissance de son autorité pour le faire. Les luttes pour la propriété et la citoyenneté portent par conséquent autant sur l'étendue et la constitution de l'autorité que sur l'accès aux ressources ou sur l'appartenance. C'est en cela que les notions d'avoir et d'être sont intimement liées au pouvoir. Les articles de ce numéro analysent l'émergence de nouvelles combinatoires de propriété et de citoyenneté dans des villes d'Éthiopie, d'Angola, du Burkina Faso, du Ghana, du Niger et du Bénin et montrent comment elles contribuent à la (re)production de l'État. n Recherches Afrod, le business touareg avec la frontière : nouvelles conditions et nouveaux défis Ines Kohl n Conjoncture Somalie, la renaissance manquée Anna Bruzzone n Lectures Autour d'un livre. Le métier des armes au Tchad. Le gouvernement de l'entre- guerres, de Marielle Debos, commenté par Morten Bøås, Mirjam de Bruijn et Laurent Gayer La revue des livres
Nombre de pages
216
Date de parution
31/01/2014
Poids
360g
Largeur
160mm
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EAN
9782811111113
Auteur
Lund Christian
Editeur
KARTHALA
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Date de parution
20140131
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Le plus extraordinaire des récits de Hans Christian Andersen est sans doute celui qu'il a intitulé Le Conte de ma vie : son autobiographie. Né à Odense, au Danemark, dans une famille d'une grande pauvreté, il part à Copenhague où il va vivre dans le quartier des prostituées. Il s'essaie au chant, à la danse, à l'art dramatique, mais c'est dans la littérature qu'il va trouver son salut. Romans, poèmes, pièces de théâtre se succèdent avant qu'il ne révèle son génie dans les merveilleux contes qui vont faire sa réputation. Il devient célèbre, il est fêté dans toute l'Europe, on le traduit dans le monde entier ! C'est avec une certaine forme d'ingénuité qu'il fera en 1847, après de nombreux voyages, le récit de sa vie : une sorte d'épopée où l'on croise notamment Dickens, Balzac, Lamartine ou encore Alexandre Dumas qui tous l'ont admiré.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.