Sous l'egide de Verlaine et autour de trois maitres en peinture, Magnasco, Arcimboldo, Magritte, cet ouvrage explore et raconte la part d'ombre de la bibliotheque, sa face cachee comme souvent ignoree. Il s'agira de se porter a son envers, de creuser son fonds, de la coulisser, d'atteindre ses bas-fonds, ses reserves, ses catacombes. Cet envers du decor, si morbide qu'il parait, ne doit pas occulter ce deja-la fondamental : Bibliotheque est autant vivante que vous et moi. Pas seulement parce que les livres qui la font sont tout a fait vivants justement ( et deux livres y suffisent, exactement comme la paire d'oeil a votre vue) mais parce qu'elle est une personne, qu'elle a un visage, ce que suggere son prosopon :ce terme grec designant archaiquement la figure humaine comme la facade d'un batiment. Peu avant sa mort ( 1896),Verlaine redige son recueil biblio-sonnets, treize poemes commandes par Pierre Dauze pour sa Revue biblio-iconographique. On y trouve ce vers, cloturant le poeme Pauca Mihi : « De devenir biblio-chose aussi ! » Etre biblio-chose, « cette chance immense » et « malheur triplement reussi » nous lance Verlaine et en effet ses sonnets explorent les deux faces, l'une lumineuse, l'autre macabre de la chose livresque. Je proposerai donc la trois biblio-choses a ma facon ou plutot a celle de la bibliotheque en personne. Trois themes en resonance a trois tableaux ( ou inversement) et qui se font echo exactement de la meme facon qu'une onde de choc a travers le temps et l'espace. On n'y cherchera pas tant leur correspondance ou rapport , bref leur analogie que leur rebondissement ou plutot que leur chiasme.
Nombre de pages
103
Date de parution
07/02/2020
Poids
130g
Largeur
121mm
Plus d'informations
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EAN
9791093098555
Titre
Trois biblio-choses. L'ombre des bibliothèques
Auteur
Luciani Lucrèce
Editeur
BIBLIOTHEQUE
Largeur
121
Poids
130
Date de parution
20200207
Nombre de pages
103,00 €
Disponibilité
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Historiquement, le cochon est l'attribut de saint Antoine le Grand (IIIe siècle de notre ère) depuis la période médiévale. Il connaît une formidable carrière sur les planches de théâtres et foires de marionnettes (au spectacle fort couru de La Tentation de saint Antoine) qui culminent au XIXe siècle, époque de Flaubert. Flaubert, lui, l'a placé aux côtés d'Antoine dans la première version de son ouvrage La Tentation de saint Antoine (1849), oeuvre littéraire sur laquelle il a travaillé pendant trente ans, en trois versions différentes. Mais Flaubert va plus loin que la tradition picturale, statuaire ou littéraire : il le met en scène, renouant avec les spectacles de foire de son enfance, et même après, où le cochon d'Antoine est sur les planches. Face à cet animal si glorieux comme atypique, le génie de Flaubert nous fait jeter un regard neuf sur cet animal et son Antoine à la foire, au musée, au théâtreâ- Une aventure d'exception dans le bestiaire de Gustave Flaubert !
Entre Homere et Montaigne, il existe un chainon manquant. Lucrece Luciani fait revivre saint Jerome, figure bien connue de la peinture occidentale, sorte de Borges du IV° siecle entierement voue au culte des livres. Elle reveille autour de lui les premieres bibliotheques, les scribes, les lecteurs et devoile d'une maniere saisissante, a partir de ce Jerome aussi ardent qu'insatiable, l'aube de l'ecrit.
Ce sont les livres qu'elle aime.Ce sont les livres qu'elle veut.Entre ces deux feux de l'amour et du désir, il y a toute son histoire jusqu'à sa propre mort.Pour les livres.Elle les aime, elle les désire, elle s'en rêve, elle les regarde, elle les voit, elle s'y empresse, elle les habille comme les babille, elle les coud, brode, tisse, elle les transporte, elle les empile, elle les couche, elle les berce...Elle les sauve.Sauvez d'abordles livres fut sa dernière parole.Elle, c'est Wiborade.Ceci n'est pas un conte de fée.C'est une histoire vraie, dûment attestée par deux éminents biographes et moult témoignages d'époque sur sainte Wiborade, première femme canonisée de l'Histoire en 1047 par le pape Clément II et sanctifiée Patronne des Bibliothèques, peinte et statufiée avec livre à la main, tel une petite aile ou clin d??il.
L'acédie? Tout d'abord, que veut dire ce mot quasiment inconnu du grand public et absent de la langue courante comme de ses dictionnaires? Eh bien absolument tout et n'importe quoi dans son opiniâtre confusion avec la tristesse, la paresse, la mélancolie et même... la dépression, chevauchant des domaines aussi distincts que la théologie, la philosophie, la littérature et la psychologie. A cela, il faut ajouter la pléthore étourdissante de ses effects éprouvés dans la tentation du démon méridien dans les déserts brûlants du christianisme primitif: abrutissement, chagrin, taedium vitae, désespoir, haine, dégoût, prostration, pourrissement, etc., repris sans cesse comme tels et autre-ment dans les contextes des époques successives. D'abord Akèdia, stigmatisée avec horreur et moult frayeurs comme le Pire du pire des pensées mauvaises (logismoi) dont l'élaboration de son maître, le Père du désert, Evagre le Pontique, permet de la livrer comme cette énigme - en attente perpétuelle d'être pensée: seul des huit vices à être sans objet, sans contraire et en contradiction interne dans sa formulation. L'étrange-erre du christianisme. Ensuite Acedia, dès le ve siècle, où Augustin et sa concupiscence lui permettent à travers Cassien, Grégoire le Grand et les docteurs de l'Eglise médiévale, de se dissimuler à la fois dans l'intériorité de l'homme et dans le point aveugle de notre culture occidentale, au-delà de la mort de Dieu. Enfin l'acédie qui n'est plus qu'une bien pâle traduction, sauf à se demander enfin peut-être de quoi est-elle le résidu tenace (dans l'Ennui, dans la hainamoration ravageante de nos névroses), c'est-à-dire: quelle est sa Chose...
Ombres au récit national que sont ces portraits de nos rois par les deux grands mémorialistes du temps. Celui de Louis XIII par Tallemant des Réaux et de Louis XIV par Saint-Simon
Antoine Galland a rapporté d'un voyage à Constantinople de précieuses médailles, Les Mille et Une Nuits et un opuscule sur le Café. L'orientaliste retrace l'origine de ce breuvage de l'Arabie heureuse à La Mecque et convie le lecteur à écouter " une apologie du Café contre certains docteurs mahométans qui avaient prétendu que l'usage devait en être défendu aux musulmans ".
L'abbe Raynal ecrit, dans cette belle langue du XVIIIe, l'origine exotique, hu- maine et mouvementee de nos produits familiers ? de la porcelaine a la vanille. Recits teintes de morale des lumieres sur la cupidite des vainqueurs, histoire de marchands, de denrees et de compagnie, geographie des tresors, anecdotes. Ce texte, qui connut un enorme succes au XVIIIe siecle, procure au lecteur moderne un intense sentiment de nostalgie. Moment privilegie de l'histoire ou l'homme a l'impression de saisir la nature, un monde intelligible, chaque etape d'un trajet bien visible : le sechage du papier, l'apparition d'une couleur...