Ma maîtresse forme souligne non seulement la primauté de la nature mais aussi la nécessité vitale de l'écriture, et plus particulièrement en poésie. Montaigne dit que chacun s'il s'écoute découvrira en lui un caractère dominant (forme sienne, maîtresse forme, forme universelle). C'est au moyen de celle-ci que la nature se fait sentir en nous. Et c'est bien la nature, la terre matricielle, qui se fait entendre ici : la terre, la forêt, les bêtes, puis l'écriture et ses lieux, l'enracinement et la filiation, le souvenir et le deuil, et enfin les invisibles. Mais le point central de ce livre est qu'il est conçu comme un livre bilingue, où une langue serait écrite et l'autre entendue, entendue en quelque sorte de la bouche même de l'auteure, avec tout ce que l'écoute peut avoir de singulier.
Date de parution
02/03/2017
Poids
119g
Largeur
130mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9791026704911
Titre
MA MAITRESSE FORME - NATUREWRITING
Auteur
LOIZEAU SOPHIE
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
130
Poids
119
Date de parution
20170302
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
empaquetée à la grosse ou bien demi-nue lénitive le lit fourré du corps (amande) si peu distinguer entre eux les jambes cessent de nager dans le concentré des draps jusqu'à la taille - oscillation du buste aux seins nus - la femme lit sent que toute son corps lui est donnée en secondes noces
En touchant à la langue des pères, Sophie Loizeau bouleverse les conventions. Elle tâche seulement de "récupérer ce qui a sombré dans le grand tout masculin". Ecrite entre 2004 et 2012, cette trilogie autour du mythe de Diane que La Femme lit inaugure, que le roman de diane poursuit en prose et que caudal conclue, tente de donner une visibilité du féminin dans la langue.
Il secoue les lambeaux de ses velours sanglants le loup il fait comme font les loups il écorce les arbres et dépose ses sécrétions il se déclenche mâle et femelle confondues un rut lyrique propre à la célébration et à l'extase que le loup soit le plus grand cervidé de la forêt ou la neige en soi cela est indifférent
Elle coupe en vélo par les bois du vert l'attire fluo entre les branches qu'elle croit être un gazon des bidons suspendus là dégorgent leur vieux sang des affûts ce qu'elle trouve mais l'étang recouvert d'une nappe verte - que les lentilles d'eau ont tramée au tour martelé d'empreintes hmm cette haleine de résurrection par bouffées de la forêt
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...