Tenace, Champlain l'est de façon admirable. Est-ce par penchant naturel ou par une forme de sublimation qu'il est tout entier à son projet de colonisation? Rien en effet ne l'en distrait. Il est ferme, inflexible, déterminé. Son action est sans compromis. Il observe, calcule et note. Il relève les plus petits détails à propos de la terre et de ses habitants. Rapidement, il s'approprie le territoire par ses observations rapportées dans ses récits et sur ses cartes. Il nomme le pays. Il fait ses choix. Stadaconé devient Québec. Exit Jacques Cartier. Exit les Iroquoiens, place aux Algonquiens. Qu'est-ce qui l'anime? La soif de l'argent? C'est bien peu probable. La gloire? La sienne? Il ne joue pas les humbles, mais, s'il soigne son image, il le fait certes pour la postérité, mais avant tout pour le roi et pour la France. La contribution de Champlain est énorme, son rôle est unique. Curieusement, ce sont surtout des historiens de langue anglaise qui ont construit le personnage de Champlain. Pour leur part, les historiens canadiens-français se sont longtemps chicanés à propos de sa vision: agricole ou commerçante. En fait, Champlain est d'une taille telle qu'il commande une démarche multidisciplinaire. Dans la préparation de ce monumental ouvrage, Raymonde Litalien et Denis Vaugeois ont pu compter sur le travail d'historiens, d'ethnologues, d'archéologues, d'archivistes, de chercheurs de France, d'Italie et du Canada: Bernard Allaire, Pauline Arseneault, Bernard Barbiche, Maurice Basque, Alain Beaulieu, Pierre Berthiaume, Gervais Carpin, Jean-Pierre Chrestien, Edward H. Dahl, Dominique Deslandres, John A. Dickinson, Nathalie Fiquet, François-Marc Gagnon, Gaétan Gervais, Laura Giraudo, Jean Glénisson, Jean-Yves Grenon, Patrice Groulx, Conrad E. Heidenreich, Cornelius Jaenen, Robert Larocque, Frank Lestringant, Nancy Marcotte, Denis Martin, Paul-Louis Martin, Christian Morissonneau, François Moureau, Étienne Taillemite, Éric Thierry, Marcel Trudel et Laurier Turgeon. Champlain reste malgré tout un personnage bien mystérieux. Certaines questions trouveront enfin une réponse, d'autres resteront à l'appréciation du lecteur. À chacun de former son opinion en suivant le parcours de celui qui a permis une présence française permanente en Amérique du Nord. Biographie de l'auteur Raymonde Litalien, historienne et archiviste, a exercé son métier sur la scène internationale. Après une licence en lettres à l'Université de Montréal, des études en Sorbonne la conduisent à un doctorat ès Lettres (Histoire) en 1975. Quelques expériences de recherche avec Parcs Canada et les Archives nationales du Canada la confirment dans une fonction de recherche et d'analyse d'archives; à partir de 1977, elle représente les Archives du Canada en France et dirige une équipe qui inventorie et microfilme des fonds entiers d'archives françaises relatives au Canada. Jusqu'en 2000, plus d'un million et demi de pages de documents sont identifiées et photographiées pour enrichir ainsi les collections canadiennes. Elle coordonne alors, en vertu du Programme Canada-France 1604-2004, un projet conjoint entre la France et le Canada, qui vise à numériser la documentation connue sur la Nouvelle-France. Elle a publié des instruments de recherche d'archives, de nombreux articles sur l'archivistique et sur l'histoire ainsi qu'un livre, Les Explorateurs de l'Amérique du Nord, 1492-1795, aux éditions du Septentrion, en 1993. Avec ses collègues du journal Boréal express, Denis Vaugeois avait d'emblée choisi de se tourner vers le monde atlantique. Il a toujours refusé, comme historien, de se laisser enfermer dans des frontières politiques. À ses yeux, elles sont éphémères et ne conviennent pas à la démarche historique. De longues discussions ont précédé le choix du titre de la synthèse historique Canada-Québec qui a connu plusieurs rééditions entre 1968 et 2004. Ce titre peut avoir plusieurs sens. Chose certaine, les auteurs placent les événements dans leur contexte. En 1992, Denis Vaugeois reçoit le mandat de rappeler les débuts du parlementarisme québécois. Il le fait en relation avec l'histoire de la Grande-Bretagne et celle des États-Unis et produit un bel essai, Québec, 1792. Ses institutions, ses acteurs, ses frontières (Files). L'Indien généreux (1992) et La Fin des alliances franco-indiennes (1995) publiés conjointement par Boréal et Septentrion gardent le cap sur l'Amérique et ses premiers habitants. Puis ce fut America (Septentrion, 2002) dans lequel l'auteur pose un regard très personnel sur un des mythes fondateurs de l'histoire des États-Unis, l'expédition de Lewis et Clark, elle-même sous influence canadienne-française. Champlain était un personnage fait sur mesure pour lui. Il s'est lancé à sa rencontre en recrutant les meilleurs spécialistes des deux côtés de l'Atlantique. Cet ouvrage monumental sur Champlain est une étape importante non seulement pour l'historien, mais aussi pour l'éditeur, de surcroît passionné de cartographie.
Nombre de pages
397
Date de parution
07/10/2004
Poids
2 322g
Largeur
250mm
Plus d'informations
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EAN
9782847360790
Titre
Champlain. La naissance de l'Amérique française
Auteur
Litalien Raymonde ; Vaugeois Denis
Editeur
NOUVEAU MONDE
Largeur
250
Poids
2322
Date de parution
20041007
Nombre de pages
397,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Les Guides Belles Lettres des Civilisations proposent un voyage dans le temps et l'espace (Egypte, Grèce, Rome, Inde, Chine, Japon...) et s'adressent aux étudiants, aux curieux d'histoire et de civilisations, aux voyageurs... Ouvrages pratiques et raisonnés de culture générale sur les principales civilisations anciennes qui nous ont laissé une trace écrite, ils proposent au lecteur les clés nécessaires pour comprendre un texte ancien ou un livre d'histoire, ils l'aident à en déchiffrer les allusions, à en élucider les difficultés. Québec et les grands espaces à explorer, Québec et la naissance d'un empire français d'Amérique. Les multiples facettes de ce lieu, de ses habitants et de leur histoire entre 1608 et 1760, lui composent une identité souvent déroutante. Une société originale a émergé de cette "Nouvelle-France", et Québec, capitale administrative de la "belle province", demeure encore aujourd'hui le fleuron de la francophonie. Leur conception pratique permet à chacun de les utiliser de trois façons: soit les lire en suivant, comme un livre traditionnel, pour découvrir les divers aspects de la civilisation présentée, soit recourir directement à l'une des rubriques qui composent chaque chapitre grâce à une table des matières très détaillée, soit encore se servir directement de l'index très fourni afin de trouver rapidement une information précise. Les cartes, tableaux, schémas, permettent, en outre, d'aller à l'essentiel. Et une bibliographie choisie et récente offre à qui le souhaite d'amorcer une recherche plus approfondie. Les Guides Belles Lettres des Civilisations ne sont pas des dictionnaires. Toute information recherchée s'y trouve replacée dans le contexte des mentalités de chacune des civilisations étudiées. Car il n'est pas possible de comprendre un événement, une loi morale ou le caractère d'un personnage si rien n'est restitué des valeurs qui les justifient.
Litalien Raymonde ; Vaugeois Denis ; Palomino Jean
En mars 1493, Christophe Colomb rentre d'un long voyage, persuadé d'avoir atteint les Indes. Pour atteindre l'Orient et ses trésors, il a fait le pari de traverser l'Atlantique. En réalité, il s'est heurté à un obstacle de taille; un immense continent lui barre la route de la soie et des épices. Des cartographes français le baptisent America. C'est le début de grandes explorations. A la recherche d'un passage vers l'Ouest, marchands, navigateurs, militaires et ingénieurs en explorent les confins en compagnie des Indiens, des missionnaires et des coureurs des bois. Ils sillonnent les rivières, franchissent les portages, traversent les montagnes et parcourent les plaines. Ils dessinent et cartographient le territoire en même temps qu'ils présentent ses habitants. Ils découvrent au passage les richesses de ces terres. Avec le poisson, la fourrure, le bois, les métaux, de passage, le continent se fait habitat. Il faudra attendre 1793, soit trois siècles après Colomb, pour qu'Alexander Mackenzie puisse inscrire sur un rocher face à l'océan Pacifique "from Canada by land". Mais la route qu'il a suivie depuis le Canada d'alors est totalement impraticable. Dix ans plus tard, ce sont les Américains Lewis et Clark qui réussissent une autre traversée du continent, en passant du Missouri au Columbia, deux majestueux cours d'eau hélas séparés par de redoutables chaînes de montagnes. En 1814, chacun de leur côté, William Clark et le Canadien David Thompson préparent d'immenses cartes sur lesquelles ils font la synthèse de leurs connaissances. La voie navigable tant recherchée n'existe toujours pas. Il y a bien toutefois ce fameux passage du Nord-Ouest, maintenant ouvert quelques semaines par an, qui permet d'aller de l'Atlantique au Pacifique, devenant ainsi un formidable enjeu international. Mais c'est une autre histoire. Pour l'instant, la parole est à ceux, Blancs et Indiens, qui ont marché, exploré et cartographié l'Amérique. ?uvres d'art, oeuvres de sciences, mais aussi pièces stratégiques d'un échiquier mondial, les cartes géographiques qu'ils nous ont laissées sont d'irremplaçables témoins de cette quête de savoir. Elles tracent une nouvelle histoire de l'Amérique du Nord, nous permettant de prendre La Mesure d'un continent.
Terre Amérindienne lors du premier voyage de Jacques Cartier en 1534, la Nouvelle - France est progressivement occupée de façon permanente par le royaume de France sous l'Ancien Régime. A son apogée, elle s'étend sur près de deux - tiers du continent nord-américain, du Québec à la Louisiane en passant par le Midwest. Dès le XVIe siècle, les relations d'exploration, abondamment illustrées de cartes et de dessins, deviennent la première source de connaissance de l'Amérique et de ses habitants. La curiosité des chercheurs est bientôt relayée par les encyclopédies, dictionnaires, manuels scolaires et romans historiques. Au fil du temps, les représentations se construisent, les certitudes s'affirment. Inspiré par les recherches présentées lors du 133e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, cet ouvrage propose, par une succession de regards croisés, un éclairage nouveau sur la circulation des images de part et d'autre de l'Atlantique, du XVIe siècle à nos jours.
Des chercheurs des deux côtés de l'Atlantique revisitent l'histoire, et le mythe, du fondateur du Québec, et proposent une nouvelle lecture des Amériques. Parallèlement, ils replacent l'aventure française et Champlain dans le cadre de la présence des Européens dans le Nouveau Monde pendant la première moitié du XVIIe siècle, à l'aube de la formation des sociétés coloniales: mondes espagnol et lusitanien, anglo-saxon et néerlandais.
Cent vingt ans après la première projection publique, payante, des frères Lumière au Grand Café à Paris, les salles de cinéma sont passées de l'itinérance foraine aux multiplexes, de la pellicule aux pixels, et leurs exploitants de l'activité décriée de saltimbanque au statut patenté de commerçant, maillon indispensable de l'industrie cinématographique. Pourtant, leur métier, essentiel à l'existence des films, demeure largement méconnu. Pour la première fois, des personnalités marquantes de la profession ' visionnaires, grands dirigeants nationaux ou régionaux, représentants de la petite et moyenne exploitation, défenseurs de l'art et essai, pionniers en tous genres ' racontent leur expérience, dans sa singularité émotionnelle et intellectuelle. Le croisement de leurs témoignages embrasse plus d'un demi-siècle d'exploitation française, du tournant des années 1950, acmé de la fréquentation et moment de basculement de l'offre cinématographique, jusqu'au passage au numérique, vecteur d'une mutation sans précédent. Adaptations internes, évolutions sociétales, mutations technologiques, autant de changements économiques et d'enjeux culturels que les acteurs de ce secteur décisif ont affrontés, à travers des combats individuels et collectifs que cet ouvrage a l'ambition de mettre en lumière et d'expliciter. Ce recueil de 18 témoignages inédits, illustré de documents originaux, constitue aussi l'histoire d'hommes et de femmes radicalement attachés à la spécificité des salles de cinéma comme espaces dédiés au partage de rêves et d'imaginaire au sein d'une communauté humaine.
A la veille de la Seconde Guerre mondiale, le sport conquiert un nombre de plus en plus accru de pratiquants et de spectateurs. Il occupe des espaces, mobilise des intérêts économiques et politiques, illustrés pour le pire aux Jeux olympiques de Berlin en 1936. Au cours des " années noires " le sport français est soumis aux rigueurs des pénuries et de l'Occupation et à la volonté du régime de Vichy d'en faire un instrument de la révolution nationale. A ce titre, il lui est attribué un nouveau statut qui le place sous la tutelle légale de l'Etat français. C'est pourquoi on peut s'étonner du peu de cas qu'ont fait du sport les ouvrages généraux sur l'Occupation. Le mythe de l'" apolitisme sportif " cultivé par des personnalités et des groupes influents est assez répandu, malgré les tentatives d'instrumentalisation. Le temps de Vichy est à la fois celui des compromissions, voire pour certains du collaborationnisme, et pour d'autres du refus ou de la Résistance. Pour une majorité de Français, le sport reste un refuge. Le cas des sportifs juifs, à l'exemple du champion de natation Alfred Nakache, est le plus douloureux. En quelques années, le champ sportif se trouve ici remanié et bousculé comme il ne l'avait jamais été auparavant. Les années de Vichy laissent une trace profonde dans le sport français.
Les polémiques récentes concernant l’histoire des relations entre la France et l’Afrique donnent le sentiment d’une visibilité croissante de ce type de débats au sein de l’espace public français. Qu’il s’agisse du combat mené par de nombreux intellectuels contre la vision de l’Afrique portée par le « discours de Dakar » (2007), des controverses qui ont entouré la loi de février 2005 sur le rôle positif de la colonisation française ou des questionnements sur le rôle joué par la France au Rwanda, force est de constater que cette histoire est au croisement d’enjeux politiques, historiques et mémoriels qui en font la matrice, pour le meilleur, de débats intellectuels, de recherches scientifiques et d’une curiosité émanant du grand public, mais aussi, pour le pire, de fantasmes, de ressentiments ou de velléités de manipulation du passé. Si la nouveauté de ces controverses est sans doute à nuancer, leur forte médiatisation au cœur des années 2000 invite le chercheur à interroger les types de récit que les journalistes contribuent à faire circuler sur cette histoire. Quelle a été depuis le XIXe siècle l’évolution du rôle des médias français, africains et internationaux dans la construction des représentations de l’Afrique et de son passé ? De quels enjeux historiques, politiques, culturels et mémoriels ces représentations médiatiques sont-elles l’objet ?
Qu'est-ce qu'un bien de l'enfant ? Un jouet ? Certes, mais pas seulement. Un objet qui lui est destiné? Sa propriété? Un élément présent dans sa chambre, un objet qu'il utilise ? Cet ouvrage se propose, à partir d'une enquête qui mobilise l'histoire ancienne et plus récente, la sociologie et l'anthropologie, les sciences de l'éducation et de la gestion, d'analyser ces objets et les stratégies marketing des marchands et des fabricants. En visitant les domiciles et les chambres d'enfants, il est intéressant de voir quels sont les objets que l'enfant considère comme siens et quelle place ils occupent. De quelle manière adresse-t-on un objet à l'enfant (et à ses parents) ? Comment ceux-ci le réceptionnent-ils, se l'approprient-ils ? Cette approche pluridisciplinaire nous permet d'accéder de façon originale aux mondes des enfants, à ce que l'on fait pour l'enfant et à ce que l'enfant en fait.