Gallia orientalis, voyages aux Indes orientales (1529-1722). Poétique et imaginaire d'un genre litté
Linon-Chipon Sophie ; Van der Cruysse Dirk
SUP
40,00 €
Epuisé
EAN :9782840502616
Vers la fin du XVe sicle, le monde occidental assiste à une rupture épistémologique qui va totalement bouleverser sa vision de l'univers connu et reconnu. Et l'Amérique n'est pas seule en cause. L'Orient était, jusqu'alors, aux confins de la route du Levant, il est maintenant au-delà d'une Afrique enfin contournée à la suite de Bartholomeo Diaz qui franchit le cap de Bonne-Espérance en 1488 et ouvre la fameuse Carreira da India. Lorsqu'en 1529, Jean et Raoul Parmentier quittent Dieppe sur les navires le Sacre et la Pensée, affrétés par le puissant amateur Jean Ango, ils sont loin de soupçonner que leur initiative sera suivie par d'autres Français. L'histoire maritime de la France orientale commence avec eux, de part et d'autre de la route des épices. Cette idée prend même une dénomination dans l'artifice d'un toponyme qui englobe cette vaste étendue et que les Français forgent à leur usage : Gallia orientalis. Ils furent donc quelques milliers de marins français à monter à bord des navires de grand tonnage, des flûtes ou quelques houcres pour passer outre la zone torride et les quarantièmes rugissants. Rares, cependant, furent ceux qui laissèrent à la postérité un récit publié de leur voyage. Les aventures de ces voyageurs ont été retracées sous la forme d'un Journal, d'une Histoire, d'une Description, d'une Relation ou de Mémoires qui n'ont pas eu la gloire - ni non plus le mérite - de figurer dans le panthéon littéraire. En marge des grands genres et à la frontière entre l'histoire, la géographie historique et politique, l'ethnologie et, par certains aspects, la littérature, le genre de la relation de voyage n'existe guère. Il fallait réparer cet oubli des pionniers qui ont, non seulement, gardé la mémoire des premières expéditions françaises dans ces contrées, mais qui ont aussi participé de façon non négligeable à l'élaboration du genre de la relation de voyage. Né de la confrontation entre les légendes, les mythes, les rêves et les observations minutieusement menées sur le terrain, le voyage des idées est, à l'évidence, ce qui reste de plus précieux. Au-delà de l'aventure coloniale, marchande, politique ou scientifique, ces hommes souvent ingénus ou diaboliquement entêtés ont rapporté de leur aventure exotique un témoignage vivant et précieux que les lettrés les plus avisés ont lu avec grand intérêt. Ces reporters de l'Âge classique ont, souvent malgré eux, posé des questions fondamentales sur la destinée de l'humanité, la figure du monde et la place de Dieu transformant leur pérégrination en réflexion philosophique et spirituelle. Nous avons retrouvé chez chacun de ces marins souvent peu cultivés, soldats, marchands, gardes de la marine mais aussi gouverneurs, généraux, ambassadeurs, écrivains de navire, savants curieux, missionnaires, abbés, pères jésuites, protestants exilés, le mérite et le courage d'avoir, tous ensemble, cru à cette Gallia orientalis. C'est à l'histoire mouvementée de ces voyageurs, c'est à l'histoire de leurs écrits et de leur pensée naissante que st ouvrage se destine pour cerner les modalités d'émergence d'une esthétique du voyage sur la route maritime des épices sur fond de poétique d'un genre littéraire en formation aux frontières de l'imaginaire.
Nombre de pages
691
Date de parution
01/03/2003
Poids
396g
Largeur
152mm
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EAN
9782840502616
Titre
Gallia orientalis, voyages aux Indes orientales (1529-1722). Poétique et imaginaire d'un genre litté
Auteur
Linon-Chipon Sophie ; Van der Cruysse Dirk
Editeur
SUP
Largeur
152
Poids
396
Date de parution
20030301
Nombre de pages
691,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Une des voies privilégiées de la diffusion des idées philosophiques en Europe entre 1685 et 1750 est, comme l'a souligné autrefois Paul Hazard, l'échange des idées entre la Grande-Bretagne et la France. Les réfugiés huguenots à Londres publient régulièrement des extraits et des résumés des ouvrages suscités par le débat philosophique et religieux en Grande-Bretagne. Ces idées, dépaysées, ont un tout autre impact dans la France catholique sous le règne de Louis le Grand. Le débat autour de la libre pensée d'Anthony Collins et des déistes anglais connaît ainsi un écho important en France et en Europe. Un résumé de l'Essai sur l'entendement humain de John Locke est publié par Jean Le Clerc en 1688 ; l'ouvrage publié dans la traduction de Pierre Coste fera l'objet de nombreux commentaires dans la presse périodique continentale ; la Lettre sur la tolérance de Locke connaît aussi une grande notoriété grâce à Le Clerc et à Bayle dans les périodiques d'Amsterdam et de Rotterdam. Un riche ensemble d'études évoque les réseaux qui ont permis la création et la diffusion des périodiques et des manuscrits philosophiques clandestins et qui ont fait de la relation France-Angleterre un des moteurs de la République des Lettres à l'Âge classique. Ce volume annuel fournit également une bibliographie exhaustive, des études, une documentation, des informations sur la littérature philosophique clandestine à l'Âge classique et sur les recherches qui sont conduites dans le monde entier à son sujet.
Terre Amérindienne lors du premier voyage de Jacques Cartier en 1534, la Nouvelle - France est progressivement occupée de façon permanente par le royaume de France sous l'Ancien Régime. A son apogée, elle s'étend sur près de deux - tiers du continent nord-américain, du Québec à la Louisiane en passant par le Midwest. Dès le XVIe siècle, les relations d'exploration, abondamment illustrées de cartes et de dessins, deviennent la première source de connaissance de l'Amérique et de ses habitants. La curiosité des chercheurs est bientôt relayée par les encyclopédies, dictionnaires, manuels scolaires et romans historiques. Au fil du temps, les représentations se construisent, les certitudes s'affirment. Inspiré par les recherches présentées lors du 133e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, cet ouvrage propose, par une succession de regards croisés, un éclairage nouveau sur la circulation des images de part et d'autre de l'Atlantique, du XVIe siècle à nos jours.
Il est des continents à redécouvrir, et des océans. Le monde de la course et de la flibuste en fait partie. Non pas qu'il soit absent de notre imaginaire ; bien au contraire, il l'encombre de souvenirs adolescents : récits de piraterie dévorés dans la Bibliothèque verte, sagas hollywoodiennes en technicolor. La science historique est destinée - malheureusement ? - à expliquer et à détruire nos illusions sur le passé. Ce recueil est d'abord un inventaire des formes que prit ce que l'on appelle indifféremment la course, la flibuste ou la piraterie. Point d'héroïsme guerrier en cela, il s'agit de simple commerce : la guerre moderne, dépourvue de tout esprit de sacrifice chevaleresque, n'est pas loin. Comment se fit le passage en littérature de ce qui ne pouvait, décemment, ni divertir ni instruire selon la vulgate horatienne ? Véhicule de la mort et de l'injustice, le pirate est aussi le messager de l'au-delà pour le chrétien, d'une vie différente pour le commun des mortels. D'où la fascination que le pirate exerce sur ses victimes - source de romanesque - ou sur l'imaginaire social. L'image du pirate, homme libre, héros sans moralité sinon sans morale, se forme précisément au confluent de l'Âge classique et des Lumières comme un impossible absolu et pourtant réel. Ayant perdu sa défroque diabolique, même dans sa version " barbaresque ", le pirate est décidément " humain, trop humain ". C'est ce que disent les premiers chroniqueurs de la flibuste, Exquemelin et Defoe. Mais, avec les guerres de l'Empire et le XIXe siècle, l'armement de la course devenant une activité strictement commerciale, le " corsaire " littéraire se transforme lui-même en simple produit de la société marchande. La littérature de la flibuste, des trésors, et des îles désertes se situa alors dans le passé régressif d'un âge d'or mythique, qui protégeait de toute assimilation au quotidien : un excellent placebo social. Elle rejoignit la vaste littérature d'aventures que la société industrielle fabriqua pour la jeunesse à partir du Second Empire : c'est précisément l'époque où les États renoncent solennellement à la course, mais pas à la guerre et encore moins aux " aventures " coloniales. On trouvera encore dans ce volume des textes peu connus extraits de la vaste littérature de mer, des personnages illustres réinterprétés, le commun des hommes qui vécurent et dont si peu écrivirent, des analphabètes et des intellectuels, des libertins et des dévots, des héros et des couards, les alizés réparateurs et la moiteur des entreponts, la vie et la mort, l'histoire et l'anecdote. On y rencontrera aussi l'écho d'un colloque printanier tenu au château de La Napoule dans une salle ouverte sur cette Méditerranée, témoin muet de combien d'aventures pirates et de nos travaux.
Nous sommes accros aux plastiques.Nous sommes accros aux plastiques. Leur production explose année après année, ils sont présents dans notre vie quotidienne sous de multiples formes. De quoi sont-ils faits ? Comment interagissent- ils avec leur environnement ? avec nous ? comment se transforment-ils, se dégradent-ils en déchets micro puis nano scopiques ? Peut-on les recycler, les « bio-dégrader » ? comment finissent-ilsdans les sols, les rivières et les océans, nos propresorganismes ? Peut-on maîtriser cette submersion plastique ? Quarante chercheurs de Sorbonne Université, du Muséum national d'Histoire naturelle, des diplomates, des élus répondent à ces questionsdans une langue simple et pédagogique. Une lecture éclairante à l'heure où les Nations Unies tentent d'élaborer un traité international pour endiguer la pollution plastique.
Conçu pour les étudiants qui passent les agrégations de lettres modernes et classiques 2015, ce volume valorise les recherches historiques et intertextuelles qui éclairent le sens du Spleen de Paris, écrit par Baudelaire, ainsi que de nouveaux outils méthodologiques et critiques qui permettent de reconsidérer l’approche du poème en prose.L'ouvrage est destiné aux étudiants qui préparent les agrégations de lettres modernes et de lettres classiques en 2015, ainsi qu'aux chercheurs qui s'intéressent à Baudelaire. Longtemps négligé au profit des Fleurs du mal, Le Spleen de Paris suscite aujourd'hui un regain d'intérêt. Les études recueillies dans ce volume valorisent les recherches historiques et intertextuelles qui éclairent le sens de l??uvre, ainsi que de nouveaux outils méthodologiques et critiques qui permettent de reconsidérer l'approche du poème en prose. La « fortune » du Spleen de Paris jusqu'à aujourd'hui n'est pas en reste et fait l'objet d'une attention particulière.
Souvent méprisée, délaissée ou simplement oubliée des manuels d'histoire de l'Antiquité, la XIII dynastie d'Egypte (XVIIIe siècle av. J.-C.) n'a jamais fait l'objet d'un essai de synthèse historique. Associée au déclin général de la Deuxième Période intermédiaire (XVIIe-XVIe siècles av. J.-C.), prélude à la soi-disant "invasion Hyksõs", ou bien reléguée dans les ténèbres de la fin du Moyen Empire, elle est restée dans l'ombre d'une XIIe dynastie généralement considérée comme l'âge d'or égyptien. Cette vision caricaturale résulte d'une méconnaissance de la documentation de cette époque, dont la richesse a largement été sous-estimée. A travers cet ouvrage, Julien Siesse remédie à ce manque et tente de réhabiliter la XIIIe dynastie. Il propose une nouvelle chronologie de la fin du Moyen Empire et de la Deuxième période intermédiaire, un état de la question de la famille royale et des modes de succession. Il étudie en outre l'environnement social des hauts fonctionnaires de l'administration centrale et des élites provinciales. Il en résulte une vision nouvelle de l'histoire de la XIIIe dynastie, qui marque l'apogée du Moyen Empire sur le plan administratif. Cette force des institutions vient modérer la vision traditionnelle d'une époque trop souvent définie par une instabilité politique largement exagérée. Le catalogue exhaustif des sources royales, présenté en annexe, est un outil essentiel pour quiconque s'intéresse à cette époque.
Comment la découverte de l'art japonais a révolutionné le livre imprimé français Le japonisme, nom donné à l'influence du Japon sur les artistes et les écrivains, est un sujet majeur pour l'histoire des arts en France au xixe siècle. Pourtant, l'imprimé japoniste - qui va des splendides éditions bibliophiliques aux éphémères prospectus de théâtre, en passant par les revues illustrées - n'avait jamais fait l'objet d'une publication spécifique. Retraçant son histoire depuis la découverte des arts du Japon lors de l'Exposition universelle de 1867 à Paris jusqu'à la publication du livre de haïkus de Paul Claudel Cent phrases pour éventails en 1927, cet ouvrage apporte un éclairage nouveau sur la façon dont l'imprimé diffusa l'esthétique et la culture japonaises et fut un laboratoire de techniques innovantes qui transformèrent l'industrie du livre. Evoquant le rôle d'écrivains célèbres, comme les frères Goncourt, Emile Verhaeren ou Judith Gautier, il met aussi en lumière des dessinateurs, imprimeurs et relieurs souvent restés dans l'ombre d'un courant artistique dont on retient surtout les figures plus illustres des peintres comme Van Gogh, Manet ou les Nabis. Sophie Basch est professeur de littérature française à Sorbonne-Université, spécialiste de la relation entre la littérature et les arts. Son dernier livre, Le Japonisme, un art français, a paru aux Presses du réel en 2023. Christophe Marquet est ancien directeur de l'Ecole française d'Extrême-Orient. Parmi ses publications récentes : Hiroshige. Les éventails d'Edo (In Fine, 2022), Cent vues de Naniwa. Osaka au xixe siècle (Picquier, 2024), Hokusai. La Révolution bleue (Seuil, 2025).