Cocteau. Son nom sonne comme un pluriel. Il a marqué de son étoile les genres les plus divers. Ainsi la fiction avec trois chefs d'oeuvre : Le Grand Ecart, roman d'amour, Thomas l'imposteur, roman de guerre, et Les Enfants terribles, roman de l'adolescence. Signés de spécialistes de l'auteur ou du récit poétique, les articles ici rassemblés n'en démontrent pas moins la profonde cohérence de l'univers narratif de Cocteau. Ils font de la question de l'identité le point nodal d'une oeuvre qui déconstruit le personnage, moins pour en finir avec l'illusion romanesque que pour exhiber la relativité de la personnalité. Le jeu avec l'image de soi gouverne les comportements des protagonistes comme la marche des événements, tout en témoignant d'un malaise existentiel sans autre issue que la fuite en avant dans les apparences les plus vertigineuses. La narration, truffée de biographèmes, dispose Cocteau à appréhender par le truchement fictionnel son expérience du temps et du moi, quitte à les nier. Seule la faculté de créer, dont sont dépourvus les héros, parvient à contenir les forces de la négation. Elle suppose la présence d'une réception qui la conforte : un lecteur idéal, qui aurait préservé son esprit d'enfance des atteintes de l'âge, de la réalité et de la morale. Notre époque se prête-t-elle davantage à cette représentation ou en reste-t-elle à apprécier, comme dans les années 1920, l'équilibre de modernité et de classicisme que respire la meilleure prose romanesque de Cocteau ?
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Nombre de pages
160
Date de parution
18/08/2016
Poids
270g
Largeur
160mm
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EAN
9782908481884
Titre
Roman 20-50 : Jean Cocteau
Auteur
Linarès Serge
Editeur
PU SEPTENTRION
Largeur
160
Poids
270
Date de parution
20160818
Nombre de pages
160,00 €
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Née au XVIIIe siècle dans la mouvance du Romantisme, la pratique des arts plastiques par les hommes de lettres s est largement développée avec l avènement de la modernité. Activité parallèle, complémentaire ou en symbiose avec l écriture, elle traduit un questionnement grandissant sur l expression artistique et la frontière entre les disciplines.Quelles sont les voies de ce dédoublement, à quelles nécessités ou recherches répond-t-il? Quels traits unissent ou différencient écriture et création plastique? Comment certains écrivains aussi brillants à la plume qu au pinceau sont-ils aujourd hui reconnus comme des artistes majeurs?C est tout le propos de ce livre abondamment illustré. De Goethe à Gao Xingjian en passant par Hugo, Blake, Sand, Dostoïevski, Zola, Loti, Apollinaire, Faulkner, García Lorca, Cocteau, Savinio, Prévert, Artaud, Michaux, Butor..., cette synthèse offre à découvrir, à la croisée des genres, un univers de création singulier et foisonnant, trop longtemps méconnu.POINTS FORTS Une approche internationale et exhaustive: peinture, dessin, collage, gravure... Mise en perspective de grandes uvres d écrivains reconnus comme Blake, Hugo, Kubin, Cocteau... Révélation des talents artistiques souvent ignorés de nombreux écrivains
Serge Linares est professeur de littérature française du XXe siècle à l université de Versailles Saint Quentin. Auteur de plusieurs livres sur Jean Cocteau et de l édition critique de ses uvres romanesques complètes dans la « Bibliothèque de la Pléiade », il s intéresse plus généralement aux rapports entre la littérature et les arts (peinture et sculpture). Dans cette optique, il a publié en 2010, aux éditions Citadelles & Mazenod, Écrivains artistes. La tentation plastique (XVIIIe XXe siècle), ouvrage couronné par le prix Marmottan de l Académie des Beaux Arts.
Résumé : En négligeant ses poèmes, la postérité de Jean Cocteau ne respecte pas la hiérarchie qu'il a lui-même établie pour ordonner son ?uvre polymorphe. Investie par lui du pouvoir suprême, la poésie ne battait-elle pas le rappel des autres genres sous le pavillon de son nom: poésie de théâtre, poésie de roman, poésie critique, poésie graphique, poésie cinématographique ? Ce livre n'entend pourtant pas restaurer une souveraineté qui tient sa légitimité de l'appréciation strictement personnelle de l'auteur, mais envisager pour la première fois l'ensemble de ses écrits poétiques, et en interroger la disparité apparente. Car, à cette échelle aussi, la variété stupéfie. Elle passerait pour un exercice futile de virtuosité si la mise à l'étude des textes - de leurs rythmes, de leur langue, de leurs structures - ne révélait la continuité et l'assurance d'une démarche artistique. Toujours en quête du grave dans l'aigu, le chant qui s'élève de cette poésie procède, suivant des principes esthétiques stables, à des variations sur le thème de la création elle-même. Venue des profondeurs de l'être, couvrant toute la gamme des possibilités expressives, la voix de Jean Cocteau finit par s'imposer, loin du tapage qui environna sa vie, dans le concert des poètes du siècle.
Qu'est-ce qu'être père ? Comment la paternité était-elle pensée et vécue au cours des derniers siècles ? Le présent ouvrage cherche à éclairer les profondes mutations de la figure paternelle en Occident du XV ? au XX ? siècle. S'intéressant aux relations personnelles et concrètes des pères avec leurs enfants, notamment tout-petits, aux émotions de même qu'aux enjeux de transmissions et de pouvoir, les contributeurs de ce volume donnent à voir les expériences paternelles et les modèles qui s'imposent aux pères dans toute leur diversité. Au profit d'un dépassement de stéréotypes et de simplifications communes, historiens et historiens de l'art mènent ici une série d'études variées qui révèlent des pans méconnus de la paternité d'hier et d'aujourd'hui.
Envois et Dédicaces constitue une réflexion sur le don du livre, qu'il se manifeste par un ex-dono, un envoi manuscrit ou une dédicace imprimée. Si cette dernière a été étudiée à propos de tel ou tel auteur, il nous manquait encore une réflexion d'ensemble sur celle-ci. Quant à l'envoi, jugé marginal et mondain, il n'a guère été abordé, hormis par les bibliophiles. On en trouvera ici un "bref traité" qui en souligne toute la richesse. Pas plus qu'il n'existe d'éléments insignifiants dans la vie psychique, ainsi que Freud nous l'a appris, il n'existe dans le livre de détail dépourvu de valeur. La modernité s'est intéressée longuement à la signature, beaucoup moins à l'envoi et à la dédicace, parce qu'elle estimait la littérature intransitive. Elle transite cependant et s'adresse à quelqu'un. Et ce qui semble à première vue accessoire joue un rôle non négligeable, sinon capital, dans la constitution du sens d'un livre. Telle est l'hypothèse d'Envois et Dédicaces, et son pari. Sa première partie, "Perspective cavalière" s'interroge, entre autres, sur la position en tiers du lecteur ainsi que sur la place de la dédicace, premiers mots d'un livre qui se révèlent souvent aussi ses derniers mots. La seconde, "Couleurs locales", examine la façon dont quelques auteurs se sont appropriés ce geste: un musicien, Bach, et cinq écrivains, Voltaire, Hugo, Baudelaire, Montherlant, Goffette, ce dernier nous offrant, en guise de conclusion, un poème inédit adressé "à ceux qui partent".
Habbard Anne-Christine ; Message Jacques ; Colette
Cet ouvrage, qui réunit chercheurs français et étrangers, présente un éclairage renouvelé sur la question de l'éthique chez Kierkegaard. Souvent présentée comme une étape intermédiaire entre l'esthétique et le religieux, l'éthique se révèle chez Kierkegaard à la fois la matière et le fruit d'une intense problématisation de ce que signifie être humain: est enjeu la possibilité d'une compréhension éthique de l'exigence d'un "rapport absolu à l'absolu". L'oeuvre étudiée, fondée sur des expériences déterminées autant que sur une culture immense, multiplie sources d'interrogation et terrains d'analyse. Sa forme même implique en matière éthique une réflexion irréductible à une doctrine, tout lecteur se trouvant engagé dans une relation originale avec les questions exigeantes qu'elle pose; cependant, aussitôt suscitée, cette relation échappe à la rassurante ordonnance de la communication entre deux entités finies, non qu'y jouent quelque subjectivisme (supposé par tous ceux qui n'ont pas compris le rationalisme de Kierkegaard) ou certaine haine du moi acclimatée en climat luthérien (alors que Kierkegaard analysa comme désespoir la haine du fini pour le fini), mais parce que les conditions uniques de sa mise en scène appellent un acte patient de lecture, et ouvrent le lecteur à son histoire propre. Que ce soit dans la vulnérabilité d'une relation à autrui, l'écoute musicale, la tension de l'amour, l'expérience du vertige, le travail d'écriture, l'épreuve du religieux ou même dans les échecs de la vie morale, les auteurs s'attachent à comprendre l'intensité paradoxale de cette expérience de soi fondamentale qu'est l'éthique, et que Kierkegaard a su, de façon lumineuse et inédite, magistralement penser.
Face à de nombreuses crises internationales et à des évolutions dangereuses - citons ici seulement la guerre en Ukraine et les conflits au Proche-Orient ainsi que la montée générale du populisme de droite, du nationalisme et des régimes autoritaires en Europe et dans le monde - la diplomatie culturelle française et allemande, portée par des instruments et institutions différents comme l'Institut français et le Goethe-Institut, se voit confrontée à de nouveaux enjeux et défis. Quels sont les nouveaux instruments, quels les échecs et les succès ?