En négligeant ses poèmes, la postérité de Jean Cocteau ne respecte pas la hiérarchie qu'il a lui-même établie pour ordonner son ?uvre polymorphe. Investie par lui du pouvoir suprême, la poésie ne battait-elle pas le rappel des autres genres sous le pavillon de son nom: poésie de théâtre, poésie de roman, poésie critique, poésie graphique, poésie cinématographique ? Ce livre n'entend pourtant pas restaurer une souveraineté qui tient sa légitimité de l'appréciation strictement personnelle de l'auteur, mais envisager pour la première fois l'ensemble de ses écrits poétiques, et en interroger la disparité apparente. Car, à cette échelle aussi, la variété stupéfie. Elle passerait pour un exercice futile de virtuosité si la mise à l'étude des textes - de leurs rythmes, de leur langue, de leurs structures - ne révélait la continuité et l'assurance d'une démarche artistique. Toujours en quête du grave dans l'aigu, le chant qui s'élève de cette poésie procède, suivant des principes esthétiques stables, à des variations sur le thème de la création elle-même. Venue des profondeurs de l'être, couvrant toute la gamme des possibilités expressives, la voix de Jean Cocteau finit par s'imposer, loin du tapage qui environna sa vie, dans le concert des poètes du siècle.
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Nombre de pages
221
Date de parution
17/11/1999
Poids
310g
Largeur
156mm
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EAN
9782876732933
Titre
JEAN COCTEAU : LE GRAVE ET L'AIGU
Auteur
Linarès Serge
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
156
Poids
310
Date de parution
19991117
Nombre de pages
221,00 €
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Née au XVIIIe siècle dans la mouvance du Romantisme, la pratique des arts plastiques par les hommes de lettres s est largement développée avec l avènement de la modernité. Activité parallèle, complémentaire ou en symbiose avec l écriture, elle traduit un questionnement grandissant sur l expression artistique et la frontière entre les disciplines.Quelles sont les voies de ce dédoublement, à quelles nécessités ou recherches répond-t-il? Quels traits unissent ou différencient écriture et création plastique? Comment certains écrivains aussi brillants à la plume qu au pinceau sont-ils aujourd hui reconnus comme des artistes majeurs?C est tout le propos de ce livre abondamment illustré. De Goethe à Gao Xingjian en passant par Hugo, Blake, Sand, Dostoïevski, Zola, Loti, Apollinaire, Faulkner, García Lorca, Cocteau, Savinio, Prévert, Artaud, Michaux, Butor..., cette synthèse offre à découvrir, à la croisée des genres, un univers de création singulier et foisonnant, trop longtemps méconnu.POINTS FORTS Une approche internationale et exhaustive: peinture, dessin, collage, gravure... Mise en perspective de grandes uvres d écrivains reconnus comme Blake, Hugo, Kubin, Cocteau... Révélation des talents artistiques souvent ignorés de nombreux écrivains
Serge Linares est professeur de littérature française du XXe siècle à l université de Versailles Saint Quentin. Auteur de plusieurs livres sur Jean Cocteau et de l édition critique de ses uvres romanesques complètes dans la « Bibliothèque de la Pléiade », il s intéresse plus généralement aux rapports entre la littérature et les arts (peinture et sculpture). Dans cette optique, il a publié en 2010, aux éditions Citadelles & Mazenod, Écrivains artistes. La tentation plastique (XVIIIe XXe siècle), ouvrage couronné par le prix Marmottan de l Académie des Beaux Arts.
Cocteau. Son nom sonne comme un pluriel. Il a marqué de son étoile les genres les plus divers. Ainsi la fiction avec trois chefs d'oeuvre : Le Grand Ecart, roman d'amour, Thomas l'imposteur, roman de guerre, et Les Enfants terribles, roman de l'adolescence. Signés de spécialistes de l'auteur ou du récit poétique, les articles ici rassemblés n'en démontrent pas moins la profonde cohérence de l'univers narratif de Cocteau. Ils font de la question de l'identité le point nodal d'une oeuvre qui déconstruit le personnage, moins pour en finir avec l'illusion romanesque que pour exhiber la relativité de la personnalité. Le jeu avec l'image de soi gouverne les comportements des protagonistes comme la marche des événements, tout en témoignant d'un malaise existentiel sans autre issue que la fuite en avant dans les apparences les plus vertigineuses. La narration, truffée de biographèmes, dispose Cocteau à appréhender par le truchement fictionnel son expérience du temps et du moi, quitte à les nier. Seule la faculté de créer, dont sont dépourvus les héros, parvient à contenir les forces de la négation. Elle suppose la présence d'une réception qui la conforte : un lecteur idéal, qui aurait préservé son esprit d'enfance des atteintes de l'âge, de la réalité et de la morale. Notre époque se prête-t-elle davantage à cette représentation ou en reste-t-elle à apprécier, comme dans les années 1920, l'équilibre de modernité et de classicisme que respire la meilleure prose romanesque de Cocteau ?
Alors que la pollution plastique touche désormais les fosses abyssales, que les projets d'extraction minière profonde se multiplient et que s'est tenue à Nice une Conférence décisive des Nations Unies sur le devenir de l'océan, cet ambitieux ouvrage collectif croise histoire, sociologie, anthropologie et droit pour tenter de restituer aux environnements sous-marins un peu de leur profondeur historique. De la pêche des huîtres perlières dans les Caraïbes du XVIe siècle aux habitats sous-marins destinés à abriter l'homo aquaticus au temps de la Guerre froide, en passant par la colonisation verticale du Maghreb à la fin du XIXe siècle, ces études apportent un éclairage inédit sur les interactions de longue durée entre les sociétés humaines et les fonds marins.
Résumé : L'histoire de la clandestinité intrigue, tant sont nombreuses les zones d'ombre, parfois artificiellement entretenues, et les pages méconnues, tandis qu'une poignée de clandestins a su polariser la curiosité du public et des historiens. Mais cette histoire est-elle seulement possible ? Chaque chapitre de ce livre, à sa manière, répond par l'affirmative, en retraçant la trajectoire d'un groupe politique, d'un mouvement structuré, avec une fortune variable, dans la dissimulation et par la pratique de l'illégalité. Contrairement à une impression première, les sources les plus diverses permettent d'en brosser une histoire incarnée, une histoire de l'intérieur, sans négliger pour autant le domaine des fantasmes que la lutte clandestine suscite immanquablement. Il s'agit là d'une conviction partagée par les auteurs, la compréhension de la clandestinité en politique se doit d'articuler, d'une part, les représentations propres aux mondes clandestins, qui, malgré leur diversité, peuvent être rassemblées dans l'expérience de cette lutte radicale et secrète, avec, d'autre part, les images de la lutte clandestine qui circulent à l'extérieur des groupes, que ce soit celles diffusées par le pouvoir ou les médias ou bien celles qui se développent au sein de la société et des différents mouvements sociaux. A travers l'exploration de la clandestinité comme modalité d'action politique, cet ouvrage expérimente une comparaison entre différents mouvements politiques dont les spécialistes dialoguent d'ordinaire trop peu ? anarchismes, résistances, mouvements révolutionnaires ou anticoloniaux ? en montrant l'existence de problématiques communes malgré les différents contextes. Il ambitionne également de fournir des clés pour comprendre la persistance de la menace clandestine, toujours actuelle, mais qui plonge ses racines dans une histoire longue et multiforme.