La plainte de Natura inspira Jean de Meung pour la deuxième partie du Roman de la rose. Reprenant sur le ton de la plainte le lieu commun bien connu, Alain dénonce vigoureusement l'étendue du mal en ce bas-monde, la corruption des moeurs. Mais comment ne pas remarquer que cette dimension satirique vient en surimpression, dirait-on, et comme pour l'étouffer, ce qu'expose longuement la fantasmagorie qui occupe le coeur de la "narratio", pour reprendre le terme insistant par lequel Natura définit son aventure. Voilà en effet que ce personnage allégorique quitte sur son char l'Olympe céleste et apparaît soudain à Alain que la surprise fait s'écrouler en extase mystique, à demi-mort. Une fois revenu à lui-même, il interroge cette "semi déesse" avec insistance, parce qu'il veut connaître les raisons qui ont bouleversé, dénaturé l'ordre du monde voulu et agencé par Dieu. Dès lors, l'affaire n'est plus de dénoncer le mal, mais de savoir quelle en est l'origine. Alain de Lille dont l'épitaphe dit qu'"il a su tout ce que l'homme pouvait savoir" est à lui seul un résumé des intérêts multiples de son temps. Sa pensée est le point de rencontre des grands courants philosophico-théologiques du XIIe siècle ; au fait des dernières avancées techniques dans les arts libéraux, il demeure en mène temps un parfait témoin de l'humanisme littéraire.
Nombre de pages
187
Date de parution
18/04/2013
Poids
202g
Largeur
122mm
Plus d'informations
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EAN
9782841372898
Titre
La plainte de Natura. De planctu Naturae
Auteur
Lille Alain de ; Delègue Yves
Editeur
MILLON
Largeur
122
Poids
202
Date de parution
20130418
Nombre de pages
187,00 €
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Françoise Hudry, archiviste-paléographe et ingénieur de recherche au CNRS (IRHT, UPR 76), a publié entre autres Le Livre des vingt-quatre philosophes (versions ancienne et médiévale), la traduction des Règles de théologie d'Alain de Lille, ainsi que l'édition et traduction de Lettres familières anonymes qui pourraient concerner Alain de Lille.
Reprenant l'édition de ces lettres anonymes, Françoise Hudry nous propose, au terme d'une minutieuse enquête, de les attribuer à Alain de Lille, ce qui rendrait compte également de l'ancienne identification de celui-ci avec Alain de Canterbury qui fut ensuite abbé de Tewkesbury. Ainsi interprétées, par une analyse à la fois historique et littéraire, ces lettres contribuent à redessiner une partie de l'histoire culturelle du XIIe siècle: elles élucident des pans d'ombre de la biographie d'Alain de Lille, précisent ses liens avec Pierre de Blois ou Richard de Saint-Victor, éclairent le contexte dans lequel Alain écrivit un De planctu Naturae plein d'amertume; elles permettent également de mieux comprendre les relations entre différents textes de cette période, suggérant par exemple des rapports subtils et complexes entre la satire de Nigel de Longchamp et l'?uvre d'Alain de Lille... Le dossier est à présent entre les mains des lecteurs, avec le drame humain qu'il dessine, quel que soit le protagoniste
Husserl Edmund ; Pestureau Jean-François ; Mazzù A
L'existence des " Manuscrits de Bernau " de Husserl sur la conscience intime du temps fut révélée pour la première fois publiquement par Heidegger, en 1928 dans sa préface aux célèbres Leçons sur la phénoménologie de la conscience intime du temps. Ces Manuscrits, écrits par Husserl à Bernau (Forêt Noire) en 1917/18, sur la base d'une compilation faite par Edith Stein, sont restés inédits du vivant du philosophe, bien qu'ils aient été confiés, dans les années trente, à Eugen Fink en vue de la publication. Pour plusieurs raisons, dont la complexité des textes n'est pas la moindre, Fink n'en vient pas à bout, et après la guerre, y renonça. Husserl considérait en effet ces manuscrits comme son " ouvrage principal " qui, restés dans les cartons des Archives de Louvain, sont entrés dans la légende pour le milieu des phénoménologues , puisqu'ils étaient censés contenir les clés de l'oeuvre entière. Il aura fallu le travail persévérant de Rudolf Bernet et Dieter Lohmar pour que l'ouvrage (une sélection parmi la masse des manuscrits) paraisse enfin, en 2001, dans la collection des Husserliana. Cette édition critique est celle qui est publiée ici en traduction française. L'importance considérable de ces textes tient à ce qu'ils constituent proprement l'acte de naissance de la phénoménologie génétique, et conduisent par là à réexaminer et relativiser les analyses structurales et statiques auxquelles on a trop souvent réduit la phénoménologie, en en faussant l'" esprit ", en la figeant dans une scolastique. Car les " Manuscrits de Bernau " sont avant tout un exercice aigu du sens critique, de la pensée aux prises avec des problématiques aporétiques, de l'art de pratiquer des distinctions nuancées jusqu'au plus subtil, de la rencontre de choses essentiellement mobiles, bref, de la pratique de la philosophie telle qu'elle doit se donner à entendre aujourd'hui.
Au Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c'ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c'ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.