
La couleur éloquente. Rhétorique et peinture à l'âge classique
Philosophiquement suspecte à cause de son caractère matériel, moralement coupable en raison de son éclat séducteur, la couleur a longtemps été jugée esthétiquement dangereuse: source d'un plaisir et d'une beauté qu'on rte sentait pas immédiatement raccordables au Vrai et au Bien. C'est là un des aspects du conflit que la raison entretient avec l'univers des formes sensibles, et ce qui fait que la peinture (que l'on ne peut réduire au dessin) est un péril pour toute harmonie de savoir, toute ordonnance de théorie: tout discours qui doit faire en elle l'expérience de son insuffisance. Enquêtant à travers les siècles de ce conflit, l'ouvrage de Jacqueline Lichtenstein rencontre d'abord la pensée platonicienne qui frappe d'une même condamnation et ainsi associe entre elles la couleur du peintre et l'éloquence de l'orateur. Voici liés, définitivement, les arts de la parole et ceux de l'image. Pour la première fois, un discours se met en place, qui insiste sur ce qui tait que la peinture est peinture. Désormais, celle-ci est définissable comme ce qui se refuse au langage. On ne pourra parler du tableau, mais du regard qui le voit. C'est la naissance de l'esthétique, au sens que prend ce mot au XVIII siècle.
| EAN | 9782081310728 |
|---|---|
| Titre | La couleur éloquente. Rhétorique et peinture à l'âge classique |
| Auteur | Lichtenstein Jacqueline |
| Editeur | FLAMMARION |
| Largeur | 108 |
| Poids | 262 |
| Date de parution | 20131023 |
| Nombre de pages | 360,00 € |
| Disponibilité | Epuisé |
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