La perte de la terre-mère et de l'origine sont les concepts clefs de ce livre permettant de comprendre les mécanismes à l'oeuvre dans le recours aux substances toxiques, en particulier à l'adolescence. L'ouvrage tend à montrer, à travers des cas cliniques, la connexion entre les conduites de dépendance et les événements de vie des ascendants, désignés sous le terme de traumatismes transgénérationnels. L'idée d'une transmission d'actes transgressifs, provenant des ascendants et entraînant une pathologie chez les descendants, est présente dans les mythes grecs à travers la notion de fatalité. Les processus d'incorporation sont sur le devant de la scène clinique lorsque les ascendants effectuent des actes transgressifs ou subissent des événements traumatiques qui ont débordé leur possibilité de mentalisation. La répercussion de ces vécus appartenant à la préhistoire du sujet prend alors des modalités mélancoliques. Les processus addictifs s'inscrivent dans ce destin décrit dans les mythes, du fait qu'ils comportent tous un fantasme d'incorporation annihilant le processus d'introjection. L'auteur, spécialiste de l'approche interculturelle, analyse cette relation anormalement rapprochée entre le sujet de la 3e génération et son ascendant grand-parental. Car celle-ci entraînera ensuite une modification de la relation filiale de ce sujet avec l'axe parental par la confusion des générations. Selon l'enfant, les premiers êtres créés sur terre sont forcément ses aïeux : le lieu qu'ils occupent est donc l'origine en soi de tout et de l'enfant lui-même. L' ex-il réactive ces représentations et angoisses archaïques en décentrant le sujet et l'aliénant. L'exil vécu par les ascendants, en faisant perdre la terre-mère, par une effraction véhiculée à travers plusieurs générations, ne perd pas de sa dangerosité à travers le temps. Le risque est de faire se dissoudre l'origine primordiale. Colette LHOMME-RIGAUD est professeur à l'Université Paris 5 - René Descartes. Psychanalyste et psychothérapeute, elle a fondé une formation interculturelle à l'Université de Montpellier et l'a poursuivie à l'Université René Descartes ; elle est l'auteur de nombreuses publications autour de la phobie infantile, les fonctionnements limites et les processus addictifs à l'adolescence.
Nombre de pages
120
Date de parution
15/02/2011
Poids
310g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782952457354
Auteur
Lhomme-Rigaud Colette
Editeur
MJW
Largeur
145
Date de parution
20110215
Nombre de pages
120,00 €
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Quand la terre d'origine se dérobe, l'individu se sent attaqué dans ses processus de pensée. L'aire transitionnelle primitive, nécessaire aux processus de créativité, est mutilée à travers cette perte territoriale : la mentalisation s'effondre, l'être perdant ses racines. Le sentiment d'être " déraciné " est, sans aucun doute, la plainte réitérée le plus fréquemment chez l'exilé en souffrance. La dépression sous-jacente fait que le sujet ne peut plus se tenir, se soutenir avec la terre qui l'a, dans son fantasme, abandonné. Les troubles de la pensée sont concomitants à ce sentiment de ne plus être soutenu par la terre-mère. La terre-mère nous semble avoir une importance particulière dans cette répartition des aires épistémophiliques. Chez nos sujets, la mise en œuvre des processus de démentalisation est initiée par des départs primordiaux effectués par leurs ascendants : celui du pays d'origine d'une part et celui du pays d'accueil, y abandonnant leurs descendants. La question de l'origine se joue, essentiellement, à travers la relation transgénérationnelle car l'origine du sujet est dans ses ascendants. Ces exils de la pensée, à travers nos cas infanto-juvéniles, sont toujours liés à l'aire grand-parentale : soit par leur absence dans les lieux privilégiés de leur existence, soit par leur comportement entraînant une exclusion territoriale de leurs descendants.
Les représentations de monstres envahissent les objets culturels destinés aux adolescents ; bandes dessinées, jeux vidéo, dessins animés, films, romans, nouvelles... Quelle place occupent ces monstres dans l'imaginaire des adolescents et pré-adolescents modernes ? Leur permettent-ils de réorganiser les conflits psychiques exacerbés à cette période de la vie, en particulier quand l'exil et la biculturalité ont fragilisé le narcissisme et accentué le sentiment d'exclusion ? Colette Lhomme-Rigaud souligne les liens de ces objets monstrueux avec les difficultés vécues dans les stades précoces de développement et avec la défaillance maternelle. Les cas témoins, rapportés dans cet ouvrage, permettent en effet d'affirmer que la pathologie de la relation à la mère occupe une place primordiale dans les tableaux cliniques. Ainsi, le monstre se présenterait comme la trace de cet objet primaire, la mère, dans sa version inquiétante, qui serait sorti de l'ombre où il aurait dû rester. Nouvelles figures de méduse, les monstres adolescents témoigneraient de cette difficulté des individus à se construire comme " autonomes " dans une séparation avec l'univers angoissant de la mère archaïque, ce, d'autant plus, quand la langue d'usage de l'adolescent n'est pas celle de la mère. Si l'auteur prend appui sur la clinique des cas difficiles (conflit psychotique, place de l'objet fétiche et séduction parentale), elle montre combien, dans notre société, la part de l'horreur, que met en évidence l'engouement pour les films d'épouvante ou pour les figurines de monstres (pokémon), vient protéger l'enfant d'une situation où le sentiment d'existence est fortement mis à l'épreuve. La figure hybride est alors la projection, pour de nombreux adolescents, de leur ambiguïté culturelle vécue comme monstruosité. Le monstre devient une figure à la fois protectrice et inquiétante ; il se construit comme un objet contra-phobique dont la partie familière aurait disparu, la création de ce double permettant une réassurance narcissique, une reconstruction d'intégrité personnelle. Colette Lhomme-Rigaud, psychanalyste, est professeur de psychopathologie à l'université de Montpellier.
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