Les représentations de monstres envahissent les objets culturels destinés aux adolescents ; bandes dessinées, jeux vidéo, dessins animés, films, romans, nouvelles... Quelle place occupent ces monstres dans l'imaginaire des adolescents et pré-adolescents modernes ? Leur permettent-ils de réorganiser les conflits psychiques exacerbés à cette période de la vie, en particulier quand l'exil et la biculturalité ont fragilisé le narcissisme et accentué le sentiment d'exclusion ? Colette Lhomme-Rigaud souligne les liens de ces objets monstrueux avec les difficultés vécues dans les stades précoces de développement et avec la défaillance maternelle. Les cas témoins, rapportés dans cet ouvrage, permettent en effet d'affirmer que la pathologie de la relation à la mère occupe une place primordiale dans les tableaux cliniques. Ainsi, le monstre se présenterait comme la trace de cet objet primaire, la mère, dans sa version inquiétante, qui serait sorti de l'ombre où il aurait dû rester. Nouvelles figures de méduse, les monstres adolescents témoigneraient de cette difficulté des individus à se construire comme " autonomes " dans une séparation avec l'univers angoissant de la mère archaïque, ce, d'autant plus, quand la langue d'usage de l'adolescent n'est pas celle de la mère. Si l'auteur prend appui sur la clinique des cas difficiles (conflit psychotique, place de l'objet fétiche et séduction parentale), elle montre combien, dans notre société, la part de l'horreur, que met en évidence l'engouement pour les films d'épouvante ou pour les figurines de monstres (pokémon), vient protéger l'enfant d'une situation où le sentiment d'existence est fortement mis à l'épreuve. La figure hybride est alors la projection, pour de nombreux adolescents, de leur ambiguïté culturelle vécue comme monstruosité. Le monstre devient une figure à la fois protectrice et inquiétante ; il se construit comme un objet contra-phobique dont la partie familière aurait disparu, la création de ce double permettant une réassurance narcissique, une reconstruction d'intégrité personnelle. Colette Lhomme-Rigaud, psychanalyste, est professeur de psychopathologie à l'université de Montpellier.
Nombre de pages
240
Date de parution
03/04/2002
Poids
312g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782749200026
Titre
L'adolescent et ses monstres
Auteur
Lhomme-Rigaud Colette
Editeur
ERES
Largeur
140
Poids
312
Date de parution
20020403
Nombre de pages
240,00 €
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Quand la terre d'origine se dérobe, l'individu se sent attaqué dans ses processus de pensée. L'aire transitionnelle primitive, nécessaire aux processus de créativité, est mutilée à travers cette perte territoriale : la mentalisation s'effondre, l'être perdant ses racines. Le sentiment d'être " déraciné " est, sans aucun doute, la plainte réitérée le plus fréquemment chez l'exilé en souffrance. La dépression sous-jacente fait que le sujet ne peut plus se tenir, se soutenir avec la terre qui l'a, dans son fantasme, abandonné. Les troubles de la pensée sont concomitants à ce sentiment de ne plus être soutenu par la terre-mère. La terre-mère nous semble avoir une importance particulière dans cette répartition des aires épistémophiliques. Chez nos sujets, la mise en œuvre des processus de démentalisation est initiée par des départs primordiaux effectués par leurs ascendants : celui du pays d'origine d'une part et celui du pays d'accueil, y abandonnant leurs descendants. La question de l'origine se joue, essentiellement, à travers la relation transgénérationnelle car l'origine du sujet est dans ses ascendants. Ces exils de la pensée, à travers nos cas infanto-juvéniles, sont toujours liés à l'aire grand-parentale : soit par leur absence dans les lieux privilégiés de leur existence, soit par leur comportement entraînant une exclusion territoriale de leurs descendants.
La perte de la terre-mère et de l'origine sont les concepts clefs de ce livre permettant de comprendre les mécanismes à l'oeuvre dans le recours aux substances toxiques, en particulier à l'adolescence. L'ouvrage tend à montrer, à travers des cas cliniques, la connexion entre les conduites de dépendance et les événements de vie des ascendants, désignés sous le terme de traumatismes transgénérationnels. L'idée d'une transmission d'actes transgressifs, provenant des ascendants et entraînant une pathologie chez les descendants, est présente dans les mythes grecs à travers la notion de fatalité. Les processus d'incorporation sont sur le devant de la scène clinique lorsque les ascendants effectuent des actes transgressifs ou subissent des événements traumatiques qui ont débordé leur possibilité de mentalisation. La répercussion de ces vécus appartenant à la préhistoire du sujet prend alors des modalités mélancoliques. Les processus addictifs s'inscrivent dans ce destin décrit dans les mythes, du fait qu'ils comportent tous un fantasme d'incorporation annihilant le processus d'introjection. L'auteur, spécialiste de l'approche interculturelle, analyse cette relation anormalement rapprochée entre le sujet de la 3e génération et son ascendant grand-parental. Car celle-ci entraînera ensuite une modification de la relation filiale de ce sujet avec l'axe parental par la confusion des générations. Selon l'enfant, les premiers êtres créés sur terre sont forcément ses aïeux : le lieu qu'ils occupent est donc l'origine en soi de tout et de l'enfant lui-même. L' ex-il réactive ces représentations et angoisses archaïques en décentrant le sujet et l'aliénant. L'exil vécu par les ascendants, en faisant perdre la terre-mère, par une effraction véhiculée à travers plusieurs générations, ne perd pas de sa dangerosité à travers le temps. Le risque est de faire se dissoudre l'origine primordiale. Colette LHOMME-RIGAUD est professeur à l'Université Paris 5 - René Descartes. Psychanalyste et psychothérapeute, elle a fondé une formation interculturelle à l'Université de Montpellier et l'a poursuivie à l'Université René Descartes ; elle est l'auteur de nombreuses publications autour de la phobie infantile, les fonctionnements limites et les processus addictifs à l'adolescence.
Faute à une machination de ses proches qui veulent fêter ses cent ans sur Anfaran, Lhomme réclame à Loâm le pouvoir absolu. Ce dernier sauvera des observateurs et empêchera le pire à sa planète d'adoption... Les péripéties sont nombreuses. Lhomme fait déborder la coupe en rajeunissant deux chiens loups... De facto, les rapports avec les individus se corsent. Les aventures deviennent insupportables pour les vénérables anciens quand Titou et Tibelle marchent sur ses talons en piétinant des coutumes millénaires. Mais ces derniers deviennent un atout...
On vous dit tout sur les grandes histoires d amour romantiques et rigolotes de ces petits objets qui nous entourent et auxquels nous ne faisons pas vraiment attention: Comment Monsieur Peigne et Mademoiselle Brosse ont-ils pu se rencontrer? Comment Monsieur et Madame Patate, ont-ils évité de finir en purée et vécu leur amour en toute tranquillité? Où se sont-ils rencontrés pour la première fois, Madame Truc et Monsieur Machin?... Des petites histoires bien ficelées avec des jeux de mots plein de gaîté pour découvrir les objets qui nous entourent sous un tendre jour, la Saint Valentin existe aussi pour eux. Sandrine Lhomme, avec toute sa sensibilité et son goût des couleurs vives, nous ouvre les portes d un monde plein de poésie et de tendresse, où l humour est toujours très présent. Biographie de l'auteur Sandrine Lhomme écrit et dessine depuis l enfance, une manière à elle de se cacher derrière les mots et les images. Après quelques années à l école nationale des Beaux-Arts de Dijon, elle s est construit un univers coloré fait de collages, plein de tendresse, de poésie et de dérision.
Missonnier Sylvain ; Desmarez Christine ; Golse Be
Initialement centrée sur la période postnatale, la consultation thérapeutique parents/enfant, née de la pratique créative du pédiatre et psychanalyste anglais Donald W. Winnicott, a progressivement intégré le temps de la grossesse. À partir de son expérience à l'hôpital et en libéral, Sylvain Missonnier témoigne de cet élargissement et en partage avec rigueur les aménagements théorico-cliniques. Il nous invite à considérer le f?tus comme un partenaire dont la présence appelle une écoute et une adresse spécifique et non comme un figurant muet ou un simple écran des projections parentales. En offrant une hospitalité privilégiée à la rencontre en temps réel avec le f?tus et aux réminiscences actives d'ex-f?tus et d'ex-bébés de ceux qui s'apprêtent à devenir parents, la clinique anténatale contribue à la prévention en santé mentale dans ce temps si particulier de la vie.
L'ouvrage est une réponse à la question "à quoi ça sert d'être éducateur?" A contre-courant d'une pensée unique qui réduit le sens d'une pratique à son utilité, l'auteur affirme que la relation éducative ne sert ni à guérir, ni à ramener des individus dans la norme, ni à réparer un préjudice comme y invite l'arrêt Perruche, mais à les aider à surmonter l'injustice liée à leur différence et à trouver du sens à leur vie. C'est ce que l'auteur appelle passer du "vivre" à "l'exister". Prenant appui sur l'expérience de terrain et sur cinq histoires de vie, l'ouvrage présente une relation éducative fondée sur l'engagement de l'éducateur autant que sur son savoir-faire professionnel. Il renoue avec les valeurs fondamentales du métier et tisse le lien entre l'éthique et la pratique. Biographie de l'auteur Educateur spécialisé et docteur en sciences de l'éducation, Philippe Gaberan est aujourd'hui formateur en travail social à l'ADEA de Bourg-en-Bresse (01); ses enseignements et ses recherches le conduisent à se spécialiser en histoire et philosophie de l'éducation. Il est rédacteur au journal Lien social (Toulouse) et l'auteur de plusieurs ouvrages.
Un nourrisson éveillé reste rarement inactif, même lorsqu'il n'est pas pressé par les besoins de la vie. Joue-t-il pour autant ? Le cas échéant, à quoi joue-t-il et comment ? Questions fédératrices de ce recueil d'observations et de commentaires divers. D'abord, s'entendre sur la définition du jeu, sa fonction, son origine... Ensuite, chercher les conditions nécessaires au jouet : quiétude, maturité, présence de l'adulte, choix des jouets... Vingt-six volets pour se faire une idée à ce sujet : coups de zoom ou angles plus larges sur des situations de la vie quotidienne.
Pinelli Anna ; Sanejouand Catherine ; Izard Benoît
Comment développer la confiance que l?enfant aura en lui et la conscience de son individualité propre au sein de la société quand il est, aux premières heures de sa vie, si vulnérable et soumis à son entourage immédiat ? Comment faire un adulte autonome de ce nouveau-né dépendant pour tout ? C?est possible en créant avec lui une relation sécurisante. Par les soins d?abord, le corps à corps, la parole et l?écoute ensuite, la mère donnera à son bébé l?assurance qu?il existe, qu?il est quelqu?un à part entière et qu?elle va l?aider à grandir, s?élever à la hauteur de sa valeur. Confiant, mû par un formidable appétit de vivre, une hardiesse d?aventurier, il voudra naturellement tout voir, tout connaître, tout expérimenter ! Il le fera sans jamais se mettre en danger dès lors qu?il aura une connaissance parfaite de son corps et une bonne maîtrise de l?équilibre. Un ouvrage indispensable pour que les parents - et les professionnels - prennent conscience de l?importance du soin et de la place faite au corps afin que le bébé se forge une personnalité autonome. Anna Pinelli est sage-femme, auteur et responsable du projet pédagogique " Le soin relationnel, le mouvement libre et le jeu autonome " développé depuis 1980 à l?espace municipal petite enfance d?Hauteville-Lompnès (Ain) et mis en pratique au Québec depuis 1983.