L affaire aurait pu être banale: le dossier du Carlton, cette enquête de proxénétisme hôtelier qui a éclaté à Lille à l automne 2011 avait pour principal accusé, René Kojfer, un septuagénaire chargé de relations publiques. Pourtant, les enquêteurs et les magistrats chargés de l instruction ont vite sorti du chapeau un nouveau protagoniste: Dominique Strauss-Kahn! Au point d éclipser René Kojfer, de déplacer l enquête sur le Carlton vers les activités libertines de DSK, selon les propres termes de l ancien terme, ailleurs que dans cet hôtel où il n a jamais mis les pieds. L enquête initiale avait-elle pour objectif de dévoiler au public les m urs de Dominique Strauss-Kahn, à la veille de sa candidature présidentielle? Sans le scandale du Sofitel de New York, la bombe du Carlton aurait-elle explosé au moment opportun? Quelles charges contient réellement le dossier d instruction? Une seule certitude: il nous plonge dans des eaux troubles, où il est nécessaire de faire la part des choses entre une fascination devant des pratiques sexuelles particulières et l interrogation sur leur possible instrumentalisation politique.