Lefebvre Romain ; Nieuwjaer Raphaël ; Samocki Jean
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EAN :9791092616286
En partenariat avec Débordements et avec le centre Pompidou. Avec Boyhood, Richard Linklater a donné forme à une utopie cinématographique. En suivant un enfant chaque été pendant douze ans, il a enregistré le passage du temps, sa maturité lente et inéluctable. Imperceptible dans ses étapes, le passage vers l'âge adulte est évident dans sa globalité. Il serait facile dès lors de voir en lui un cinéaste de l'écoulement, un observateur des temps faibles de l'existence, qui cherche les changements de la vie en-dehors des fractures du drame. Mais cette position philosophique s'associe toujours à des colères, des protestations, à des engagements. Les personnages refont le monde ; ils sont tout autant faits par lui. Ce premier ouvrage sur Richard Linklater se propose d'explorer la diversité de ses fictions comme l'obstination de sa réflexion. Il lui arrive de tourner avec des stars, de Keanu Reeves à Cate Blanchett maintenant ; il s'essaye à tous les genres (le film de campus, la science-fiction paranoïaque, le pamphlet, le film d'animation) ou à toutes les économies (du film indépendant à la production hollywoodienne) ; il réinvente la comédie romantique avec la série des Before, qui suit Julie Delpy et Ethan Hawke pendant dix-huit ans. Ses films sont tous traversés par des décalages, des rêves éveillés, la recherche de moments de grâce. Ce n'est finalement pas la succession des événements qui compose une vie vécue, mais la sensation toujours renouvelée de se trouver à côté de soi, de flotter dans une vie à peine réelle, où l'éternité des choses est un leurre parmi d'autres. Les films de Richard Linklater cristallisent ces moments où notre conscience se forme et se suspend. Moments où nous rêvons notre vie : vie aléatoire, ensommeillée, parallèle. Moments où nous la retrouvons : dès que nous rencontrons d'autres aussi ondoyants que nous, et qu'avec eux nous voulons vibrer, parler, combattre. Des moments pour méditer, à l'infini, sur la fragilité que nous sommes.
Nombre de pages
139
Date de parution
08/11/2019
Poids
200g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9791092616286
Titre
Richard Linklater, cinéaste du moment
Auteur
Lefebvre Romain ; Nieuwjaer Raphaël ; Samocki Jean
Editeur
POST
Largeur
141
Poids
200
Date de parution
20191108
Nombre de pages
139,00 €
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Il existe un déficit d'informations sur la culture chinoise ancienne et contemporaine dans les sciences humaines françaises, trop exclusivement orientées vers d'autres espaces étrangers. Ou plutôt les perspectives chinoises, dont la connaissance est réservée aux seuls sinologues, viennent trop rarement féconder l'ensemble des sciences humaines. Le recueil se veut donc très caractéristique d'une situation où les sciences humaines en Chine, tout en restant très conscientes d'une spécificité des traditions nationales dans la longue durée, ne sont pas moins soucieuses de les situer dans des dynamiques de transferts et d'échanges avec d'autres régions du monde, ici essentiellement la France et l'Europe. Ces échanges ont donné lieu à une série de conférences à l'Ecole normale supérieure. Michel Espagne est Directeur de recherche, CNRS/Ecole normale supérieure de Paris
Cherchant une question qui puisse prendre la suite de celle de l'histoire des concepts et favorise de même la construction de ponts entre les approches chinoises et françaises ou européennes sur des questions fondamentales des sciences humaines, la question des classiques est apparue particulièrement adaptée. Il n'est certes pas utile de souligner ici combien une notion assez proche des classiques, comme oeuvres au long cours, dont la lecture et la relecture toujours recommencées participent à la définition des traditions comme à la proclamation des révolutions, marque à la fois l'espace culturel et scientifique européen et chinois. Nous avons donc lancé un appel aux contributions intitulé "passés recomposés" qui mettait l'accent sur la composition et l'apparition d'oeuvres dites classiques mais surtout sur l'histoire longue des relectures souvent divergentes. Il s'agissait de s'interroger certes sur ce qui définit un classique et permet de composer une tradition, mais surtout sur les aspects créatifs de la lecture toujours renouvelée de ces oeuvres consacrées comme telles. On s'est donc concentrés sur l'apparition mais surtout le devenir des oeuvres dites classiques. Il s'agit d'interroger la création et la transformation des conceptions de la culture qui mettent à part des oeuvres constituant un canon, et surtout les pratiques qui amènent des oeuvres ou des corpus donnés à assumer des rôles divers et à subir des relectures, réinvestissements et remotivations à des échelles de temps variées, d'une génération à plusieurs siècles. Ces pratiques doivent évidemment être approchées à toutes échelles et vues dans leurs contextes, enjeux politiques, sociaux, culturels voire économiques ? ; on n'oubliera pas qu'elles consistent aussi en contestations, réfutations et refus. On a notamment accordé une certaine place au rôle de ces lectures et relectures dans les consciences historiques propres aux constructions impériales et aux processus décrits comme "modernisation" . L'organisation du volume correspond aux aspects principaux de la relation aux oeuvres classiques tels qu'ils sont apparus, nous semble-t-il, durant ces deux colloques. Trois textes ouvrent le volume en posant la question de la définition d'oeuvres et de questions classiques. Suivent des parties intitulées Philologies, où on aborde les démarches spécialisées et scientifiques constituant, en Chine et en Europe, l'approche des oeuvres classiques les plus anciennes ? ; une deuxième partie intitulée Traductions approche "? les classiques à l'épreuve du transfert ? "? ; les trois parties suivante Appropriations, Ruptures et Fondations rassemblent des textes analysant ces différents rapports avec des classiques, à travers différents espaces culturels et scientifiques.
Les trois dialogues entre Marguerite Duras et Jean-Luc Godard réunis dans ce volume constituent une parenthèse ouverte en octobre ? 1979 (premier dialogue, à l'occasion du tournage du film de Godard Sauve qui peut (la vie)) puis septembre ou octobre ? 1980 (second dialogue, pour un projet de film sur l'inceste) et refermée en décembre ? 1987 (troisième dialogue, pour l'émission de télévision "? Océaniques ? "). Il s'agit à la fois, entre l'écrivain et le cinéaste, d'un rapport de fond et d'une histoire circonscrite. Godard dit, dans un entretien de 1997, qu'il a connu Duras "? pendant deux ou trois ans ? ", formule qui rappelle le titre de son film, Deux ou trois choses que je sais d'elle. Pendant quelques années, ils se croisent et échangent "? deux ou trois choses ? " qui les aident à penser ? : leur seconde rencontre a lieu après la publication par l'un et l'autre de recueils de réflexions sur le cinéma, Duras avec Les Yeux verts, Godard avec Introduction à une véritable histoire du cinéma. On retrouve dans leurs dialogues à peu près tout ce qui traverse ces livres ? : la question des relations entre l'écrit et l'image, de la représentation de ce qui est jugé irreprésentable (à des titres différents, les camps de concentration et l'inceste), des considérations sur l'enfance ou sur la télévision. On y retrouve aussi une même passion profonde, une manière de faire littéralement corps avec leur médium, d'en parler avec un lyrisme fulgurant entrecoupé de remarques sèchement ironiques, portés par une conviction qui leur fait parcourir l'histoire, convoquant tour à tour Moïse, Rousseau, Faulkner ou Sartre. [... ] Ces trois dialogues enserrent aussi un autre échange. Dans les années 1980, Godard revient à un cinéma plus visible, après dix années d'oeuvres militantes et d'essais vidéo, à l'écart des circuits classiques de distribution ? : il connaît alors "? une deuxième vie dans le cinéma ? ". Simultanément, Duras revient à une écriture séparée de la réalisation de films, après plus de dix années de textes majoritairement liés au cinéma. Le succès littéraire de L'Amant (1984) correspond à la fin de son activité de cinéaste ? : elle réalise son dernier film, Les Enfants, en 1985. C'est au moment de ces changements qu'ils se rencontrent, Godard venant interroger l'écrivain qu'il dit n'avoir jamais pu être, et Duras se confronter à celui qui est pour elle "? le plus grand catalyseur du cinéma mondial ? ", le plus grand créateur d'un art qu'elle s'apprête à quitter et dont elle n'aura pas acclamé beaucoup de noms. L'un comme l'autre ignorent d'ailleurs presque totalement, au fil de leurs dialogues, les cinéastes qui partagent la même interrogation croisée des mots et des images ? : Philippe Garrel et Jean Eustache sont rapidement évoqués par Godard dans la conversation de 1987, mais ni Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, ni Chantal Akerman ou Hans-Jürgen Syberberg. Il y a là un signe de leur splendide isolement, en même temps que d'un reflux esthétique. Le temps des grandes oeuvres cinématographiques fondées sur des disjonctions radicales de l'image et du son est en train de s'achever, seuls Godard et les Straub poursuivant le chemin jusqu'à aujourd'hui. La parenthèse que constituent ces dialogues entre Marguerite Duras et Jean-Luc Godard coïncide avec le moment de reflux de ces oeuvres. Elle est aussi l'un des témoignages les plus forts de la réflexion qui les portait. Cyril Béghin
Du côté juif de la famille, Christine a hérité de cheveux frisés et d'une peau sombre et fine (elle est classée autour de 7 sur l'échelle des couleurs, et il ne faut pas la chatouiller). Du côté noir de la famille, elle a hérité de traits anguleux, du sens du rythme et d'une peau fine (il ne faut vraiment pas la chatouiller). Deux ans après la fin de cet ouvrage, elle sera l'idéale beauté dont parlent les légendes et le folklore - à vous de choisir la nationalité et de préciser le groupe ethnique. Quels que soient le visage et la silhouette que vos légendes et folklore font surgir dans votre esprit, mon petit chou, elle l'incarnera à la perfection. Christine n'était pas une enfant ordinaire. Elle était née coiffée d'une membrane que son premier et vigoureux hurlement déchira en huit. En plus de son talent précoce pour l'écriture spéculaire, elle tenait de sa mère l'amour des mots, de leur nuance et de leur cadence, de leur jus et de leur reste, de leur variété et de leur précision, de leur cadencé et de leur torsion. Quand elle apprit à un âge encore tendre qu'elle aurait un jour à partir à la recherche de son père pour découvrir le secret de sa naissance, elle s'exclama : "je m'en vais le retrouver, ce nique-ta-mère." A ses yeux, ce dernier mot était tout simplement le mot juste."