Cherchant une question qui puisse prendre la suite de celle de l'histoire des concepts et favorise de même la construction de ponts entre les approches chinoises et françaises ou européennes sur des questions fondamentales des sciences humaines, la question des classiques est apparue particulièrement adaptée. Il n'est certes pas utile de souligner ici combien une notion assez proche des classiques, comme oeuvres au long cours, dont la lecture et la relecture toujours recommencées participent à la définition des traditions comme à la proclamation des révolutions, marque à la fois l'espace culturel et scientifique européen et chinois. Nous avons donc lancé un appel aux contributions intitulé "passés recomposés" qui mettait l'accent sur la composition et l'apparition d'oeuvres dites classiques mais surtout sur l'histoire longue des relectures souvent divergentes. Il s'agissait de s'interroger certes sur ce qui définit un classique et permet de composer une tradition, mais surtout sur les aspects créatifs de la lecture toujours renouvelée de ces oeuvres consacrées comme telles. On s'est donc concentrés sur l'apparition mais surtout le devenir des oeuvres dites classiques. Il s'agit d'interroger la création et la transformation des conceptions de la culture qui mettent à part des oeuvres constituant un canon, et surtout les pratiques qui amènent des oeuvres ou des corpus donnés à assumer des rôles divers et à subir des relectures, réinvestissements et remotivations à des échelles de temps variées, d'une génération à plusieurs siècles. Ces pratiques doivent évidemment être approchées à toutes échelles et vues dans leurs contextes, enjeux politiques, sociaux, culturels voire économiques ? ; on n'oubliera pas qu'elles consistent aussi en contestations, réfutations et refus. On a notamment accordé une certaine place au rôle de ces lectures et relectures dans les consciences historiques propres aux constructions impériales et aux processus décrits comme "modernisation" . L'organisation du volume correspond aux aspects principaux de la relation aux oeuvres classiques tels qu'ils sont apparus, nous semble-t-il, durant ces deux colloques. Trois textes ouvrent le volume en posant la question de la définition d'oeuvres et de questions classiques. Suivent des parties intitulées Philologies, où on aborde les démarches spécialisées et scientifiques constituant, en Chine et en Europe, l'approche des oeuvres classiques les plus anciennes ? ; une deuxième partie intitulée Traductions approche "? les classiques à l'épreuve du transfert ? "? ; les trois parties suivante Appropriations, Ruptures et Fondations rassemblent des textes analysant ces différents rapports avec des classiques, à travers différents espaces culturels et scientifiques.
Nombre de pages
604
Date de parution
13/05/2022
Poids
732g
Largeur
146mm
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EAN
9782380720679
Titre
Passés croisés, passés composés. Perspectives à partir des "Classiques" depuis la Chine et la France
Afin de rendre compte de la réalité de leur objet, les sciences sociales ne cessent de poser des questions d'ordre conceptuel. La coopération entre philosophie et sciences sociales suppose ainsi de dégager les problèmes partagés sur l'axe qui relie la théorie à l'expérience. Dans les vingt dernières années, l'oeuvre de Vincent Descombes a joué, en France et à l'étranger, un rôle important dans l'ouverture de cet espace d'échanges. Sociologues, anthropologues, historiens et philosophes s'attachent à montrer dans les textes réunis ici la pertinence de la pensée du philosophe.
Des réponses ont permis à nos deux héros de pouvoir s'épanouir. Cet épanouissement leur permet de voir se concrétiser différents projet et leur permet de murir et d'affronter le monde en étant ensemble tous les deux.
C'est un tome de célébration : Jiang Shen a eu son premier cours par son futur professeur, mais il a aussi vu que les attentes de celui-ci sont importantes. Bai Jinyi a lui aussi une plus grande pression après son combat et son entraînement va devoir redoubler d'intensité. En continuant de se soutenir dans leur travail et leur passion, ces deux étoiles vont continuer à se rapprocher.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.