Le dossier de ce numéro porte sur une dimension difficile à cerner. L'effort de formation post-scolaire destiné à celles et ceux qui ne maîtrisent pas des savoirs théoriquement acquis durant l'école obligatoire est un champ particulièrement complexe car il est à la croisée de plusieurs préoccupations sociales, économiques et politiques. Véronique Leclercq s'est attachée à circonscrire cette dimension au sein de l'éducation et de la formation des adultes en insistant sur les objectifs et le découpage par publics prioritaires qu'a instillés l'action publique. Or ces deux aspects ont fortement été déterminés par la dégradation de la situation de l'emploi des populations faiblement scolarisées (chômage de longue durée des salariés peu qualifiés et difficultés d'insertion des jeunes issus de l'enseignement professionnel sans diplômes). L'état des lieux des dispositifs, des mesures et des programmes mobilisés à partir de cette époque ne laisse aucun doute sur leur foisonnement et la variété des objectifs poursuivis. L'analyse de l'auteur est une invitation à une réflexion d'ensemble sur les principes qui sous-tendent l'action publique. Deux articles de recherche complètent ce numéro. Le premier présente une revue de question de la littérature internationale, notamment anglo-saxonne, sur une forme d'activité collective (l'apprentissage coopératif) mise en lien avec la formation des enseignants (ici le développement professionnel). Le second article traite de l'information transmise à la personne et à la famille lors d'un problème de santé, information intégrée aux connaissances existantes pour former un nouveau corpus de savoir qui soutiendra leur adaptation et leur résilience.
Nombre de pages
132
Date de parution
05/07/2007
Poids
192g
Largeur
160mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782296037595
Titre
Savoirs N° 14, 2007 : Faible niveau et "seconde chance"
De nombreux adultes ou jeunes adultes, faiblement qualifiés et faiblement scolarisés, participent à des actions de formation visant une meilleure maîtrise de l'écrit. Ces dispositifs d'apprentissage ou de réapprentissage des savoirs de base du lire/écrire revêtent des formes diverses sans le cadre de ce qu'on appelle la lutte contre l'illettrisme. Mais pour l'ensemble des agents éducatifs engagés dans ce type d'intervention éducative se posent de nombreuses questions d'ordre didactique : Quelles finalités attribuer à ces actions ... Que savons-nous des rapports à l'écrit de ces publics ayant souvent vécu échecs scolaires et échecs en lecture/écriture ... Sur quels savoir-faire fondamentaux faire porter l'enseignement ... Quelles composantes essentielles du curriculum de formation envisager en priorité ? Comment organiser des situations d'enseignement et d'apprentissage motivantes, signifiantes et transformatrices ... C'est autour de ces questions qu'est construit l'ouvrage de Véronique Leclercq. L'auteur ne propose ni un nouvel essai général sur l'illettrisme, ni un manuel de recettes toutes prêtes, mais construit pas à pas une formalisation d'orientations didactiques propres à la formation linguistique de base. Cette formalisation s'appuie sur une compréhension du contexte général des formations, une connaissance des publics maîtrisant peu l'écrit et sur les derniers acquis scientifiques dans le domaine de la pédagogie des adultes (ou andragogie) et de la didactique de l'écrit. Ce livre s'adresse aux praticiens qui veulent agir, mais aussi comprendre les enjeux de leur intervention ou prendre la mesure de leurs marges de manœuvre possibles dans la conduite de l'enseignement. Il est aussi destiné à tout lecteur s'intéressant à l'illettrisme et à l'enseignement/apprentissage de l'écrit.
La maîtrise des langues des pays d'accueil est un des principaux vecteurs de l'intégration des migrants, par un apprentissage "sur le tas" ou en formation. Une synthèse des connaissances sur cette question est rendue nécessaire parce que l'immigration est au centre des débats publics et politiques depuis trois décennies en France et de façon plus générale en Europe. Or, pour le meilleur ou pour le pire, les opinions à ce sujet se manifestent, mais relèvent de partis pris bien souvent sans rapport avec la réalité. Quel est le rôle de la langue dans le processus d'intégration ? Comment apprend-on une langue sans passer par un apprentissage formel ? Quels sont les dispositifs mis en place pour assurer la formation linguistique des migrants et selon quelles logiques politiques ou institutionnelles ? Telles sont les questions centrales auxquelles répondent les contributeurs, chercheurs en sciences du langage ou en sciences de l'éducation, mais également professionnels de la formation des adultes en insertion. Cet ouvrage collectif s'adresse aux chercheurs, spécialistes ou non du domaine et aux étudiants, qui y trouveront non seulement un bien utile état des savoirs mais aussi des pistes de réflexion et de recherche. Il s'adresse également à tous les acteurs du champ de la formation des adultes qui souhaitent enrichir leurs connaissances pour améliorer l'action dans le quotidien des pratiques.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...