Artiste derrière les fourneaux, Guy Martin l'est assurément. Mais le chef du Grand Véfour est aussi amateur d'art et plus particulièrement de peinture. Aussi a-t-il entrepris avec cet ouvrage une démarche au demeurant singulière : allier plaisir des yeux et plaisir du palais en s'inspirant de toiles de son choix pour composer des recettes inédites. Guidé par une couleur, une forme, l'émotion suscitée par un tableau, le cuisinier de talent s'est laissé porter par une puissante imagination créatrice : ainsi commente-t-il L'Étude pour portrait d'un homme de Francis Bacon : "Une tête couleur de betterave qui sort d'une chemise couleur céleri : pour les réunir, la moelle. La fleur de sel apporte le croquant à sa douceur et au soyeux de la betterave." Et voici qu'il donne chair à un savoureux Os à moelle aux trois parfums. De même, La Vue de Tolède du Greco se mue en un Carpaccio de veau de lait, roquette, herbes en salades des plus inspirés et La Vierge de Klimt prête ses couleurs vives à un délicat Saumon enroulé sur un lit de curcuma. Goûtées et approuvées par Guy Martin et des convives de goût, ces quelque cinquante recettes, conçues pour être réalisées aisément dans votre propre cuisine, sont toutes illustrées de la reproduction du tableau qui les a inspirées et d'un commentaire de leur inventeur, conférant à ce livre toute son originalité. À la fois ouvrage d'art et livre pratique, il se distinguera de vos habituels manuels de cuisine par sa beauté sobre et la poésie de ses recettes. La cuisine de Guy Martin est un art, on ne pourra plus en douter. -- Laurence Demurger
Nombre de pages
130
Date de parution
05/10/2000
Poids
566g
Largeur
191mm
Plus d'informations
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EAN
9782020384278
Titre
Guy Martin. Un artiste au Grand Véfour
ISBN
2020384272
Auteur
Lecasble Guillaume
Editeur
SEUIL
Largeur
191
Poids
566
Date de parution
20001005
Nombre de pages
130,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Guillaume Lecasble est l'auteur, aux Éditions du Seuil, d'un roman marin et surprenant, Lobster, paru en 2002, ainsi que de deux livres jeunesse, Le Jour où Bonhomme a rencontré la pluie et Tienstoi droite!, et de Un artiste au Grand Véfour, avec Guy Martin.
Images start coming back to him the simmering stock, the way his eyes were scalded by the steam, and of course that smell of bay leaves. After that it all goes black, right until his awakening in this cold salty seawater. Alive! He's got to accept that he's alive, despite his shell having the smell and colour of death. Right in front of him, Angelina is bent over, her hands purple from the cold, trying to break Maurice's fingers. She's not getting anywhere. Sudden death and freezing water have paralysed his sinews and fused his bones together. In one fluid movement she stands up, flicks back her tousled hair and pins it up with a brooch from her dress. Lobster recognises her, thinks "'she's the one who ate my dad''. Unknown feelings brew in him. Vengeance and desire make his flesh tingle in a way he's never felt before. He's attracted to this woman. He, a lobster, attracted to a woman. He comes closer, the better to see. The better to clarify this shocking situation. Angelina's beauty is enough to bring on fevers, and Lobster feels one mounting in him. His body heats up, but it doesn't stop his craving for vengeance. He doesn't know what to do for the first time he is being forced to use his reason, rather than his instinct. Angelina was so nervous, so frozen and exasperated by the stiffness of the corpse clutching at her life that she didn't notice Lobster's feelers brushing against her ankles."
La Sicile, hier, aujourd'hui ou demain. Un nouvel assassinat. Une femme. Une de plus. Une de trop. Dans toute l'Italie, des cortèges font silence. Des millions de femmes vêtues d'un T-shirt blanc taché de rouge. Des millions de taches sur des millions de c'urs. Des millions de silences, exprimant des millions de blessures. Des millions de femmes italiennes qui décident d'arrêter toute lessive tant que l'assassin sera en liberté. Fracassées les machines à laver, accumulés les vêtements sales. Une odeur rance de sueur suinte des maisons, se déverse dans les rues. La famille Leonetti: Valeria, la mère aimante, et ses deux enfants, Leo insaisissable, Angheli qui ne veut plus de son adolescence; Pasquale, le père, mutique, méthodique, inquiétant... Très vite, Linge sale bascule dans les apparences du roman noir quand Leo découvre une fortune en billets cachée au cul de la machine à laver défoncée. Et tandis que la crasse insidieuse, inéluctable, recouvre tout le pays, une famille éclate, se perd et se retrouve dans le sang et la mort.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...