Décadence : Homère. Décadence et modernité, Tome 1
Lebiez Marc
L'HARMATTAN
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EAN :9782747534413
Quand l'Histoire bascule, qu'un monde ancien meurt et qu'un monde nouveau apparaît, cette mort n'est jamais totale, cette nouveauté jamais radicale. Certaines coupures paraissent n'être que des pertes, comme lorsque la brillante culture antique laisse place au sombre Moyen-Age, ou de lumineuses créations, comme le miracle grec. Les uns redoutent la décadence tandis que les autres applaudissent à la modernité, sans voir que re sont parfois les mêmes faits qui tantôt effraient et tantôt enthousiasment. La fin de l'Empire romain n'est pas une décadence pure, ni le miracle grec une naissance absolue ; la réalité est plus complexe que les slogans ou les hantises. On ne peut négliger cette complexité, mais qui se fixe sur elle seule perd de vue la réalité des ruptures, recouverte qu'elle est par l'infinie poussière des faits. La pensée cède alors à un continuisme qui en est la négation ; tout est vrai mais on ne dit plus rien qui ait du sens. On tait ici le pari inverse et, sans ignorer ce qui persiste quand tout semble changer, on cherche en quel sens cela change. Nul ne doute que la réalité entrelace continuité et rupture, mais reste à décrire comment les articulations de l'Histoire sont pensées par ceux qui les vivent. Il n'est pas indifférent que la tin de l'Antiquité, notre archétype de la décadence, soit aussi l'époque qui inventa l'idée de modernité, ni que le livre fondateur de la culture grecque ait eu pour sujet la douloureuse prise de conscience que les civilisations sont mortelles. Ce ne sont pas que de curieux paradoxes, le sens de ces époques décisives s'est joué dans la conscience ainsi prise de leur historicité. Cette conscience a aussi poussé Homère à former une entreprise qui n'avait jamais eu d'exemple et qui devait avoir une infinité d'imitateurs, choisir parmi les légendes que lui avait transmises la tradition orale et, avec cette matière, écrire la première œuvre littéraire.
Nombre de pages
311
Date de parution
01/11/2003
Poids
390g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782747534413
Titre
Décadence : Homère. Décadence et modernité, Tome 1
ISBN
2747534413
Auteur
Lebiez Marc
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
390
Date de parution
20031101
Nombre de pages
311,00 €
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Chez Sophocle, la tragédie d'OEdipe vient de ce qu'il est sans-dieu. Ce souverain exemplaire n'est pas athée au sens d'une irréligiosité, il est même un modèle de piété. Mais, quoi qu'il fasse, les dieux se détournent de lui et le poussent à la faute. Il est athée en ce sens objectif. Ce sentiment d'être abandonné, Jésus lui-même l'a ressenti au Golgotha : vers la neuvième heure, il s'écria Eli, Eli, lama sabachtani, ce qui signifie : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? ". Brünnhilde aussi connaît ce triste sort d'être abandonnée par son divin père - et elle livre au feu la demeure des dieux. Pascal avait évoqué la "misère de l'homme sans dieu". Après Hölderlin et le romantisme allemand, et jusqu'à Nietzsche et Heidegger, ce délaissement serait perçu comme le tragique par excellence. D'autres allaient bâtir une théologie de la mort de Dieu. Si le sentiment du tragique mène à la catastrophe, est-ce vraiment notre destin ? Sommes-nous condamnés à ressentir l'absence de Dieu comme un manque ? Plutôt nous tourner vers Ernst Bloch et sa pensée de l'espérance !
PROCLOS, philosophe majeur célébré par HEGEL, vécut en adversaire désolé la victoire du christianisme, au Ve siècle. Avec lui, ou peu s'en faut, se clôt l'Antiquité. Il en fut aussi conscient qu'on peut l'être. Sa biographie, ici traduite, montre comment il tenta de lutter. Elle ne dit pas ce que, 1500 ans après, nous savons: à quel point le christianisme victorieux emprunta à celui qui, dans un gigantesque et ultime effort, avait récapitulé la totalité de la pensée grecque. Ce devait être une conclusion, ce fut un rebond. Ainsi voit-on comment, dans une époque de crise, le vieux et le neuf s'entremêlent.
La fin de l'Antiquité est plus que l'archétype de la décadence: une relation de synonymie s'est instaurée. Employé absolument, le mot décadence désigne cette époque, les autres lui étant assimilées par métaphore. Il serait donc vain de se demander s'il est justifié de qualifier ainsi ce que les historiens actuels préfèrent nommer "Antiquité tardive". S'y hasarderait-on, d'ailleurs, que les ouvrages de Montesquieu et de Gibbon seraient opposés au présomptueux. Ces classiques témoignent aussi de ce que la méditation sur le déclin et la chute de l'Empire romain est un des thèmes constitutifs de la conscience occidentale. On n'en peut donc contester le bien-fondé. Mais cette raison même justifie qu'on y regarde de plus près, pour évaluer la réalité de cette décadence sur le rejet de laquelle une large part de nos évidences se sont solidifiées, et aussi pour comprendre ce que l'on voulait rejeter en s'opposant à cela. Il est troublant que l'époque que nous appelons "la décadence" soit aussi celle qui inventa la notion et la revendication de modernité. Non par cette absence de lucidité qu'on attribue aux Byzantins à la veille de l'assaut turc, mais de la manière la plus consciente qui soit, dans les écrits des penseurs les moins indifférents à leur temps. C'est parfois cela même qui paraissait à certains des traits de décadence qui a été applaudi comme heureuse nouveauté. Les désaccords portaient moins sur la valeur de ceci ou de cela, que sur l'apparition d'une valeur que nul n'avait jamais défendue: la nouveauté. En disputant ainsi du progrès ou de la régression, on mit en ?uvre puis on développa le concept d'Histoire. Le sens de cette époque décisive s'est joué dans la conscience ainsi prise de son historicité. Quant à nous, c'est le sens de l'Histoire que nous cherchons dans une méditation sur cette époque-là.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...