Les continents sont des radeaux perdus. Tome 2, Le poids d'un nuage
Le Men Yvon
BRUNO DOUCEY
15,00 €
Epuisé
EAN :9782362291401
Un an après la publication d'Une île en terre, Yvon Le Men nous offre le second volume de sa trilogie, Le poids d'un nuage. L'heure n'est plus à l'espace clos de l'enfance, aux parents, aux voisins, mais aux fenêtres que l'on ouvre, aux portes que l'on pousse, aux vastes horizons que le regard embrasse. L'oiseau ne chante plus sur son arbre généalogique, il vole désormais à la rencontre du monde. "On grandit, On s'ouvre au dehors", écrit le poète dans les premières lignes du livre. Et de raconter cette ouverture qui passe par les paysages : ceux qui dessinent le ciel et la mer de Bretagne, les rivières, les visages ; plus encore peut-être, ceux que les peintres ont imagés ou rêvés, que les écrivains ont nommés et animés. Et que l'éditeur que je suis a semés sur des pages blanches pour que des yeux avides de récoltes s'en emparent.
Nombre de pages
144
Date de parution
05/01/2017
Poids
160g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782362291401
Titre
Les continents sont des radeaux perdus. Tome 2, Le poids d'un nuage
Auteur
Le Men Yvon
Editeur
BRUNO DOUCEY
Largeur
135
Poids
160
Date de parution
20170105
Nombre de pages
144,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Dans ce nouveau recueil de nouvelles, on ne peut s'empêcher de sourire aux aventures du narrateur à la jambe cassée, au bras dans le plâtre, à la langue bien pendue, aux amours qui avancent coeur baissé dans le mur, aux rencontres inattendues. Ces petites histoires croisent la grande; sans elles elle ne serait que langue de bois et de vipère. On passe du coq à l'âne, du feuilleton Plus belle la vie au Livre de Job, de l'inconnu du cinquième étage à une vedette de cinéma, du sourire d'un enfant de sept ans à celui d'une dame âgée de plus d'un siècle, d'une cour de récréation à une chambre d'hôpital. On croise les yeux bouleversants d'un vagabond en fin de route et ceux d'un aristocrate en fin de lignée, on les écoute, on les voit, on les aime. Ils sont nos frères humains qui vivent écartelés entre leurs existences et leurs rêves, et qui laissent traîner derrières leurs vies des légendes à la gueule de bois. Même dans les situations les plus prosaïques, le poème intervient pour nous empêcher de tomber dans le trou de notre vie. Il suffit de regarder plus haut plus loin. Mais juste à temps, comme le danseur s'envole au lieu de trébucher.
Ceux qui l'ont vécu vous le diront : voir un de ses propres poèmes traduit en langue des signes procure une émotion incomparable. C'est parce que j'ai vécu cette émotion que j'ai souhaité devenir l'éditeur de la première anthologie de poésie en langue des signes française. Ce livre et le DVD qui l'accompagne donnent à lire, à voir et à entendre cinquante poètes contemporains venus de tous les horizons. Une mosaïque vouée à la polyphonie des cultures et des voix. Les poètes de cette anthologie se trouvent reliés par une interprétation gestuelle devenue un acte poétique en soi. Les captations ? réalisées en studio ou lors de grands festivals de poésie, comme le festival Voix vives de méditerranée en méditerranée de Sète ou le festival de poésie de Saint-Martin d'Hères ? ne restituent pas seulement l'expressivité des textes. Elles étendent aussi le territoire du poème aux dimensions du corps, révélant une langue au-delà des mots. Cette émotion rare, je souhaite aujourd'hui la faire partager.
Pendant de longs mois, deux femmes de Nouvelle-Calédonie ont entretenu un dialogue par la poésie. Deux femmes de générations, de conditions et de couleurs de peau différentes, qui partagent la même terre et veulent parcourir ensemble les mêmes chemins de paix. Pour écrire ce livre, Déwé Gorodé et Imasango se sont rencontrées, tantôt chez l'une à Nouméa, tantôt chez l'autre à Ponérihouen, dont le nom en langue paicî désigne l'embouchure d'un fleuve. Les déchirures du pays, le deuil au seuil de la case, la lutte indépendantiste, les accords de Nouméa, la crainte de nouveaux conflits, la place des femmes, la sexualité "imposée ou non", l'éducation des enfants, la puissance tellurique de la Grande Terre, aucun sujet n'a été écarté, aucun tabou n'a fait taire leur "parole jumelle". C'est pour publier de tels livres que je suis devenu éditeur. Un appel à résister par la poésie.
Prononcez le mot Frontières et vous aurez aussitôt deux types de représentations à l'esprit. La première renvoie à l'image des postes de douane, des bornes, des murs, des barbelés, des lignes de séparation entre États que l'on traverse parfois au risque de sa vie. L'autre nous entraîne dans la géographie symbolique de l'existence humaine : frontières entre les vivants et les morts, entre réel et imaginaire, entre soi et l'autre, sans oublier ces seuils que l'on franchit jusqu'à son dernier souffle. La poésie n'est pas étrangère à tout cela. Qu'elle naisse des conflits frontaliers, en Ukraine ou ailleurs, ou explore les confins de l'âme humaine, elle sait tenir ensemble ce qui divise. Géopolitique et géopoétique se mêlent dans cette anthologie où cent douze poètes, hommes et femmes en équilibre sur la ligne de partage des nombres, franchissent les frontières leurs papiers à la main.