L'Homme et la Société N° 207, 2018/2 : L'Homme-machine. Tome 2, Du travailleur augmenté à l'homme au
Le Bot Florent ; Dard Olivier ; Dirdy Claude ; Dup
L'HARMATTAN
32,50 €
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EAN :9782343158730
Notre exploration des fantasmes idéologiques accompagnant la perpétuation du capitalisme se poursuit à travers ce dossier, et nous fait passer de l'utopie d'une production mécanisée toujours plus efficace où la machine libérerait l'humanité du travail (L'Homme-machine I), à la recherche de la vie éternelle dans la multiplication de thérapies, de disciplines, de prothèses et de big data visant à porter les corps et les esprits vers les sommets. Il reste à en analyser la portée, en interrogeant ce que ce fantasme de l'homme augmenté représente dans la justification actuelle du capitalisme et en revenant sur sa spécificité à l'égard de la fascination pour la machine. L'homme-machine et l'homme augmenté sont liés au travail et à la question récurrente : "le travail ou comment s'en débarrasser ? " La grande équation capitaliste de la machine se ramène aux gains de productivité liés à des combinaisons de facteurs de production nouvelles reposant sur la domestication de l'énergie dans le cadre d'un paradigme dominé par la physique. Cela nous a conduits à parler de "travailleur-machine" pour appréhender cette absorption du travailleur par la machine, mais aussi, en un sens, sa transformation en un "berger des machines". Le dossier invite à s'interroger sur le "décalage prométhéen" entre ce que les hommes savent faire techniquement et ce qu'ils sont en mesure de penser et de maîtriser moralement Passé un certain seuil, la capacité technique devient démesurée par rapport à la condition humaine et l'excède. Mais il s'agit également de réfléchir sur le transhumanisme comme un modèle de dépassement de l'humain qui, ce faisant, présuppose l'existence même d'une nature humaine qu'il entend transcender par l'initiative de ces capitaines d'industrie californiens défrayant la chronique de l'humanisme établi. Or, dans la perspective que s'efforce d'approfondir L'Homme & la Société, c'est l'hypothèse même d'une nature humaine qui reste à mettre en question, pour saisir le déploiement historique d'une humanité dont la nature profonde est de réveiller les potentialités qui y sommeillent en bouleversant ainsi continûment cette nature même.
Nombre de pages
290
Date de parution
28/09/2018
Poids
44g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782343158730
Titre
L'Homme et la Société N° 207, 2018/2 : L'Homme-machine. Tome 2, Du travailleur augmenté à l'homme au
Auteur
Le Bot Florent ; Dard Olivier ; Dirdy Claude ; Dup
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
44
Date de parution
20180928
Nombre de pages
290,00 €
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Durant le régime de Vichy, les spoliations antisémites ont concerné environ 50 000 biens de toute nature et ont impliqué l'engagement de l'administration française, mais aussi celui de la société. Comment se met en place l'adhésion à une politique d'exclusion ? Comment s'élaborent les mécanismes du rejet de l'autre, qu'il soit juif, étranger, concurrent sur le plan économique ? Plus largement, quelles relations peut-on établir entre crises économiques et crises politiques ? Quel rôle ont exercé les classes moyennes patronales ? Un processus réactionnaire s'élabore, se construit, se fabrique. Pour en décrire les étapes, les contours, les facteurs d'explication, Florent Le Bot prend le parti de s'intéresser au monde du cuir. Il aboutit au constat que l'engagement d'une partie des professionnels dans la spoliation de leurs confrères juifs s'inscrit dans un rejet plus ancien et plus profond des mutations de l'économie, imputées dès les années 1930 à quelques grands groupes désignés comme " juifs " (les Chaussures André), stigmatisés comme étrangers (le groupe Bata), ou aux artisans juifs originaires d'Europe de l'Est. Les revendications protectionnistes, à tonalité xénophobe et antisémite, les postures réactionnaires d'opposition à la modernisation industrielle dessinent ainsi une ligne de continuité, des années 1930 aux années 1950, et ce malgré la réalité des restitutions de biens spoliés après guerre. En mêlant histoire politique, économique et sociale, ce livre permet de comprendre les mouvements de fond de la société française à la veille des Trente Glorieuses.
Les articles proposés dans ce dossier travaillent l'analogie entre l'homme et la machine. La machine y apparaît non dans ses usages pratiques, en tant qu'objet technique de production, mais comme miroir des désirs, des fantasmes et des cauchemars humains. Ce faisant, la machine participe d'un dispositif social dont l'étude permet de dégager des ressorts de violence et de domination que l'on sait à l'oeuvre dans les rapports humains en général, dans ceux du genre en particulier. La femme-machine, objet de tous les fantasmes, représente ainsi l'acmé de ce dispositif. La machine qui semble pourtant concrétiser le vieux rêve conservateur de l'homme de survivre à son obsolescence programmée, sera-t-elle en fait l'outil résolu de sa perte ?
L'ENS Cachan entre dans son second siècle. Fondée en 1912, pour former les professeurs de l'enseignement technique, l'Ecole normale de l'enseignement technique (ENET) devient "supérieure" en 1932 (ENSET), puis intègre en 1985 le cercle prestigieux des grandes écoles en se transformant en Ecole normale supérieure. Cet ouvrage rend compte des évolutions de cette institution dont l'histoire reflète à la fois celles du système éducatif mais aussi celles de la société française tout entière. Caractérisées par leur pluridisciplinarité et leur interdisciplinarité ainsi que par la volonté de ne jamais se couper de la réalité matérielle, sociale et économique, les formations sont sans cesse soumises à des restructurations qui ne sont pas exemptes de contradictions. Ainsi, l'ambition d'excellence et le glissement vers le sommet du dispositif scolaire se paient de l'éloignement progressif de la mission de formation initiale des enseignants du secondaire au profit de la formation à la recherche. En même temps, ces caractéristiques confèrent à l'Ecole des potentialités créatrices qui lui permettent de transcender les frontières traditionnelles des disciplines académiques et de mieux répondre aux problématiques scientifiques contemporaines. Sa réussite et son rayonnement international lui valent de servir de modèle pour la création d'établissements similaires dans une vingtaine de pays. En abordant quelques-unes des questions qui tissent l'histoire de l'ENS Cachan, ce livre croise en même temps des enjeux essentiels pour la France du XXIe siècle.
Ce numéro s'intéresse aux relations entre ingénieurs et entreprises. En questionnant les différentes figures de l'ingénieur, il permet une approche originale de l'entreprise dans ses fonctionnements les plus intimes. La question des relations entre ingénieurs et entreprises est au c'ur des préoccupations des écoles qui les forment, des entreprises qui en emploient et des réseaux qui les fédèrent. Le sujet est propre à dessiner le portrait changeant, au gré des contextes et des situations historiques, des figures de l'ingénieur. Il offre aussi l'opportunité d'approcher l'entreprise dans ses fonctionnements les plus intimes, en suivant en cela une perspective originale : s'interroger sur ce qu'est un ingénieur (sous-entendu notamment : que fait-il ? à quoi sert-il ?) revient peu ou prou à s'interroger sur ce qui fait une entreprise.