Quand vous tirez sur le fil d'un vêtement, il arrive que vous reconstituiez toute la pelote. Le problème, c'est que du vêtement, il ne reste plus grand-chose... C'est ce qui est arrivé à deux reprises à Henry Blain. Ce modeste journaliste d'un tout aussi modeste quotidien a eu la malencontreuse idée d'enquêter sur deux peintures murales dans Bruxelles. Une ancienne réclame pour un vermouth et un dinosaure aux couleurs fantaisistes, destiné à égayer un jardin. Avec opiniâtreté, l'homme a entrepris de réécrire l'histoire de ces deux oeuvres oubliées. Ce faisant, il est allé de découverte en découverte. Et les fils sur lesquels il avait ingénument tiré au départ l'ont amené à défaire des trames de plus en plus complexes, aux conséquences de plus en plus lourdes. Jusqu'à réexhumer un, puis deux meurtres et formuler de nouvelles hypothèses sur un des plus tragiques assassinats politiques du siècle passé. Sous ce titre intrigant, Michel Lauwers nous donne un roman multiple. Au centre du récit, un journaliste mène une enquête singulière. Fasciné par le travail des pignonistes, ces artistes qui peignaient jadis des publicités sur les murs aveugles des maisons, il a convaincu sa rédaction de lui offrir un espace pour une série darticles illustrés de photos. Cet univers passionnant en voie de disparition justifierait à lui seul de servir d'arrière-fond tant il est riche et révélateur d'une époque révolue dont ne subsistent souvent que des ombres murales. Mais notre reporter s'intéresse à bien des choses, notamment à son propre passé familial dans une maison bruxelloise. Là aussi, il est question de peintures murales et plus particulièrement d'un dinosaure réalisé par un ami de la famille sur le mur du jardin. Son reportage est prétexte à un détour pour en tirer quelques clichés et faire remonter les souvenirs qui déboulent avec un lot de questions sur la présence de cette artiste dans l'intimité de la famille, sur sa brusque disparition. Le reportage tourne à l'enquête et il découvre vite qu'il est plus difficile d'obtenir des confidences des siens que d'un quidam honoré par les questions d'un journaliste. Et puis parallèlement, son reportage sur les pignons publicitaires prend une tournure inattendue. Sa curiosité a été attirée par une imperfection dans le dessin qui lui ouvre la porte d'une recherche plus palpitante encore. Et Kennedy dans tout cela ? Emmené par son besoin vital de vérité, le journaliste est entraîné dans un labyrinthe où il n'y pas plus place pour les rêves d'enfance mais bien pour ceux, brisés, qui entouraient le personnage de JFK. Il découvrira, d'abord incrédule, qu'il y a des secrets bien dangereux à remuer er qu'une fois des portes poussées, il n'est plus possible de les refermer. Lui-même journaliste professionnel, Michel Lauwers est fin conteur. Avec ce cinquième roman à l'écriture soignée et élégante, il affirme mieux encore ses talents d'écrivain. S'appuyant sur une documentation sans faille, il manie le suspense avec art jusqu'à la dernière ligne, sans nous donner de répit. Mais l'auteur puise aussi dans ses souvenirs personnels les plus intimes, qu'il n'hésite pas à mêler à la fiction toutes défenses abattues. Ce mélange des genres, qui représente un défi évident, confère au texte une tonalité unique, celle que dégagent les oeuvres par lesquelles un écrivain sort de sa zone de confort et nous livre une précieuse part d'humanité.
Nombre de pages
261
Date de parution
07/04/2021
Poids
280g
Plus d'informations
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EAN
9782930657653
Titre
Kennedy et le dinosaure
Auteur
Michel Lauwers
Editeur
MURMURE SOIRS
Largeur
0
Poids
280
Date de parution
20210407
Nombre de pages
261,00 €
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Biographie de l'auteur La société antique tenait ses morts à bonne distance de la cité, enfermés dans de vastes nécropoles ou dans des mausolées familiaux, le long des routes. Au Moyen Age, les morts furent au contraire attirés au cur de l'habitat et ensevelis, le plus souvent de manière collective et anonyme, dans des terrains protégés que la population labourait et retournait régulièrement. Ces lieux, auxquels fut bientôt donné le nom de "cimetières", accueillaient aussi des artisans dans leurs ateliers, des marchands dans leurs échoppes, des spectacles et des jeux, ou encore des assemblées de justice. La cohabitation entre les vivants et les morts constitue assurément l'un des traits originaux de la société médiévale. Dans les villages et les villes, la terre funéraire mêlée des restes des défunts jouxtait les édifices de culte solennellement consacrés par les autorités ecclésiastiques et, au terme d'un long processus dont ce livre retrace l'histoire, elle devint, tout comme l'église, un espace sacré. Ce phénomène d'ancrage de la communauté des vivants dans la terre sacrée des morts, sous la surveillance des clercs, manifeste le rôle fondamental joué par l'Eglise dans l'organisation de la société occidentale et dans l'élaboration d'un ordre nouveau, fondé sur le sacré, la terre et les morts.
Historiens et archéologues interrogent l'ensemble du processus de production, d'accumulation et de redistribution des grains dans lequel s'inscrivaient les pratiques de stockage au Moyen Age et à l'Epoque moderne. Dépôt saisonnier des fruits de la récolte, lié au cycle annuel de la consommation, ou formes de stockage plus durable, offrant la perspective d'un usage différé des produits de la terre : les dispositifs de mise en réserve des céréales, qui constituaient la base de l'alimentation dans les sociétés occidentales du passé, ainsi qu'un important levier de mobilisation et de circulation des richesses, représentent une dimension essentielle des économies anciennes. Les contributions d'historiens et d'archéologues, spécialistes des époques médiévale et moderne, qui sont réunies dans cet ouvrage, s'attachent à l'ensemble du processus de production, d'accumulation et de redistribution des grains dans lequel s'inscrivaient les pratiques de stockage. Il y est tout à la fois question des techniques de conservation des céréales et des structures de dépôt, silos, granges, greniers ou entrepôts, des politiques et des réseaux d'approvisionnement, ainsi que des institutions sociales liées à la mise en réserve des fruits du labeur humain. Cet ouvrage propose ainsi un premier panorama des problématiques et des connaissances relatives au stockage des céréales dans l'Occident médiéval et moderne.
Ce livre ne parle pas de la mort. N'y a-t-il pas quelques illusions à croire que les historiens puissent avoir prise sur une réalité dont les contours mêmes, mouvants, se sont transformés au fil du temps ? La recherche de Michel Lauwers porte sur les configurations sociales dans lesquelles les relations entre les vivants et les défunts se sont trouvées enchâssées. Celles-ci se sont transformées au cours des siècles. Et, à cet égard, la fin du Moyen Age représente un tournant décisif : elle marque précisément le repli des morts et la découverte de la Mort. Le génie du christianisme médiéval tient au fait qu'il procéda simultanément à la spiritualisation et à la spatialisation du culte des morts : une entreprise bien éloignée des réflexions d'Augustin, mais qui permit à l'institution ecclésiale d'investir la société.
Iogna-Prat Dominique ; Lauwers Michel ; Mazel Flor
La fondation de Cluny le 11 septembre 910, par le duc Guillaume le Pieux et son épouse Engelberge, puis l'important rayonnement de ses abbés ouvrent un nouveau chapitre de l'histoire de l'Eglise et de la société en Occident. Les moines bénédictins étaient alors investis d'une véritable fonction sociale et toute étude du monachisme à l'époque féodale conduit à s'interroger de manière large sur l'organisation de la société et des pouvoirs, comme sur les productions matérielles et culturelles. En 2010, le XIe centenaire de la fondation de l'abbaye fut l'occasion d'explorer ces différentes dimensions, dans le cadre de plusieurs colloque, en redonnant toute sa place à l'institution ecclésiale dans la structuration de la société, au cours d'une ample séquence chronologique, depuis la fin de l'Empire carolingien jusqu'à la grande réforme de l'Eglise des XIe-XIIe siècles. L'ouvrage se déploie en trois volets. Une première partie est consacrée au monachisme comme facteur de transformations de l'Eglise sur son versant institutionnel, comme dans ses productions culturelles. La deuxième partie s'intéresse au rôle des moines dans l'émergence du monde féodal, aux dispositifs idéologiques et sociaux mis en forme par une institution monastique qui était à la fois une église et une seigneurie, à travers un tour d'horizon qui prend en considération les réalités régionale, de la Bourgogne jusqu'au Sud et à l'Ouest de l'ancienne Gaule. La troisième et dernière partie rend compte de la dimension monumentale que prit l'Eglise alors que se recomposaient les configurations spatiales et territoriales. Les contributions de ce volume permettent ainsi de rompre avec une histoire clunisienne longtemps aspirée par le seul "grand Cluny" des années 1100-1150 et de dépasser les apories des discussions sur le "tournant de l'an Mil" pour revenir à la chronologie longue du "premier âge féodal" de Marc Bloch.
Taklamakan, immense désert aux confins de la Chine avec ses cités enfouies sous les sables depuis l'abandon de l'antique Route de la soie. Marc Debruyn, un linguiste belge, y fait une découverte qui fait grand bruit : des manuscrits dans une langue inconnue qu'il parvient à déchiffrer. Rencontre improbable, il est approché par Chloé ; cette jeune Américaine a consommé un médicament qui l'a plongée dans une immense détresse psychique et elle croit que les textes du Taklamakan la mettront sur le chemin de la guérison. Marc, lui, rêve de retrouver les auteurs de ces écrits, le mystérieux peuple celte qui a traversé toute l'Eurasie pour s'établir, il y a quatre millénaires, aux portes de l'empire du Milieu : les Tokhariens. Se sont-ils tous fondus dans le peuple Ouïghour ou quelques-uns subsistent-ils dans une vallée perdue ? Ensemble, Marc et Chloé partiront au Taklamakan. Un parcours avec ses déboires, ses tribulations, ses doutes, ses surprises et ses épreuves, un parcours qui va les transformer et leur permettre d'atteindre ce que l'un et l'autre cherchent depuis l'adolescence. Faut-il un Taklamakan pour se révéler à soi-même ?