La mesure du développement. Des indicateurs en question
Lautier Marc ; Vernières Michel
KARTHALA
22,00 €
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EAN :9782811119294
La mesure du développement a de tout temps fait l'objet de débats. Ceux-ci ont été relancés par l'accent désormais mis sur la soutenabilité du développement dans un contexte de mondialisation accentuée. Les limites des indicateurs les plus anciens et utilisés sont de plus en plus soulignées. Dès lors de nouveaux indicateurs, souvent plus complexes, sont élaborés pour prendre en compte des facteurs essentiels du développement de nos sociétés tels que l'éducation, la culture et l'environnement. Mais, quels que soient les indicateurs retenus, cet accent croissant mis sur la mesure tend à en faire une question purement technique. C'est oublier qu'ils reposent sur des hypothèses particulières issues de visions différentes du développement qui impliquent des choix politiques. Leurs caractéristiques techniques ne doivent pas occulter l'indispensable débat public qu'impose leur utilisation pour l'élaboration et l'évaluation des politiques de développement. Les contributions de cet ouvrage pluridisciplinaire, qui mobilise une vaste expertise, s'inscrivent dans cette perspective critique. Il invite dans une première partie à des réexamens et des renouvellements de la mesure et des indicateurs sur laquelle elle repose. La pertinence et les limites d'indicateurs traditionnels sont notamment interrogées par des confrontations à des contextes spécifiques. La deuxième partie propose et analyse de nouveaux indicateurs qui visent à mesurer des phénomènes plus complexes, souvent qualitatifs, aux rôles décisifs dans les processus de développement.
Nombre de pages
212
Date de parution
01/03/2018
Poids
370g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782811119294
Auteur
Lautier Marc ; Vernières Michel
Editeur
KARTHALA
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160
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20180301
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Lautier Marc ; Charles Léo ; Diaw Diadié ; Gérardi
Une grande partie de la population mondiale vit dans un pays qui est plus inégalitaire aujourd'hui qu'il ne l'était au siècle précédent. Contrairement à l'hypothèse de Kuznets, on observe une augmentation des inégalités dans le monde en développement. La mondialisation et les bouleversements de l'environnement international ont facilité une accélération de la croissance mais, surtout, la différenciation des trajectoires économiques des pays en développement. Certains pays se re-primarisent, d'autres accélèrent leur rattrapage technologique et leur modernisation. Ces inégalités économiques se combinent à des inégalités sociales et écologiques majeures, au dépend des populations déjà les plus fragiles. Les contributions de cet ouvrage mobilisent une expertise pluridimensionnelle qui met à jour les dynamiques contemporaines des inégalités et leurs multiples dimensions, dans une perspective globale. Ce livre s'inscrit dans une démarche comparative en étudiant les trajectoires des inégalités dans différents pays du monde et propose des analyses plus fines sur des dimensions spécifiques des inégalités et de leurs reproductions.
Malgré un mauvais démarrage lors des indépendances, l'Asie du Sud-Est a déjoué les pronostics et rejoint dans les années 1980 le "vol des oies sauvages" de la croissance asiatique. Peuplés de 600 millions d'habitants, les dix pays qui composent cette région charnière entre l'Inde et la Chine sont en effet engagés sur une trajectoire de croissance forte et bien plus rapide que celle des autres régions du monde, à l'exception de la Chine. Cette progression est d'autant plus étonnante que, dans les années 1950, ces pays avaient un niveau de revenu proche de celui de l'Afrique subsaharienne, des institutions souvent défaillantes et des spécialisations primaires fragiles. Ni la géographie, ni l'ouverture de ces économies, ni la gouvernance n'expliquent l'essor de l'Asie du Sud-Est, qui a tiré parti de sa position de carrefour de la mondialisation parce qu'elle avait engagé les transformations structurelles indispensables au développement et à l'industrialisation. Dans leur diversité, ces expériences offrent des enseignements aux pays d'Afrique, d'Amérique latine ou du Moyen-Orient qui, à partir de conditions initiales similaires, ne sont pas parvenus à diversifier leurs économies. Ce livre présente les trajectoires des économies d'Asie du Sud-Est dans une perspective historique et examine les changements institutionnels et démographiques. Il analyse la dynamique d'internationalisation, l'impact de la colonisation européenne, les relations avec les Etats-Unis, le Japon puis la Chine, ainsi que les processus d'intégration régionale.
Alors que la reprise se fait attendre en Europe et aux Etats-Unis où l'on redoute une stagnation séculaire, les économies émergentes d'Asie - de Séoul à Delhi - continuent de progresser. Quels sont les ressorts de ces dynamiques ? Existe-t-il un " modèle " asiatique de développement ? La montée en puissance de la Chine empêche-t-elle tout rattrapage ? La trajectoire de l'Inde illustre-t-elle l'existence d'une alternative à l'industrialisation ? Quels défis rencontre désormais la poursuite de la croissance en Asie ?Après avoir replacé l'émergence de l'Asie dans la longue durée, cet ouvrage présente son socle institutionnel qui, inspiré des expériences d'industrialisation tardive du XIXe siècle, encadre le dynamisme du marché pour atteindre les objectifs de l'Etat. Il analyse les changements de spécialisation industrielle qui fondent le " vol des oies sauvages " et l'irruption de l'Asie dans l'économie mondiale. Les auteurs examinent ensuite les processus d'intégration régionale et de creusement des inégalités liées à ces développements, les plus rapides de l'Histoire.
Malgré un mauvais démarrage lors des indépendances, l'Asie du Sud-Est a déjoué les pronostics et rejoint dans les années 1980 le "vol d'oies sauvages" de la croissance asiatique. Peuplés de 600 millions d'habitants, les onze pays qui composent cette région charnière entre l'Inde et la Chine sont en effet engagés sur une trajectoire de croissance forte et bien plus rapide que celle des autres régions du monde, à l'exception de la Chine. Cette progression est d'autant plus étonnante que, dans les années 1950, ces pays avaient un niveau de revenu proche de celui de l'Afrique subsaharienne, des institutions souvent défaillantes et des spécialisations primaires fragiles. En outre, la région était déchirée par de nombreux conflits. Ni la géographie, ni l'ouverture de ces économies aux investissements et aux échanges ne suffisent à rendre compte de la dynamique de la région où, hormis Singapour, la qualité de la gouvernante a été médiocre. Aucun miracle n'explique l'essor de l'Asie du Sud-Est qui a tiré parti de sa position de carrefour de la mondialisation parce qu'elle avait engagé les transformations structurelles indispensables au développement. Dans leur diversité, ces expériences offrent des enseignements aux pays d'Afrique, d'Amérique latine ou du Moyen-Orient qui, à partir de conditions initiales similaires, n'ont pas réussi à diversifier leurs économies.
Paul Blanquart (1934-2024) est né dans le Nord dans une famille marquée par le christianisme social dont il a hérité sa vocation militante. Il entre en 1955 chez les dominicains, parce que certains d'entre eux avaient soutenu les prêtres-ouvriers condamnés par Rome en 1954. Il y voyait une alternative à l'Église institutionnelle et cherchait surtout une réponse existentielle à ce qu'il ne trouvait pas de manière satisfaisante dans le marxisme dont il s'est toujours revendiqué mais dans une perspective chrétienne et prophétique : la fraternité. Après ses études au Saulchoir et son service militaire en pleine guerre d'Algérie, Paul Blanquart enseigne quelque temps à la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris et participe à la « prise de parole » de mai 1968 tout en s'intéressant de près aux événements révolutionnaires de l'Amérique latine, notamment au Brésil et à Cuba. Il entendait promouvoir le rôle spécifique des chrétiens dans les luttes révolutionnaires. En 1973, Paul Blanquard est poussé à interrompre ses cours à l'Institut catholique de Paris, en raison d'oppositions. Il travaille alors comme rédacteur en chef adjoint à Politique Hebdo et participe à la création de La Gueule ouverte. Puis, après avoir dirigé le Centre de création industrielle de Beaubourg (1982-1984), il enseigne la sociologie à l'Université Paris-XII. Esprit brillant, homme de grande culture, militant résolu, passionné de rencontres, il s'engage dans l'éducation populaire et l'écologie en mettant en garde contre un monde dominé par la connivence entre technologies et hiérarchies au détriment de la fraternité. D'où son engagement dans la Fondation Un monde par tous pour promouvoir une culture qui ne soit pas coupée de la nature, une politique qui ne soit pas simple gestion technocratique et une économie qui ne se réduise pas à la valeur marchandise. Les textes présentés ici visent à faire connaître son engagement et cette pensée originale qui n'a pas toujours été bien comprise, notamment dans sa défense du « Dieu » d'Abraham et des prophètes qui marche à nos côtés en rupture avec le « Dieu » des institutions ecclésiastiques et des appareils technocratiques... Marginalisé par plusieurs institutions, il s'est toujours revendiqué « chrétien et dominicain », éveilleur de consciences, à la fois provocateur et homme de fraternité.