C'est sur un tempo lent, une flânerie sensible mais savante aussi. C'est un prélèvement musardier, aigu encore, comme un herbier d'émotions, d'inclinations et qui coupe l'histoire du saxophone ténor : presque d'un Freeman l'autre (de Bud à Chico) ; plus précisément : de Coleman Hawkins à David Murray ; un éventail de cinquante-trois portraits où le plus chaleureux et neuf du cuivre en Si bémol se trouve présent. Une déambulation (walkin' or strollin') sur cinquante ans où s'intriquent délicatesse et rugosité, styles et styles ajoutés comme des positions amoureuses multipliées, diverses, intransitives que l'écriture accoste, accompagne, courtise et ressaisit absolument. Le ténor, cette tendance secrète, cette pudeur caressante du ténor, vous l'entendez ici. La ballade, la lumière douce dans l'âge entier de l'instrument. Eclairages intimes ; tamisages de proses nettes qui savent si bien balancer, swinguer la mélodie dans le treillis des mots. Ici le ténor est lu au filtre de l'alentissement, l'instrument-roi s'écoute en camaïeu de son essentielle couleur. Blue Notes étirées, embrassées, chuchotées, vous les entendez, à cette propre respiration, tempos lents, pour ténors, pour le coeur du plaisir : car au meilleur faire le jazz comme l'amour appelle l'attention à la peau, sa respiration - la lenteur.
Nombre de pages
208
Date de parution
01/03/1989
Poids
358g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782867441400
Titre
Ballades. Tempos lents pour ténors
Auteur
Laurans Jacques
Editeur
POL
Largeur
155
Poids
358
Date de parution
19890301
Nombre de pages
208,00 €
Disponibilité
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Cela se passait vers la fin d'un mois d'août. Nous étions proches d'un soir de pleine lune et la nuit, à cette date, ne semblait plus tout à fait la nuit. L'air était doux, bercé par quelques ombres végétales tandis qu'au loin des barques de pêcheurs tremblaient sur l'eau comme de petites étoiles frileuses. Dans le vaste salon de la villa, j'avais remarqué une des toiles récentes de Pierre Soulages ; j'entends par là celles qui ne laissent plus au blanc la moindre chance de tirer un seul éclat, le moindre appui. Maintenant, le noir souverain est tout autant couleur que reflet, matière que vibration, conjugaison de l'apparence et de l'enracinement. Et, comme surpris par mon propre discernement, je découvrais le lien fondamental, essentiel ? de nature, devrais-je mieux dire ? unissant l'oeuvre à la source des éléments.
Père éternel est une lecture, une libre interprétation, critique et poétique, du film de Yasujiro Ozu, Il était un père. Ce texte, qui ne s'écarte guère du cours du film, ni des éléments de sa mise en scène, tente ainsi de se maintenir au plus près du récit et au coeur de son sujet. Pour l'essentiel, il s'agit d'abord d'un regard de spectateur s'attachant à voir, puis à entrer en résonance avec les moindres signes qui, d'un plan à un autre, puis d'une séquence à l'autre, composent cet admirable tableau de l'amour filial, de l'amour du père, dans toute sa grandeur et sa transparence humaine. En 2012, Jacques Laurans a obtenu, pour l'écriture de ce texte, une bourse de "résidence" du Centre National du Livre.
La beauté du geste est un livre de souvenirs et de questions. La figure centrale est celle du père, évoqué après sa mort dans ses gestes familiers, écartant la parole. "Mon père aussi peu découvert que ces hommes sans visage et sans nom." L'écriture s'accorde alors au creux d'un silence. Il y a dans ce récit la beauté d'un geste réduit malgré lui à la distance par le mutisme, la maladie et la disparition. Jacques Laurans n'espére pas atteindre une vérité sur son père, il a seulement cherché son visage - et tout son être - à travers le cours d'une souffrance silencieuse et sans répit. Ce qu'il appelle "La beauté du geste".
Ce coffret contient les deux films documentaires et autobiographiques réalisés par Paul Otchakovsky-Laurens. Dans son premier film Sablé-sur-Sarthe, Sarthe, Paul Otchakovsky-Laurens raconte son enfance dans cette petite ville. On lui a imposé le silence. Il partage son secret. Avec notamment Marie Chaix, Anne Devauchelle et Jean-Paul Hirsch. Images : Emmelene Landon. Éditeur, le deuxième film de Paul Otchakovsky-Laurens, met en scène les raisons singulières pour lesquelles il exerce son métier. Sa vérité. Avec Jocelyne Desverchère et Antony Moreau, et la participation notamment d'Emmanuelle Bayamack-Tam, Olivier Cadiot, Antonie Delebecque, Paul Fournel, Kiko Herrero, Jean-Paul Hirsch, Vibeke Madsen, Michel Manière, Serge Ramon, Julie Wolkenstein.
Collobert Danielle ; Faye Jean-Pierre ; Morvan Fra
Ce premier volume des ?uvres de Danielle Collobert reprend tous les livres publiés de son vivant et aujourd'hui épuisés: Meurtre, 1964; Dire I et II, 1972; Il donc, 1976; Survie, 1978
Rencontrer un meurtrier, un homme de la même matière humaine que soi, le côtoyer du lundi au vendredi, constater sa dangerosité, être sidérée, avoir peur, croiser réalités et fictions, penser aux ouvrages de Stephen King, relire L'Etranger d'Albert Camus, se souvenir de L'Adversaire d'Emmanuel Carrère, lu quelques années plus tôt. Ici cependant, l'assassin n'est pas en prison, derrière des barreaux. Lire. Prendre le parti de la littérature. Ecrire soi-même pour tenter de comprendre".
Les silos détruits, tout devenait possible, rien n'empêcherait plus Beyrouth de sombrer dans les ténèbres. J'ai ressorti une carte de la ville. Elle est dépliée par terre depuis des semaines. Je mesure les distances. L'appartement de mes parents est à 825 mètres des silos du port. La maison de ma grand-mère, rue Pasteur, à 650 mètres. Sahar, elle, était sur le quai. Elle a filmé la dernière scène.