Si le XVIIIe siècle avait développé l?idée du génie comme une faculté possédée ou non par un artiste, c?est véritablement au cours de la première moitié du XIXe siècle que s?opère une redéfinition profonde de ce concept via l?incarnation de l?idée : le poète ou le peintre devinrent ce génie. Cette évolution du terme fut conditionnée par la diffusion du savoir, mais aussi par les bouleversements politiques au lendemain de la Révolution française. La société du Consulat, régime d?origine militaire en quête de pacification, nécessitait d?autres formes de "grandeurs" que les seuls hauts faits militaires ; la figure de l?artiste d?exception répondait parfaitement à ce nouveau type de modèles glorieux et intégrait de fait les murs du Salon, les carrefours, où les pages des revues illustrées. L?objet du présent ouvrage est ainsi d?identifier les différents codes de représentation permettant de rendre compte du caractère exceptionnel de l?artiste figuré. Depuis l?Antiquité, la solution la plus fréquemment choisie était le recours à l?allégorie, ou à la muse, afin de symboliser la discipline dans laquelle l?artiste s?illustrait. A partir du XIXe siècle, la personnification du génie devait nécessairement rénover cette tradition ainsi que celle, plus générale, de l?image de l?artiste. Il s?agit donc dans cet essai de discerner les typologies de représentation mises au point par les artistes de la génération romantique pour susciter la vénération des génies anciens et présents par la peinture et l?estampe populaire. Dans une approche pluridisciplinaire, l?impact visuel des théories artistiques, mais aussi politiques, sociales, philosophiques, ou même médicales du temps sont autant de pistes empruntées afin de décrypter l?émergence des mythes usuels associés à l?esprit créateur tels la précocité de l?artiste, son amour inconditionnel de la grâce, la souffrance intérieure ou la légendaire folie de l?artiste.
Nombre de pages
510
Date de parution
07/01/2016
Poids
2 252g
Largeur
216mm
Plus d'informations
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EAN
9782840509516
Titre
Figures du génie dans l'art français (1802-1855)
Auteur
Laugée Thierry ; Jobert Barthélémy
Editeur
SUP
Largeur
216
Poids
2252
Date de parution
20160107
Nombre de pages
510,00 €
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Les animaux peuvent-ils penser ?? Ont-ils des sentiments ?? Une morale, même ?? Ces questions, qui nourrissent aujourd'hui de brûlants débats de société, faisaient déjà l'objet de vives controverses à l'aube du xxe siècle. Aux Etats-Unis, elles furent introduites auprès du grand public par un illustrateur et écrivain immensément populaire : Ernest Thompson Seton, qui fut, avec Jack London, le propagateur d'une nouvelle perception du règne animal. Précurseur dans la sensibilisation des masses à la nécessité de protéger les espaces naturels, créateur d'un genre littéraire à succès, la biographie animalière, il a irrévocablement transformé le regard que nous portons sur les autres espèces vivantes, leur sensibilité et leur intelligence. Des vastes forêts du Manitoba au zoo de New York, en passant par l'Ecole des Beaux-Arts et le Muséum d'histoire naturelle à Paris, ce dessinateur, trappeur et promeneur a raconté et peint la vie des loups, ours, coyotes, cerfs, oiseaux et autres créatures sauvages de l'Ouest américain. Aucune étude n'avait encore été consacrée en France à cet artiste pionnier, adulé aux Etats-Unis, admiré par Tolstoï et Walt Disney, qui sut faire de la sensibilité animale un objet esthétique, littéraire et scientifique. Maître de conférences en histoire de l'art contemporain et chercheur au Centre André Chastel (CNRS/Sorbonne Université), Thierry Laugée a notamment écrit Des images pour l'animal. Instruction visuelle et conservation des espèces dans l'Etat de New York (1869-1914) (Presses universitaires de Strasbourg, 2022).
L'Etat de New York occupa, à la fin du xixe siècle, un rôle central dans la croisade nationale pour la cause animale. Afin de sensibiliser la population à la conservation des espèces, les muséums américains repensèrent les collections et les expositions en les rendant populaires et éducatives. L'American Museum of Natural History fut l'un des principaux promoteurs de ces nouvelles images pour l'animal. L'Etat de New York occupa, à la fin du xixe siècle, un rôle central dans la croisade nationale pour la cause animale. Afin de sensibiliser la population à la conservation des espèces, les muséums américains repensèrent les collections et les expositions en les rendant populaires et éducatives. L'American Museum of Natural History fut l'un des principaux promoteurs de ces nouvelles images pour l'animal. Révélant l'importance de médiums mineurs, comme la photographie ornithologique ou la taxidermie, cette histoire du patrimoine scientifique est également celle d'un militantisme fondé sur la beauté du vivant, pour la protection des espèces.
Sculpteur et statuaire de renom, Pierre Jean David dit David d'Angers (1788-1856) a illustré avec brio l'esprit de son époque à travers des genres variés: monuments, tombeaux, statues, bustes médaillons et bas-reliefs. Dans les années 1830, il entreprend de préserver pour la postérité les traits des "grands hommes" de la monarchie de Juillet, politiques, savants, hommes de lettres et artistes, en une galerie de médaillons sculptés. Défile ainsi la société romantique: Chateaubriand, Géricault, Goethe rencontré à Weimar, l'historien Michelet, la famille Hugo, l'anatomiste Cuvier, Honoré de Balzac, le chimiste Chevreul, George Sand, et quelques portraits rétrospectifs, comme le Bonaparte échevelé qui modèle autant qu'il illustre la légende napoléonienne. Inspiré par la physiognomonie et la phrénologie, David d'Angers fait du visage une composition dont chaque détail prétend traduire scientifiquement le caractère, l'âme et la vérité du sujet. En 1844 le sculpteur, fait don au cabinet des médailles de ses originaux en plâtre "brillants de vie et de génie" et des moules utilisés pour leur confection.
Delacroix à la mode. Ingres moins en faveur", constate Maurice Denis soixante-dix ans après la disparition d'Eugène Delacroix. Acteur majeur de la postérité de Delacroix durant l'entre-deux-guerres, Denis appartient à la première génération d'artistes à avoir eu accès dès sa jeunesse aux écrits du maître, avec la première publication de ses lettres, puis celle de son Journal en 1893. Le peintre-écrivain fut même un modèle pour lui, notamment pour ses propres écrits théoriques, ce qui lui fait déclarer en 1931 : "Je me connais en Delacroix". Membre fondateur et président de la Société des amis d'Eugène Delacroix créée en 1929 pour sauver l'atelier du maître de Saint-Sulpice, place de Fürstenberg à Paris, Denis occupe ensuite le premier poste de conservateur du musée inauguré en 1932. Considérant ce statut comme une mission, il prend par conséquent à maintes reprises la parole et la plume pour propager son admiration. Le présent ouvrage propose une anthologie des textes de Denis sur Delacroix, manuscrits, conférences et articles rédigés essentiellement dans les quinze dernières années de sa vie. Denis y brosse un portrait personnel de Delacroix, différent de l'historiographie usuelle. Si Paul Signac avait fait de Delacroix un jeune révolutionnaire précurseur du néo-impressionnisme, Denis dévoile un artiste mature devenu "classique", un dessinateur, un décorateur, et un peintre religieux, en somme, un autoportrait encreux.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Ce livre est une monographie du Journal de Salonique, publié dans la ville, alors ottomane, dont il porte le nom, entre 1895 et 1911. Il cherche à mettre en lumière, au sein de la presse juive de l'époque, la spécificité de ce périodique sépharade en langue française publié par et pour l'élite bourgeoise et commerçante de la ville, ainsi que son rôle dans la société salonicienne alors en pleine transformation. Le contexte de cette publication est en effet marqué par la modernisation de la société juive ottomane, mais aussi par les transformations politiques de l'Empire dans lequel elle s'inscrit. Face aux défis que représentent l'occidentalisation, le développement du sionisme et la montée des nationalismes dans les Balkans, le journal se fait à la fois miroir et acteur de la communauté en difficulté, proposant une redéfinition de l'identité juive, ottomane et salonicienne. Cette étude analyse le contenu du journal pendant ses quinze années de publication. Elle met en lumière les intentions de ses dirigeants, qui en font un outil de modernisation, les représentations de la société véhiculées par les rubriques " mineures " du périodique (chroniques mondaines, feuilletons, publicités) ainsi que la position ottomaniste et antisioniste des rédacteurs au sujet de l'avenir de leur communauté.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.