C'est celle qui est là potentielle, collant à la peau de chacun, l'injure dite "raciste", dont l'évidence de la dénomination est ici mise en doute. Mais c'est aussi celle qui, Injuria sanguinis, injuria soli (injure du sang, injure du sol), apparaît précisément d fleur du droit du sang (jus sanguinis) et du droit du sol (jus soh). Ainsi d'une notion aussi fondamentale que celle de naturalisation, ou de celle plus conjoncturelle de seuil de tolérance. L'injure à fleur de peau, c'est enfin celle qui interroge l'intention de nuire dans ses rapports avec l'inconscient, la "secondarisant" en quelque sorte par rapport à une intention de séduire plus "primaire" et moins "à fleur" du conscient. Trois approches intriquées qui poursuivent une même problématique mais qui, tout en se situant dans la perspective psychanalytique de L'effet injure (1983), en élargissent le champ d'investigation, s'attaquant à ses frontières, à sa peau, zone de sensibilité où surgissent des questions d'une brillante actualité.
Nombre de pages
188
Date de parution
03/05/2000
Poids
216g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782738418821
Titre
L'injure à fleur de peau
ISBN
2738418821
Auteur
Larguèche Evelyne
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
216
Date de parution
20000503
Nombre de pages
188,00 €
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L'injure, chacun en a l'expérience. Si on a eu le malheur d'en être l'objet, le souvenir seul nous trouble. Si on a eu l'occasion d'en être l'acteur, on le raconte et on s'en félicite. Si on en a ri, n'étant ni l'objet ni l'acteur, on en rit encore. Mais l'acte d'injurier, quel est-il dans la situation réelle où il se produit et non dans des recueils où il est raconté? Quels en sont les procédés, et dans quelles conditions y a-t-il injure ? Pourquoi l'injure surgit-elle ? L'injure est un scénario qui se joue à trois et non à deux. Pour blesser ou vaincre l'autre, on se doit d'obtenir la complicité d'un tiers. Qu'est-ce qu'être injurié, être blessé? Métaphore bien sûr, puisqu'il s'agit du Moi, cet amour-propre d'un autre siècle, à propos duquel la psychanalyse a eu son mot à dire. Mais en quoi consiste la blessure ? La comprendre force peut-être à renverser la perspective : de celui qui est blessé à celui qui blesse, à l'aune d'un Moi qui se défend.
La revanche est une disposition qui donne à celui qui a perdu une nouvelle possibilité de gagner. Action elle est vengeance, résultat elle est annulation. Le sentiment de revanche n'annule ni ne se venge, il compense par une autre logique, une autre rhétorique, celle de la dette, qui ne respecte ni la réciprocité ni la raison mais qui fait illusion. Son lieu est la conscience de soi dans laquelle le soi présent entend compenser un soi passé ressenti comme perdant. Qui perd gagne illustre à la fois la revanche et le sentiment de revanche. L'une par analogie avec la réciprocité et l'équivalence, l'autre par contiguïté avec le déplacement dans une autre logique.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...