La personnalité de Hölderlin, poète-fou, exige, par son caractère exceptionnel, de comprendre dans un seul mouvement son ?uvre et son évolution vers et dans sa folie, ce mouvement fût-il scandé comme une dialectique et multilinéaire comme un contrepoint.A plus d'un moment, la voie la plus directe de la psychose, de l'ÊTRE-PSYCHOTIQUE, se propose à Hölderlin : la question est fermée, bouclée dans cette boucle du rapport duel, et peut-être même peut-on se demander si cette solution ne vient pas remplacer une question qui n'aurait jamais existé, historiquement, pour le sujet.Or le Poète rouvre, il ouvre la question.Assurément c'est la question du père, dont il tente de rassembler les débris « chus d'un désastre obscur » : ce n'est pas là un phénomène inconnu dans la schizophrénie.Il rouvre l'absence du père ? Oui, mais ce n'est pas pour désigner dans cette absence l'origine de ses maux ; c'est pour indiquer que seul ce « défaut » peut « l'aider ».La poésie et le mythe hölderliniens tentent désespérément d'instaurer cette sorte de troisième pôle, comme chargé d'une énergie négative. Fonction bien précaire, mais qui maintient ouvert un certain temps ce qui chez la plupart des psychotiques s'est fermé en mode d'être.Dans le cas de Hölderlin, la question : schizophrène parce que poète ? poète parce que schizophrène ? perd son sens si elle peut en avoir un. Poète parce qu'il ouvre la schizophrénie comme question, il ouvre cette question parce qu'il est poète.
Nombre de pages
160
Date de parution
01/01/1984
Poids
178g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782130383147
Titre
Hölderlin et la question du père
Auteur
Laplanche Jean
Editeur
PUF
Largeur
125
Poids
178
Date de parution
19840101
Nombre de pages
160,00 €
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Vie et mort : deux références présentes dans la théorie psychanalytique, de façon éclatante parfois (qu'on songe au grand dualisme mythique des pulsions de vie et des pulsions de mort), mais beaucoup plus occultées dans la clinique et la pratique. L'ordre vital (vie et mort) ne saurait se définir uniquement en fonction de la frontière épistémologique qui le sépare du domaine spécifique de la psychanalyse : il est présent également au sein même de celui-ci, en ce sens qu'il s'y fait représenter. Le problème est alors celui d'une transposition, d'une dérivation à la fois conceptuelle et réelle, de certaines entités psychanalytiques - la sexualité, le moi, le sadomasochisme - à partir de l'ordre vital. Les développements proposés sur ces trois thèmes sont des jalons d'une recherche - questionnement conjoint de l'oeuvre freudienne et de l'expérience clinique - sur la problématique de la psychanalyse.
Travaux 1967-1992 : " Ce volume rassemble mes principaux articles, parus dans diverses revues depuis 1967. Dans leur succession, on ne trouvera pas de rupture, mais on pourra reconnaître un mouvement que j'aime à figurer par une spirale : passer, de façon cyclique, à la verticale de certains points problématiques, chaque spire prenant un peu plus de distance par rapport à la précédente et dessinant plus nettement les options et les différences. C'est au sein de l'expérience inaugurée par Freud, expérience indissolublement clinique et théorique - je dirai : philosophique - que se situe ma pensée ; non pas pour en polir les angles ou en perfectionner les détails mais pour la faire travailler, et, au plein sens des mots, lui faire " rendre l'âme ". Tâche évidemment infinie et que le texte inaugurant ce volume ne peut avoir pour objet de conclure : il est au contraire une méditation sur la nécessité de sans cesse rouvrir la brèche originaire, jadis ouverte par l'étrangeté de l'autre. Si ce n'était là le vif de notre pratique et le nouveau de son (re)commencement, la psychanalyse ne serait qu'une pauvre et déjà obsolète ingénierie de l'âme. " JEAN LAPLANCHE
Quelle nécessité de revenir aux fondements et quelle justification à les qualifier de "nouveau'? La nécessité, pour moi, est claire: depuis 1969 à Paris VII cet enseignement se poursuit puis se recueille dans la série des Problématiques dont les sous-titres montrent bien de quoi il retourne. Il s'agit, à partir d'un thème d'apparence classique dans la psychanalyse freudienne, de mettre en question, de mettre en cause, de mettre en problème. Mettre en problème c'est ébranler, mettre à l'épreuve jusqu'aux fondements toute l'expérience analytique. Ce volume conclusif des Problématiques, de" critique incessante des concepts dits fondamentaux... qui fondent la psychanalyse ", est l'occasion pour l'auteur de repréciser ses positions sur la pulsion, le narcissisme, le langage et bien d'autres thèmes, d'en montrer l'articulation, de revenir au geste fondateur de Freud quand il instaure la psychanalyse, un retour sur Freud qui implique un" travail sur l'?uvre et travail de l'?uvre, travail qui met l'?uvre à la question ". Biographie: Jean Laplanche, ancien élève de l'École normale supérieure, ancien interne des hôpitaux psychiatriques, professeur émérite à la Sorbonne (Université Paris VII), est docteur honoris causa des Universités de Lausanne, Buenos-Aires et Athènes. Il dirige aux Puf les collections Bibliothèque de psychanalyse et Voix nouvelles en psychanalyse. Il est directeur scientifique des ?uvres complètes de Freud - OCFP en français et auteur de nombreux ouvrages, en particulier le Vocabulaire de la psychanalyse (avec J. B. Pontalis), La révolution copernicienne inachevée - Entre séduction et inspiration, l'homme -Sexual, ainsi que la série des Problématiques (7 volumes)."
Approche transversale des règles d'encadrementPREMIÈRE PARTIE : L'appréhension des aides 1 ? Logiques variables et enjeux communs 2 ? L'approche extensive de l'aide d'État 3 ? Approches plus partielles de la notion d'aide aux entreprises DEUXIÈME PARTIE : La mise en ?uvre des aides 1 ? Dérogations à la prohibition des aides d'État 2 ? La mise en ?uvre des aides européennes 3 ? La mise en ?uvre des aides en droit interne TROISIÈME PARTIE : Le contrôle des aides 1 ? Le contrôle de la compatibilité des aides d'État 2 ? Le contrôle des financements européens 3 ? Les contrôles découlant du droit interne 4 ? La régulation internationale des subventions QUATRIÈME PARTIE : La remise en cause des aides 1 ? La suppression des aides 2 ? Le contentieux des aides aux entreprise
Le marché du logement n'est pas un marché comme un autre. L'accès au logement, malgré son statut de droit opposable, est rendu de plus en plus difficile, notamment pour les jeunes générations, du fait de la progression importante des dépenses en logement des ménages. Pour des raisons similaires, l'accession à la propriété des ménages modestes est rendue de plus en plus en complexe. Le logement, premier actif du patrimoine des ménages, est devenu l'un des principaux vecteurs de transmissions intergénérationnelles. Le mal-logement et les situations d'exclusion continuent de progresser en France et la question se pose de la capacité de notre société à enrayer ces phénomènes aux facettes multiples. Les divergences observées entre les différents marchés du logement ont eu pour conséquence la rupture du parcours résidentiel d'un grand nombre de ménages. Apprendre à identifier et à vaincre les crises du logement qui traversent la France devrait constituer l'une des problématiques centrales du débat public pour les prochaines années.
Bachelard Gaston ; Bontems Vincent ; Canguilhem Ge
Pour une révolution permanente de la raisonRecueil d'articles dont la première édition a été publiée en 1972 dans la collection Bibliothèque française contemporaine. L'Engagement rationaliste suit l'intégralité de la trajectoire de Gaston Bachelard. Composé, titré et préfacé par Georges Canguilhem, ce recueil s'ouvre avec un manifeste épistémologique révolutionnaire (« Le surrationalisme ») rédigé en soutien au Front populaire, et s'achève avec l'éloge de Jean Cavaillès, l'ami chef de la Résistance assassiné par les nazis, manifestant ainsi le caractère engagé de l'épistémologie. Cet engagement consiste en premier lieu à suivre la science dans ses progrès : « il faut que le rationaliste soit de son temps, et j'appelle de son temps, du temps scientifique, de la science du temps que nous vivons actuellement ». Un tel rationalisme révise ses connaissances, ses méthodes et jusqu'à ses principes. Il ne lutte pas seulement contre le sens commun, mais aussi contre des normes de scientificité héritées du passé. Cette posture résolument progressiste résonne avec d'autres positions avant-gardistes. La présente édition, présentée et commentée par Vincent Bontems, précise l'origine des textes, restitue leur contexte, et identifie la source des citations et des concepts, afin d'éclairer le sens des engagements de la pensée et de l'existence de Bachelard.
Marx, Engels et nombre de marxistes ont été confrontés à la question nationale. Faut-il défendre la nation ? Sous quelles conditions et dans quel contexte ? Les plus célèbres figures du marxisme (Lénine, Rosa Luxemburg) ont proposé des solutions divergentes voire profondément contradictoires, et suggéré de soutenir certaines causes nationales (notamment celles des peuples opprimés) ou bien au contraire parfois de répudier toute appartenance à un territoire ou une culture. Récemment, la crise de l'Union européenne et l'implosion de plusieurs Etats-nations au Moyen-Orient ont remis sur le devant de la scène les problématiques nationales, que d'aucuns estimaient dépassé à l'heure de la mondialisation et de l'effacement (présumé) des frontières et des espaces nationaux. Ce numéro propose ainsi à la fois de revenir sur les définitions de la nation et du nationalisme proposées par les marxistes mais également sur des enjeux plus contemporains, à travers des études de cas concernant plusieurs continents.