Il est de bon ton de parler d'accouchement sans douleur comme si cela devenait une évidence et nous permettait de fait d'omettre celle qui met le bébé au monde. Ici, dans ces pages, nous pesons la chair de la maman, son attente, son coeur. Nous écoutons sa plainte, sa souffrance liées à son bonheur. Ici, dans ces lignes, sont retracées les vies in utero de Paul et Marie. Ici, nous savons pourquoi, face à un choix, ni la science ni la loi ne répondent à ce questionnement: "pourquoi je donne la vie", "pourquoi je donne le sommeil". C'est vrai, il y a des ombres qui soignent avec une haute conscience professionnelle, des médecins qui auscultent, un matériel sophistiqué qui soutient un état stationnaire de santé. Mais la patiente est une femme de chair, de plaies, d'amour, de famille, de paroles, d'attente, d'espoirs, de douleurs. Elle porte en attente deux enfants dont un ne pourra aller au terme du premier souffle. On ne peut ni quantifier ni se poser en moraliste quand cette femme, Sibylle, nous fait partager son choix et les instants de la lente séparation qu'elle veut retarder et que pourtant elle sait inexorable. Elle vit doublement dans son ventre, un ventre qui se gonfle vers une mer sans fond, une table où l'eau est létale et la médecine de la vie lui ôte celle du trisomique 21. Peut-être qu'un jour Caroline Langlois pansera l'image de la blessure de l'accouchée et son souffle alors fortifiera notre coeur d'homme.
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Nombre de pages
89
Date de parution
01/09/2006
Poids
137g
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EAN
9782915293388
Titre
Ne serait-ce qu'un souffle
Auteur
Langlois Caroline
Editeur
TIRESIAS
Largeur
0
Poids
137
Date de parution
20060901
Nombre de pages
89,00 €
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Apprendre la vie comme un désespoir qui te lasse et pourtant ne t'empêche pas de marcher. Prendre une poignée de noms de femmes, d'hommes, y mettre un visage, des traits, des combats, des espoirs et des désillusions avec des mots. Faire un état de vie dans un moment ô combien particulier, écrire, écouter, lire : voilà ce qu'ici en lieu et livre, nous avons voulu esquisser. Faire témoigner sur un choix qui remonte à plus de 60 ans, temps de leur jeunesse, était une folle gageure ; laisser parler leur mémoire sur l'action de cet instant, à chaque coup héroïque, était une force. Sans a priori, nous sommes allés à leur rencontre écouter leur histoire. Instant utile, époque où les jeunes pouvaient se targuer d'un " sel de la terre ". Pourquoi, au début du XXIe siècle, parler de Résistance ? D'abord, comme ces témoins le disent eux-mêmes, " bientôt ils ne seront plus là ". Puis, en ces temps incertains, la quête du sens de la vie est récurrente et celle d'un nouvel enjeu citoyen de notre actualité. Elles et Eux ont fait un unique choix : résister. Peut-être ont-ils été insouciants au début, mais très vite ils prirent conscience de leur engagement. C'est, dit-on, " plus facile de mourir à 18 ans. " Or, comme la mer lentement se retire et laisse sur la plage toutes sortes de souvenirs, témoignant, après tout, simplement de son passage, nous avons essayé de réunir des mémoires, ici, Elles et Eux sont 28, non pas comme des fossiles, mais comme un vérité vivante et républicaine.
Apprendre la vie comme un désespoir qui te lasse et pourtant ne t'empêche pas de marcher. Prendre une poignée de noms de femmes, d'hommes, y mettre un visage, des traits, des combats, des espoirs et des désillusions avec des mots. Faire un état de vie dans un moment ô combien particulier, écrire, écouter, lire : voilà ce qu'ici en lieu et livre, nous avons voulu esquisser. Faire témoigner sur un choix qui remonte à presque 70 ans, temps de leur jeunesse, était une folle gageure; laisser parler leur mémoire sur l'action de cet instant, à chaque coup héroïque, était une force. Sans a priori, nous sommes allés à leur rencontre, écouter leur histoire et leur aventure. Instant utile, époque où des jeunes garçons ou filles pouvaient se targuer d'un " sel de la terre ". Pourquoi, au début de ce XXIe siècle, parler de Résistance? D'abord, comme ces témoins le disent eux-mêmes, " bientôt ils ne seront plus là ". Puis, en ces temps incertains, la quête du sens de la vie est récurrente c'est celle d'un nouvel enjeu citoyen de notre actualité. Elles et Eux ont fait un unique choix : résister. Peut-être ont-ils été insouciants au début, mais très vite ils prirent conscience de leur engagement. C'est, dit-on, " plus facile de mourir à 18 ans." Or, comme la mer lentement se retire et laisse sur la plage toutes sortes de souvenirs, témoignant, après tout, simplement de son passage, nous avons essayé de réunir des mémoires, ici, Elles et Eux sont 28, non pas comme des fossiles, mais comme une vérité vivante et républicaine. Ce récit est suivi d'une pertinente analyse sur la poésie et son rôle en Résistance.