Elles et Eux, de la Résistance Pourquoi leur engagement ? Suivi de Le poète, l'âtre ou la forge
Langlois Caroline ; Reynaud Michel
TIRESIAS
24,99 €
Sur commande en 4-6 jours
EAN :9782915293524
Apprendre la vie comme un désespoir qui te lasse et pourtant ne t'empêche pas de marcher. Prendre une poignée de noms de femmes, d'hommes, y mettre un visage, des traits, des combats, des espoirs et des désillusions avec des mots. Faire un état de vie dans un moment ô combien particulier, écrire, écouter, lire : voilà ce qu'ici en lieu et livre, nous avons voulu esquisser. Faire témoigner sur un choix qui remonte à presque 70 ans, temps de leur jeunesse, était une folle gageure; laisser parler leur mémoire sur l'action de cet instant, à chaque coup héroïque, était une force. Sans a priori, nous sommes allés à leur rencontre, écouter leur histoire et leur aventure. Instant utile, époque où des jeunes garçons ou filles pouvaient se targuer d'un " sel de la terre ". Pourquoi, au début de ce XXIe siècle, parler de Résistance? D'abord, comme ces témoins le disent eux-mêmes, " bientôt ils ne seront plus là ". Puis, en ces temps incertains, la quête du sens de la vie est récurrente c'est celle d'un nouvel enjeu citoyen de notre actualité. Elles et Eux ont fait un unique choix : résister. Peut-être ont-ils été insouciants au début, mais très vite ils prirent conscience de leur engagement. C'est, dit-on, " plus facile de mourir à 18 ans." Or, comme la mer lentement se retire et laisse sur la plage toutes sortes de souvenirs, témoignant, après tout, simplement de son passage, nous avons essayé de réunir des mémoires, ici, Elles et Eux sont 28, non pas comme des fossiles, mais comme une vérité vivante et républicaine. Ce récit est suivi d'une pertinente analyse sur la poésie et son rôle en Résistance.
Nombre de pages
344
Date de parution
01/02/2008
Poids
562g
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782915293524
Titre
Elles et Eux, de la Résistance Pourquoi leur engagement ? Suivi de Le poète, l'âtre ou la forge
Auteur
Langlois Caroline ; Reynaud Michel
Editeur
TIRESIAS
Largeur
0
Poids
562
Date de parution
20080201
Nombre de pages
344,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Il est de bon ton de parler d'accouchement sans douleur comme si cela devenait une évidence et nous permettait de fait d'omettre celle qui met le bébé au monde. Ici, dans ces pages, nous pesons la chair de la maman, son attente, son coeur. Nous écoutons sa plainte, sa souffrance liées à son bonheur. Ici, dans ces lignes, sont retracées les vies in utero de Paul et Marie. Ici, nous savons pourquoi, face à un choix, ni la science ni la loi ne répondent à ce questionnement: "pourquoi je donne la vie", "pourquoi je donne le sommeil". C'est vrai, il y a des ombres qui soignent avec une haute conscience professionnelle, des médecins qui auscultent, un matériel sophistiqué qui soutient un état stationnaire de santé. Mais la patiente est une femme de chair, de plaies, d'amour, de famille, de paroles, d'attente, d'espoirs, de douleurs. Elle porte en attente deux enfants dont un ne pourra aller au terme du premier souffle. On ne peut ni quantifier ni se poser en moraliste quand cette femme, Sibylle, nous fait partager son choix et les instants de la lente séparation qu'elle veut retarder et que pourtant elle sait inexorable. Elle vit doublement dans son ventre, un ventre qui se gonfle vers une mer sans fond, une table où l'eau est létale et la médecine de la vie lui ôte celle du trisomique 21. Peut-être qu'un jour Caroline Langlois pansera l'image de la blessure de l'accouchée et son souffle alors fortifiera notre coeur d'homme.
Apprendre la vie comme un désespoir qui te lasse et pourtant ne t'empêche pas de marcher. Prendre une poignée de noms de femmes, d'hommes, y mettre un visage, des traits, des combats, des espoirs et des désillusions avec des mots. Faire un état de vie dans un moment ô combien particulier, écrire, écouter, lire : voilà ce qu'ici en lieu et livre, nous avons voulu esquisser. Faire témoigner sur un choix qui remonte à plus de 60 ans, temps de leur jeunesse, était une folle gageure ; laisser parler leur mémoire sur l'action de cet instant, à chaque coup héroïque, était une force. Sans a priori, nous sommes allés à leur rencontre écouter leur histoire. Instant utile, époque où les jeunes pouvaient se targuer d'un " sel de la terre ". Pourquoi, au début du XXIe siècle, parler de Résistance ? D'abord, comme ces témoins le disent eux-mêmes, " bientôt ils ne seront plus là ". Puis, en ces temps incertains, la quête du sens de la vie est récurrente et celle d'un nouvel enjeu citoyen de notre actualité. Elles et Eux ont fait un unique choix : résister. Peut-être ont-ils été insouciants au début, mais très vite ils prirent conscience de leur engagement. C'est, dit-on, " plus facile de mourir à 18 ans. " Or, comme la mer lentement se retire et laisse sur la plage toutes sortes de souvenirs, témoignant, après tout, simplement de son passage, nous avons essayé de réunir des mémoires, ici, Elles et Eux sont 28, non pas comme des fossiles, mais comme un vérité vivante et républicaine.
Geneviève est âgée de trois ans à Saint-Ouen quand je nais dans la Creuse, dans une France encore occupée. A la fin des combats, ma famille s'installe à Auxerre dans la maison de mes arrière-grands-parents, Geneviève suit ses parents en Allemagne où son père officier occupe un poste universitaire. Rien ne peut prédire que nos chemins vont se croiser. Je grandis, entourée de mes parents, de mon frère, de mon petit oncle, choyée par ma grand-mère qui va me transmettre sa culture. Geneviève et sa famille quittent l'Allemagne, pour Auch, puis Auxerre, où son père est nommé inspecteur d'académie. Elle fréquente le lycée, puis entre à l'Ecole normale. Elle parvient en quatrième année, où je suis encore en seconde au lycée. Je suis les cours du groupe théâtral Cadet Roussel où mon frère, un jour, arrive accompagné de Geneviève. Pour s'amuser, il emmêle nos chevelures alors que, assises dos à dos, nous écoutons Verlaine. Nous devenons plus que des soeurs. Comme des jumelles, nous vivons désormais en miroir l'une de l'autre. La magie va durer cinquante ans. Nous suivons des parcours de vie différents, mais menons les mêmes combats, pour notre liberté de femmes. Jusqu'à ce que Geneviève, atteinte d'un cancer du poumon et d'une tumeur du cerveau, décide de couper le ruban de sa vie. Elle me laisse orpheline inconsolable.
C'est l'histoire au quotidien de ces résistantes arrêtées qui, souvent après avoir été torturées, se retrouvent dans ces prisons et ces pages vont nous faire vivre leur itinéraire. Chacune d'entre elles se raconte et nous raconte son arrestation mais aussi son engagement, la vie carcérale, les s?urs gardiennes, la police, les " Droit Commun ", les " Politique " et leur lutte pour rester dignes et fidèles combattantes de l'armée de l'ombre. Cet ouvrage rend hommage à ces étrangères qui très tôt entrèrent en lutte et furent emprisonnées : Espagnoles, Allemandes, Polonaises... On sait maintenant leur condition de détention, leur vécu, mais aussi, chose rare, le fonctionnement de ces lieux d'oppresson, de collaboration et de résistance. C'est la part noire de l'histoire des prisons parisiennes pendant l'occupation. Si beaucoup partiront dans les convois les emmenant vers Auschwitz ou Ravensbrück, si beaucoup mourront en déportation ou du typhus, celles, libérées ou évadées, continueront le combat clandestin. Ce livre est comme une stèle du souvenir pour ces lieux de supplices (dont deux seront rasés après la guerre). Il révèle la volonté de continuer à témoigner et appartient à notre mémoire collective. Ces pages sont une ode à la femme dont le rôle et la lutte pendant cette période ont été trop souvent oubliés sinon négligés.
Ces pages ouvrent un nouveau chantier de recherches et d'investigations sur notre Histoire du XXe siècle. Nous proposons d'ouvrir le dossier sur les prisonniers de guerre de 14-18 pour découvrir le petit peuple des prisonniers poilus, du deuxième classe au sous-officier, ce combattant devenu prisonnier dont on parle trop peu souvent, et le mépris qu'on lui porte fait en sorte qu'on ignore la tragédie de sa condition. Plus terriblement, sont mis à jour les sévices et l'horreur qu'ont subis les populations civiles - enfants, femmes, invalides, vieillards. Jean-Claude Auriol fait appel tant à la littérature qu'aux correspondances, travaux de la Croix-Rouge, rapports administratifs pour relater l'horreur des faits vécus. L'auteur écrit : " Sans doute est-il bien tard pour parler encore de la guerre... Cependant un chapitre reste encore trop ignoré, celui des prisonniers de guerre français en Allemagne... certains témoignages furent détruits par les Allemands en 1940, à leur arrivée en France... à l'époque, être prisonnier était avilissant. " Citons cet exemple : en plein Sénat en 1916, un général déclarait : " Les prisonniers ne sont pas intéressants, ce sont des chevaliers de la crosse en l'air et des embusqués. " La mémoire collective a oublié que le prisonnier de guerre est passé par le front. Ces hommes partirent vers le nord, l'est ou le sud de l'Allemagne. Ils connurent la faim, la soif, l'insomnie et la plupart en ont gardé un souvenir pénible d'ennui, de privations et de rigueurs. Travail et devoir de mémoire, mais œuvre de Justice.