L'invention de la nature. Les quatre éléments à la Renaissance ou le peintre premier savant
Laneyrie-Dagen Nadeije
FLAMMARION
9,90 €
Epuisé
EAN :9782081237995
Extrait CE LIVRE N'EST PAS DÉDIÉ À GASTON BACHELARD. Il n'entend pas mener une psychanalyse des éléments. Consacré à une époque - les XIVe-XVIe siècles - qui voit basculer le système de la représentation du signe vers la description, il veut examiner comment les peintres ont donné corps à des concepts constitutifs d'une vision du monde, les éléments, pour les traiter comme des réalités concrètes. Comment l'eau est devenue ruisseau, pluie ou vague. Comment l'air, domaine du circuit éternel des planètes et de Dieu accompagné de ses anges, s'est fait lieu météorologique parcouru de nuages (cumulus, nimbus...). Comment le feu s'est métamorphosé en flamme et la terre en rocher où le pied se blesse ou en boue où il s'enlise. L'ouvrage a donc pour sujet le paysage. Pour que celui-ci commençât à exister, pour qu'il s'épanouît et s'imposât comme genre, il fallait que les cadres de la nature fussent mis en place. Se donner pour sujet un paysage «avec le vent et l'eau, au lever et au coucher du soleil» (comme le veut Léonard) ou encore un orage (Giorgione) supposait que les artistes eussent renoncé aux fonds d'or, uniformes ou scandés de motifs décoratifs propres à l'art du Moyen Âge, et qu'ils leur eussent substitué un ciel. Représenter la campagne, c'est-à-dire des prés, des arbres et des «fabriques» - ou maisons - exigeait que se fût affirmé picturalement un terrain, autrement dit que fussent résolus des problèmes de perspective, mais aussi identifiées des formes, la morphologie de montagnes, de vallées ou de plaines, le cours d'un fleuve ou un rivage marin. Étudiant les herbiers et les calendriers médiévaux, l'historien Otto Pächt a montré que c'est en reproduisant les motifs minuscules de la nature - les plantes puis les animaux - que les artistes ont commencé à peindre le monde de façon réaliste'. Le propos, ici, sera inverse : ce sont les structures générales du paysage - l'architecture de la nature - qui retiendront notre attention. Ce livre traite d'histoire des formes. Au XIVe siècle et au début du XVe siècle, s'invente une manière de peindre qui vise à représenter le monde tel qu'il est, à donner l'illusion de la réalité : un style naît, fondé sur l'imitation de la nature (mimèsis). Son principe rompt avec les préoccupations des maîtres antérieurs. Ceux-ci se satisfaisaient de figurer des signes : un ruban festonné pour les nuées, une bande rectiligne horizontale pour le sol. À partir de la fin du Moyen Âge, les peintres ont à inventer ou plutôt à réinventer - sans modèle car la peinture antique est alors oubliée - un langage approprié. La différenciation d'une eau courante et d'une eau stagnante, l'évocation d'un feu qui ait l'air d'éclairer et de brûler, avec de la cendre sur le sol et de la fumée dans l'air, témoignent du passage d'un lexique symbolique à un vocabulaire réaliste, passage lent et progressif, fait de conquêtes et de repentirs.
Nombre de pages
279
Date de parution
10/04/2010
Poids
670g
Largeur
158mm
Plus d'informations
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EAN
9782081237995
Titre
L'invention de la nature. Les quatre éléments à la Renaissance ou le peintre premier savant
Auteur
Laneyrie-Dagen Nadeije
Editeur
FLAMMARION
Largeur
158
Poids
670
Date de parution
20100410
Nombre de pages
279,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Dans la Cantabrie du XV? siècle, un massacre antijuif s'annonce. Pour sauver ses deux fils, un couple les envoie sur les routes. Leurs chemins les conduisent à travers l'Europe de la Renaissance, en Afrique du Nord et jusqu'en Amérique. Ils croisent une esclave canarienne devenue la maîtresse puis l'épouse de son maître, un marchand siennois voyageant entre Blois, Séville et Londres, une demoiselle d'honneur aux moeurs assez libres, des ecclésiastiques peu recommandables, et une foule d'individus aussi singuliers qu'émouvants.L'un devient marin et cartographe, intime d'Amerigo Vespucci - le navigateur dont le nom fut donné au Nouveau Monde -, l'autre médecin de Luther - le réformateur et initiateur du protestantisme - en Allemagne.Au terme de cette fresque historique captivante, riche en péripéties et en passions, parviendront-ils à se rejoindre ...
De ville en ville, des beffrois aux trésors des musées, l'histoire de l'art se raconte à travers le Nord-Pas-de-Calais. Des couleurs de la peinture flamande aux dessins de Matisse, des bronzes romains aux sculptures d'aujourd'hui, de l'architecture des grand-places aux secrets d'atelier de Rubens, un livre pour découvrir l'art de regarder.
A la fin du Moyen Age, au début de la Renaissance, un système mental succède à un autre. Le monde cesse d'être pensé de façon théorique. Il est examiné et commence à être compris par l'observation. Les peintres jouent un rôle fondamental dans cette mutation. A partir du XIVe siècle, Giotto, Ambrogio Lorenzetti, puis les Limbourg, Jan Van Eyck, enfin Dürer et Léonard de Vinci, se donnent pour objet d'imiter les choses qui les entourent. Ils n'évoquent plus l'Eau, l'Air, la Terre ou le Feu - éléments abstraits - mais ils distinguent la vague, le torrent, la goutte, le lac; ils représentent les nuages, si divers, et les vents, rapides ou tranquilles; ils montrent les boues, les rochers, la flamme dans la cheminée ou l'incendie qui ravage les maisons. Les oeuvres que ces artistes peignent favorisent une prise de conscience: celle de la beauté du monde mais aussi de sa fragilité. Le sentiment de la nature naît peut-être à ce moment, de cette crise visuelle qui est une crise européenne. L'objet de ce livre est d'explorer les origines du genre du paysage; il est aussi, et plus profondément, de chercher les racines de notre monde moderne, que hantent les questions d'environnement et la peur d'un changement où sombrait la nature. Biographie de l'auteur Nadeije Laneyrie-Dagen est professeur d'histoire de l'art à l'Ecole normale supérieure. Spécialiste d'art ancien, elle s'intéresse au passage entre l'époque médiévale et le premier âge moderne, en Italie et en Flandre aux XVIe et XVe siècles, et d'un autre point de vue aux conditions de la création entre la Flandre catholique et la Hollande calviniste au XVIIe siècle. Au carrefour de l'anthropologie et de l'histoire des sciences, l'histoire de l'art qu'elle pratique se veut non exclusivement érudite, mais soucieuse de tisser un lien entre l'époque contemporaine et le passé. Sa recherche des racines ne néglige pas les différences essentielles entre les siècles, mais entend mettre en évidence l'actualité fréquente des oeuvres du passé, que leur établissement dans les musées et le respect qu'on leur porte tuent quelquefois plus sûrement que le passage du temps. Nadeije Laneyrie-Dagen anime, avec des chercheurs en histoire de l'art, en lettres, en histoire des sciences, en anthropologie, un groupe de recherche sur l'interprétation du visage et du corps, ou physiognomonie.Nadeije Laneyrie-Dagen a publié chez Flammarion, en 1997 (rééd. 2006, coll. "Tout l'Art'), un ouvrage remarqué intitulé L'Invention du corps. La représentation de l'homme du Moyen Age à la fin du me siècle. Outre de nombreux articles, elle a assuré l'édition critique de la Théorie de la figure humaine de Rubens (Editions Rue d'Ulm, 2003) et écrit une monographie sur ce peintre (Hazan, 2003). Aux éditions Larousse, on lui doit un manuel d'initiation à l'interprétation des oeuvres, Lire la peinture (2 volumes), et un petit ouvrage sur Rembrandt."