Chaque livraison de Zilsel est l'occasion de nouveaux tests et ajustements critiques. La formule se stabilise (toujours) dans l'improvisation et l'urgence, et ce numéro 6 d'ajouter à ces tâtonnements. Le sommaire comporte des enquêtes sur l'histoire sociologique de l'économie agraire en Roumanie, la saisie d'une dispute épistémologique entre Jean-Claude Gardin et Jean-Claude Passeron, l'étude de la structuration des réseaux de "Normale Sup'". Une synthèse bibliographique sur les ingénieries de l'environnement en Afrique complètes ces tentatives d'épuisement. Le dossier fait le point sur l'émergence du problème de l'intégrité scientifique, à partir d'un cas particulièrement retentissant ces dernières années - ce que divers médias ont construit comme "l'affaire Olivier Voinnet". Pour envisager cette question dans tous ses aspects, y compris les plus controversés, la revue risque un positionnement scientifique et politique sur la crête, notamment en intégrant une contribution réflexive du premier intéressé. Ce double registre de l'analyse scientifique et de l'intervention politique sur le devenir des sciences anime également l'éditorial invité, qui porte sur les menaces que fait peser le capitalisme sur le travail des femmes et hommes de science. En plus de ces articles, ce numéro intègre des "Libres échanges" avec le sociologue Nicolas Dodier, qui sont l'occasion de reconstituer les fils d'une carrière et de contributions importantes au domaine STS. On trouvera également un texte inédit en français de Ludwik Fleck, pionnier des études sociales des sciences et techniques, "A propos de la crise de la "réalité"" (1929), ainsi que des critiques d'ouvrages portant sur des sujets aussi variés que les ondes gravitationnelles, la cybernétique en France, le gouvernement de la pollution industrielle, les soi-disant racines philosophiques du "macronisme", l'eugénisme et le racisme pop d'un "expert médiatique" qui s'est essayé au roman de science fiction, l'ethnographie ethnographiée par la police politique secrète sous l'ère communiste en Roumanie. On l'aura compris, ce Zilsel 6 n'est pas résumable, il part dans de multiples sens, et c'est pourquoi la rédaction est particulièrement heureuse de le mettre en circulation. Un 6 soit-il.
Nombre de pages
400
Date de parution
14/11/2019
Poids
560g
Largeur
205mm
Plus d'informations
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EAN
9782365122269
Titre
Zilsel N° 6, octobre 2019
Auteur
Lamy Jérôme ; Saint-Martin Arnaud
Editeur
CROQUANT
Largeur
205
Poids
560
Date de parution
20191114
Nombre de pages
400,00 €
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La sociologie historique des sciences et des techniques est, davantage qu’une discipline, une pratique et une mise en œuvre d’un ensemble varié de méthodes historiques et sociologiques croisées. Cet ouvrage propose donc une approche méthodologique et empirique de ce segment de recherche aux riches potentialités.Deux problématiques structurent le livre. Il s’agit tout d’abord d’enquêter sur la production et la circulation des concepts dans des contextes variés (marxisme, épistémè foucaldienne). Ensuite, parce que la sociologie historique des sciences et des techniques offre une potentialité d’expressions théoriques larges, l’ouvrage avance la proposition d’une conceptualisation du rapport entre savoir et pouvoir autour d’un régime régulatoire des sciences et des techniques. Le cadrage par le droit, la professionnalisation de certaines activités savantes, les effets de la bureaucratisation et la mobilisation de valeurs spécifiques délimitent un ensemble de pratiques scientifiques et techniques déployé par et pour l’État.La mise à l’épreuve historique de ce schéma théorique permet de signaler, depuis le XVIe siècle, les grandes inflexions d’une science destinée à soutenir et organiser l’action rationnelle du pouvoir.
Comment saisir un établissement savant dans ses changements, ses évolutions et ses modifications? Quel point de vue adopter pour comprendre les continuités et les ruptures dans l'histoire d'une institution scientifique ? Ce livre entreprend l'archéologie d'un espace savant, l'observatoire de Toulouse aux XVIIIe et XIXe siècles, examiné dans ses multiples dimensions: scientifiques et techniques, sociales et économiques, politiques et culturelles. L'observatoire n'est pas seulement un espace clos sur lui-même, érigé en vue du déploiement de la raison scientifique. C'est aussi une architecture, une collection d'instruments, un lieu de vie pour les astronomes, un symbole pour les acteurs politiques, une surface d'inscription des pratiques savantes, ainsi qu'un point nodal dans un ensemble de réseaux. Ces éléments sont tous travaillés en profondeur par de grands régimes de savoirs qui définissent, pour une époque donnée, la place de la science dans la société. L'observatoire de Toulouse est ainsi tour à tour l'incarnation de la science aristocratique à la recherche de la distinction individuelle au XVIIIe siècle, l'élément quadrillé d'une administration puissante dans la première partie du XIXe siècle, le symbole républicain d'une pratique scientifique orientée vers la production massive de données numériques après 1870. Ces modifications successives de l'observatoire ne sont ni abruptes ni mécaniques; elles se combinent à des exigences, des contraintes et des singularités locales. Les variations d'échelles entre un mode d'être général des pratiques scientifiques et son usage dans la cité garonnaise dessinent à chaque fois un régime de savoirs spécifique à Toulouse.
À la croisée des méthodes de l’anthropologie et des sources mobilisées par les historiens et historiennes, s’est développée, à partir des années 1970, une voie singulière : l’anthropologie historique. Ni discipline autonome, ni simple spécialité, elle a constitué un moment fécond dans l’histoire des sciences sociales, en France (autour de la revue Annales et des séminaires de l’École des hautes études en sciences sociales), mais aussi aux États-Unis (historical anthropology), en Italie (microstoria) ou en Allemagne (Alltagsgeschichte).Portée par les héritages du structuralisme, cette démarche a déplacé les regards vers des objets longtemps tenus à l’écart de l’analyse historique : mythes et rituels, gestes du quotidien, corps et sensibilités, croyances, images, traces du passé. À travers ces enquêtes, c’est une autre manière d’écrire l’histoire qui s’affirme attentive aux formes de pensée, aux structures profondes et aux représentations qui façonnent l’ordinaire.En retraçant l’histoire intellectuelle et institutionnelle de ce courant, cet ouvrage explore les principaux terrains qu’il a investis : la famille, le corps et la sexualité, les rythmes du quotidien, les émotions et les sensibilités, le pouvoir et la violence, les images et les croyances, les savoirs et leur transmission. Il donne ainsi à voir ce que produit le croisement, fécond, entre histoire et anthropologie : de nouvelles façons d’interroger le passé, et de renouveler les cadres de compréhension du monde social.
L'intérêt porté ici conjointement à l'automobile et au supermarché a pour ambition de réfléchir à l'évolution de nos modes de consommation depuis cinquante ans. La particularité de l'objet automobile est d'entretenir tous les fantasmes, le premier d'entre eux étant de pouvoir circuler librement. Si l'automobile recouvre un certain nombre de fonctionnalités, il n'en demeure pas moins qu'elle implique aussi certaines contraintes. Associer l'automobile à la consommation est devenu un acte d'une évidence déconcertante, le consommateur moderne ne pense plus son rapport à l'achat de produits courants, dont l'alimentation, qu'au travers d'un déplacement en véhicule à quatre roues (automobile ou chariot libre-service en grande surface d'ailleurs)
Le présent ouvrage est l´??histoire de la fédération dudans les différentes étapes de son existence, traitant essentiellement de la part prise par ce parti dans les combats ayant jalonné sa vie intense contre la colonisation capitaliste, le sous-développement, la spéculation et la pression immobilière sur le littoral notamment par le tourisme, la stigmatisation de la culture et la langue basque, la répression des deux côtés de la frontière, la violence institutionnelle en politique, etc. Ce sont quelques dizaines de militants acharnés qui ont persévéré pour l´??autodétermination de ce territoire dans une voie étroite consistant à mettre en tension autonomie et autogestion, nationalisme et socialisme, sans concession démagogique ou électoraliste refusant à la fois un nationalisme apolitique et une lutte de classes sans racine nationale. L´??ouvrage est bâti à partir d´??entretiens et de documents personnels, d´??archives nationales et locales, ainsi que de celles des héritiers du PSU,
Les lois de 2008 sur la réforme de la représentativité syndicale et de 2015 sur le dialogue social ont instauré de nouvelles obligations de négociation en entreprise ponant sur la "conciliation" de l'activité syndicale et professionnelle. Comment expliquer cette soudaine attention des pouvoirs publics à la "discrimination syndicale"? Assiste-t-on à une rupture historique dans les relations professionnelles à la française ? Fondée sur six monographies de grandes entreprises aux pratiques sociales contrastées, cet ouvrage montre comment la négociation d'accords de droit syndical et de " gestion des parcours syndicaux " est aussi une réponse a la croissance des contentieux. menés notamment par la CGT depuis les années 1990, qui ont contribué à une prise de conscience de leurs droits par les syndicalistes. Si ces accords d'entreprise protègent désormais mieux les mandatés les plus investis dans le jeu du dialogue social, qui signent des accords, ils ne modifient pas radicalement les pratiques managériales de terrain qui continuent à stigmatiser les syndicalistes de proximité. surtout quand ils s'opposent aux restructurations ou dénoncent la dégradation des conditions de travail par des pratiques protestataires.