Artefact N° 17/2022 : Le renouveau de l’histoire des instruments scientifiques
Lamy Jérôme
PU STRASBOURG
25,00 €
Sur commande, 4 à 6 jours
EAN :9791034401383
Ce dossier consacré au renouveau de l'histoire des instruments scientifiques propose un panorama des grands mouvements épistémologiques qui travaillent le champ des études instrumentales depuis le début des années 2000. Le dossier d'Artefact consacré au renouveau de l'histoire des instruments scientifiques propose un panorama des grands mouvements épistémologiques qui travaillent le champ des études instrumentales depuis le début des années 2000. Revisite de l'historiographie antique sur l'importance de la mesure du temps, conceptualisation nouvelle de l'horloge polyvalente de Christiaan Huygens, réinscription du miroir ardent de Buffon dans les problématiques savantes de son époque, épaisseur de la culture instrumentale chez les princes de sang, usage des bases de données pour repérer la trajectoire des instruments du Bureau des Longitudes, mobilisation de la littérature du merveilleux-scientifique : tous les thèmes abordés donnent à voir les déplacements en cours dans la façon d'étudier l'histoire des instruments scientifiques. La recherche de grandes configurations liant les enjeux scientifiques, techniques, politiques et culturels laisse entrevoir les problématisations nouvelles autour de l'instrumentation savante.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
423
Date de parution
25/11/2022
Poids
833g
Largeur
170mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9791034401383
Titre
Artefact N° 17/2022 : Le renouveau de l’histoire des instruments scientifiques
Auteur
Lamy Jérôme
Editeur
PU STRASBOURG
Largeur
170
Poids
833
Date de parution
20221125
Nombre de pages
423,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Qu'ont à voir Marie Curie, un écolier qui s'ennuie sur son pupitre ou Saint-Jérôme ? Une tête posée dans la main, marquant la réflexion et qui peut sembler, plus ou moins, peser. C'est à ce motif iconique que s'intéresse ce livre, venant interroger quels sont les images et imaginaires qui entourent la pratique de la pensée. Qu'ont à voir Marie Curie, un écolier qui s'ennuie sur son pupitre ou Saint Jérôme méditant ? Une tête posée dans la main, signe évident d'une réflexion, d'une cogitation, ou d'une introspection qui peut sembler, plus ou moins, peser. C'est à ce motif iconique que s'intéresse ce livre joyeux et érudit, venant interroger les images et imaginaires qui entourent la pratique de la pensée. Etudier cette pose de la tête pensante sur le temps long relève autant d'une histoire des savoirs qui envisage de manière concrète la production des idées, d'une histoire des corps et d'une histoire des représentations. Depuis l'antiquité, cette mise en scène est devenue une manière, si ce n'est la manière, d'évoquer la réflexion, tout comme la nature du rapport, souvent douloureux et pesant, que nous entretenons avec la connaissance, sa production ou sa transmission. Rythmé par des images en série et organisé en chapitres thématiques, le livre tente de cerner l'émergence de cette pose, dessinant ses premiers contours au travers de la figure du philosophe antique, du poète ou des méditants de la religion chrétienne. S'ensuit une pérégrination historique et anthropologique qui nous fait passer des enfants aux femmes savantes, des érudits mélancoliques aux savants rêveurs, des génies aux scientifiques épuisés de la fin du XIXe siècle.
La sociologie historique des sciences et des techniques est, davantage qu'une discipline, une pratique et une mise en oeuvre d'un ensemble varié de méthodes historiques et sociologiques croisées. Cet ouvrage propose donc une approche méthodologique et empirique de ce segment de recherche aux riches potentialités. Deux problématiques structurent le livre. Il s'agit tout d'abord d'enquêter sur la production et la circulation des concepts dans des contextes variés (marxisme, épistémè foucaldienne). Ensuite, parce que la sociologie historique des sciences et des techniques offre une potentialité d'expressions théoriques larges, l'ouvrage avance la proposition d'une conceptualisation du rapport entre savoir et pouvoir autour d'un régime régulatoire des sciences et des techniques. Le cadrage par le droit, la professionnalisation de certaines activités savantes, les effets de la bureaucratisation et la mobilisation de valeurs spécifiques délimitent un ensemble de pratiques scientifiques et techniques déployé par et pour l'Etat. La mise à l'épreuve historique de ce schéma théorique permet de signaler, depuis le XVIe siècle, les grandes inflexions d'une science destinée à soutenir et organiser l'action rationnelle du pouvoir.
Comment saisir un établissement savant dans ses changements, ses évolutions et ses modifications? Quel point de vue adopter pour comprendre les continuités et les ruptures dans l'histoire d'une institution scientifique ? Ce livre entreprend l'archéologie d'un espace savant, l'observatoire de Toulouse aux XVIIIe et XIXe siècles, examiné dans ses multiples dimensions: scientifiques et techniques, sociales et économiques, politiques et culturelles. L'observatoire n'est pas seulement un espace clos sur lui-même, érigé en vue du déploiement de la raison scientifique. C'est aussi une architecture, une collection d'instruments, un lieu de vie pour les astronomes, un symbole pour les acteurs politiques, une surface d'inscription des pratiques savantes, ainsi qu'un point nodal dans un ensemble de réseaux. Ces éléments sont tous travaillés en profondeur par de grands régimes de savoirs qui définissent, pour une époque donnée, la place de la science dans la société. L'observatoire de Toulouse est ainsi tour à tour l'incarnation de la science aristocratique à la recherche de la distinction individuelle au XVIIIe siècle, l'élément quadrillé d'une administration puissante dans la première partie du XIXe siècle, le symbole républicain d'une pratique scientifique orientée vers la production massive de données numériques après 1870. Ces modifications successives de l'observatoire ne sont ni abruptes ni mécaniques; elles se combinent à des exigences, des contraintes et des singularités locales. Les variations d'échelles entre un mode d'être général des pratiques scientifiques et son usage dans la cité garonnaise dessinent à chaque fois un régime de savoirs spécifique à Toulouse.
A la croisée des méthodes de l'anthropologie et des sources mobilisées par les historiens et historiennes, s'est développée, à partir des années 1970, une voie singulière : l'anthropologie historique. Ni discipline autonome, ni simple spécialité, elle a constitué un moment fécond dans l'histoire des sciences sociales, en France (autour de la revue Annales et des séminaires de l'Ecole des hautes études en sciences sociales), mais aussi aux Etats-Unis (historical anthropology), en Italie (microstoria) ou en Allemagne (Alltagsgeschichte). Portée par les héritages du structuralisme, cette démarche a déplacé les regards vers des objets longtemps tenus à l'écart de l'analyse historique : mythes et rituels, gestes du quotidien, corps et sensibilités, croyances, images, traces du passé. A travers ces enquêtes, c'est une autre manière d'écrire l'histoire qui s'affirme attentive aux formes de pensée, aux structures profondes et aux représentations qui façonnent l'ordinaire. En retraçant l'histoire intellectuelle et institutionnelle de ce courant, cet ouvrage explore les principaux terrains qu'il a investis : la famille, le corps et la sexualité, les rythmes du quotidien, les émotions et les sensibilités, le pouvoir et la violence, les images et les croyances, les savoirs et leur transmission. Il donne ainsi à voir ce que produit le croisement, fécond, entre histoire et anthropologie : de nouvelles façons d'interroger le passé, et de renouveler les cadres de compréhension du monde social.