Cet ouvrage a pour vocation d'explorer une dimension particulièrement féconde de la relation entre les arts contemporains et les technologies actuelles, et, tout particulièrement, les technologies du numérique. Il se propose de construire une réflexion sur la façon dont ces technologies interrogent spécifiquement les processus de création artistique et, réciproquement, comment les démarches artistiques, dans la singularité de chacune, interrogent les enjeux conceptuels et sociétaux de ces technologies. Le propos est de mettre en articulation le concept de poïèse et celui d'autopoïèse. La poïèse renvoie à l'idée de faire, fabriquer (de poieien, faire). Dans le domaine artistique, la poïèse correspond au processus d'effectuation de l'oeuvre. Cela comprend autant les processus mentaux mis en oeuvre dans le processus, que la transformation de la matière (ou de l'énergie) qui résulte de ces processus, et les allers-retours dialectiques que suppose nécessairement ce dispositif. L'autopoïése définit, littéralement, ce qui se fait soi-même. Initié par Varela, notamment, le concept d'autopoïèse définit les systèmes vivants. Il est utilisé aussi pour définir les systèmes informatiques de type génératif qui ont une capacité d'évolution autonome, d'évolution par apprentissage. La création artistique contemporaine est de plus en plus concernée par la question de l'autopoïèse, soit parce qu'elle utilise des programmes génératifs, soit parce qu'elle utilise les systèmes vivants (manipulations génétiques, cultures de tissus...) soit, enfin parce que les représentations du réel qu'induit le concept d'autopoïèse sont une donnée paradigmatique qui préside en tant que telles à un certain nombre de démarches qui ne reposent pas nécessairement sur l'utilisation de ces technologies. L'hypothèse est que l'utilisation des systèmes autopoïétiques dans le cadre d'une démarche artistique décentre le rapport de l'artiste à l'oeuvre dans sa poïèse puisqu'il ne se situe plus dans une logique de représentation du réel mais de présentation (de production ?) de réel. L'artiste reste concepteur, mais délègue la poïèse à un dispositif systémique processuel. La question est de savoir alors s'il y a transformation ontologique de la posture de l'artiste par rapport au processus poïétique, et, par-delà, comment cette posture continue d'inscrire sa singularité par rapport au système lui-même.
Nombre de pages
309
Date de parution
26/10/2017
Poids
485g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782343132020
Titre
Poïèse/Autopoïèse. Art et systèmes
Auteur
Lambert Xavier
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
485
Date de parution
20171026
Nombre de pages
309,00 €
Disponibilité
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Le développement de la pensée systémique à partir de la deuxième moitié du vingtième siècle induirait un mode d'appréhension du réel où l'humain ne serait plus le point nodal des représentations du monde mais se trouverait dilué en tant que système informationnel à travers des porosités inaccoutumées entre l'homme et la machine et entre les espèces. Dans le registre économique, le développement paroxystique du capitalisme financier poserait avec acuité les termes dune relation système - vs - sujet en exacerbant l'hypertrophie de l'individu au détriment du sujet. Doit-on considérer le post-humain comme un véritable dépassement ou comme une nouvelle péripétie de l'humain ? Quelle place le sujet peut-il conserver dans un système qui le dissout ? Qu'en est-il de la singularité du sujet inhérente à toute démarche de création artistique ? Quelle peut être la place de l'oeuvre d'art dans un dispositif où l'individu s'énonce dans la destruction du sujet ?
Cet ouvrage se propose de s'interroger sur la façon dont les paradigmes issus des technologies contemporaines, du numérique en particulier, ont une incidence sur les processus de création artistique, dès lors que les artistes ont recours, problématiquement, à ces technologies. Les contributions présentes traitent de trois grands thèmes : L'émergence numérique, L'acte plastique et L'action énactive.
La création artistique, est une activité fondamentale, constituante, même, de l'humain en tant qu'être social sachant qu'il n'y pas de création artistique qui ne soit sous-tendue, délibérément ou non, par une vocation sociale. Le postulat de cet ouvrage, c'est que l'oeuvre d'art, en tant que résultat d'un processus de création, est un acte politique en soi.
Cet ouvrage propose de s'interroger sur l'articulation qui peut exister entre l'émotion que provoque la création artistique, tant du point de vue des processus de création que de celui de la réception, et les dispositifs de cognition. Il part du constat que la création artistique, dans son articulation avec l'émotion esthétique, est un processus complexe, sur lequel il n'existe pas de consensus, et dont les approches scientifiques semblent insuffisamment pertinentes. L'enjeu est d'analyser la façon dont les pratiques artistiques, aussi bien dans leur processus de création que dans leur dispositif de réception, reposent sur des constructions cognitives singulières et en quoi ces constructions, dans leur singularité, contribuent aux constructions du monde.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...