Né en 1954, disparu en 2008, Thierry Bouchard fut un des derniers grands imprimeurs-éditeurs-typographes. Sur ses presses, installées à Losne, en Bourgogne, il a réalisé un des plus beaux ensembles de livres dont on puisse rêver, joignant la science des polices et des fontes, des impressions, des papiers, des formats à un engagement éclairé dans la littérature contemporaine, et principalement la poésie, qu'il pratiquera lui-même, discrètement, comme auteur. Il réalisa 115 livres au titre de ses éditions et près de 200 sous forme de coéditions ou d'impressions pour ses amis éditeurs - qui portent les noms de Butor, Bonnefoy, Puel, Juliet, Du Bouchet, Nelli, Hubin, Novalis ou Segalen, entre autres, et ceux d'artistes aussi prestigieux que Zao Wou-Ki, Pierre Alechinsky, Bram Van Velde, Antoni Tapies, Olivier Debré, André Marfaing... Grands illustrés ou petits livres d'une facture extrêment élégante et soignée sortirent des mains de cet artisan exceptionnel dont l'oeuvre, à n'en pas douter, marquera durablement la bibliophilie contemporaine.
Nombre de pages
245
Date de parution
07/03/2013
Poids
608g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782868535719
Titre
Thierry Bouchard
Auteur
Lallier François ; Hubin Christian
Editeur
TEMPS IL FAIT
Largeur
165
Poids
608
Date de parution
20130307
Nombre de pages
245,00 €
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Ce second volume d'une exploration de la poésie au titre de la "voix antérieure" - notion dégagée, dans un précédent livre, d'une lecture nouvelle de certains textes de Baudelaire - s'intéresse à des écrivains plus proches de notre temps (et dont l'auteur a été, pour presque tous, le contemporain et l'ami). Dans une époque marquée, à la suite de Mallarmé et de Rimbaud, par une radicalisation autant de la liberté du poète que des enjeux de la poésie, il cherche ce qu'elle est devenue. Reliée à une "expérience" par un "dire" qui se réalise comme modalité de la présence, cette voix, une seconde fois invoquée, est-elle bien la même?
Dans cette étude, François Lallier aborde de fond en comble, d'une manière inédite et avec une grande précision, tout le parcours poétique d'Yves Bonnefoy. Pour Lallier cette oeuvre présente à la fois une remarquable continuité et une non moins remarquable capacité à se renouveler dans ses thèmes et son écriture : comme si une même démarche, s'approfondissant, opérait de véritables découvertes dans une matière en quelque sorte indépendante d'elle, bien qu'en accord avec les expériences et les constructions de pensée qui constituent son travail. En douze chapitres, dont le premier est consacré aux notions de " présence " et de " vrai lieu ", originellement choisies par Yves Bonnefoy comme pierre de touche d'une sortie du surréalisme, et le dernier aux relations ultimes de l'image et du nom, ce parcours montre comment la conscience critique, propre à la modernité, en vient à s'approcher d'une manière originale de l'inconscient (le même dont traite la psychanalyse) à travers une recherche de " l'aube du sens " et du " nom perdu ". Il s'agit toujours en effet de discerner le point où le langage cesse d'être à lui-même son propre objet ou son propre horizon - ce qui n'est pas sans poser la question d'un certain type de transfert, propre à la poésie.
La poésie de François Lallier signale combien l'attention portée à la question du mouvement de la création comme ouverture au monde cherche à approcher et à cerner au plus près les liens tendus entre le moment présent de la perception et ce qui se donne comme son origine lointaine, avec toute son opacité, à travers l'émergence de la langue, de la parole poétique. Que recouvre ce moment si singulier de la perception, ce surcroît de la vision ? Et que signale ce qui se donne comme son origine, dans la remontée de ce que la langue prend en charge, d'aussi loin qu'elle provienne ? Certes, s'il y a recherche d'une origine de la parole et de son pouvoir de captation, dressée autant que traversée par le réel allant à la rencontre de celui-ci, cette parole poétique offre en ses prismes novateurs et parvient d'une manière remarquable à l'adéquation du poème à la fulgurance du dehors perçu. Dans le seul "geste" de regarder, toute cette intimité - et peu importe, en définitive, le prétexte - associée à toute chose du monde, entretient en cette poésie la source que constitue le corps du réel qui jamais ne se dérobe du coeur de la vie. François Lallier, poète, essayiste, né en 1947, a publié 'Les Archétypes' (Le Temps qu'il fait, 2012) ; 'La Semence du feu' (L'Atelier La Feugraie, 2003) ; 'Le Silence et la Vision' (Deyrolle, 1996) ; 'Matière de l'amour' (Thierry Bouchard, 1985) ; 'Etats de la mémoire' (L'Ermitage, 1981) ; 'Vita poetica (sur la poésie latine)' (L'Arbre à paroles, 2010) et trois volumes d'essais sur la poésie moderne et contemporaine (Baudelaire, Mallarmé, Rimbaud, Poe, Jouve, Bonnefoy, Jourdan, Munier, Frénaud) : 'La Voix antérieure' I, II et III (La Lettre volée, 2007, 2010 et 2016). Un récent numéro de la revue 'Nu(e)' lui a été consacré.
De la même manière qu?autrefois il nous avait rapporté les noces d?écume des escargots ou l?étreinte tentaculaire de la seiche, Jean-Pierre Otte s?attache cette fois aux singularités des amours humaines. D?une écriture allègre, il démêle le manège de la sylphide solaire et la stratégie de l?allumeuse, s?émeut d?un fétichiste en arrêt devant le tabernacle d?un porte-jarretelles et d?une culotte de dentelles, salue le retour en grâce de l?obsédé tripoteur et de l?onaniste radieux, et se montre partisan de l?adultère domestique, tout en nous invitant au passage à partager des galanteries étranges et des dégustations intimes. Et il y a aussi des yeux dans l?ombre et quelques claquements de fouet sur une croupe bellement rebondie... Un jeu dangereux, compensé par des traits d?humour, la liberté sans morale d?un regard amusé, et un réel bonheur dans l?expression.