L'usage de la honte en éducation fait plus souvent polémique que débat. L'objectif des auteurs de cet ouvrage est de réfléchir sur ce sujet, sans souci guerrier particulier, mais afin de proposer une ou des réponse(s) raisonnable(s) sur la question. La polémique, selon eux, vient du fait que ce thème est souvent envisagé sous l'angle de la posture et rarement sous celui de l'analyse. Il est ainsi laissé dans l'obscurité et la confusion. Les distinctions nécessaires ne sont dès lors pas assez opérées – et ce notamment – entre honte et humiliation, humiliation et rappel de l'humilité. Or cette obscurité favorise une humiliation qui s'oppose par nature à l'acte d'éduquer qui est souvent rappel à l'homme de ses limites et retour à plus d'humilité. Comment faire lorsque l'on a soi-même – comme tout homme limité en son essence – à travailler sur ce sujet et qui peut prétendre donner des leçons à autrui dans ce domaine ? L'acte d'éduquer implique donc une profonde humilité de la part de celui qui l'exécute mais il ne doit pas être abandonné, par crainte de faire honte, car notre premier devoir est de nous élever et d'accompagner celui qui souhaite grandir. Alors comment faire pour demeurer humble tout en aidant autrui à retrouver cette humilité mais sans pour autant l'humilier ? C'est une des problématiques que pose le rapport qui se noue secrètement entre honte et éducation et qui doit être approfondi et creusé. Pour tenter d'y parvenir, sont ainsi réunis, dans ce recueil, les réflexions de philosophes, pédagogues, éthiciens, juristes et psychanalystes qui revisitent la question de manière pluridisciplinaire. En effet, nous ne sortirons pas des difficultés qui sont les nôtres si nous ne croisons pas nos regards sur ce sujet et si notamment nous ne formons pas les enseignants et les futurs enseignants sur celui-ci. Nul ne peut en effet, selon les auteurs de cet ouvrage, faire oeuvre pédagogique sans souci éthique mais nul ne peut être dans l'éthique s'il souffre trop profondément. Or la honte est, avant tout, une souffrance qui paralyse l'être et le détruit peu à peu s'il n'y prend garde. Il en est de même de l'immodestie et de l'impudence qui sont les traits caractéristiques de tous les tyrans.
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Nombre de pages
137
Date de parution
01/03/2017
Poids
210g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9791090590588
Auteur
Lacroix André ; Sarfati Jean-Jacques
Editeur
MJW
Largeur
145
Date de parution
20170301
Nombre de pages
137,00 €
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Si la philosophie se laisse assez bien circonscrire à une prétention de rationaliser le monde et de proposer un canevas d'explications auquel puisent les autres disciplines, la question de son application reste entière. Comment en effet prétendre offrir des réponses concrètes à ceux qui s'interrogent sur la manière de mener leur vie, d'intervenir dans l'espace public et d'organiser cet espace dans des sociétés traversées par un individualisme profond? Comment offrir un cadre de réflexion acceptable pour développer des applications concrètes alors que les cadres de référence traditionnels et usuels s'estompent? Comment répondre à des questions si singulières alors que la philosophie se veut, par essence, universelle? Voilà ce dont les auteurs discutent en proposant un état des lieux et des pistes de réflexion pour ramener la philosophie sur le terrain de l'application.
Je souhaite mettre en relief la nature du discours économique en tâchant de cerner les raisons pour lesquelles nous ne pouvons nous en remettre à lui seul pour gérer les rapports humains au sein de nos communautés. Telle est en effet la thèse que j'entends défendre ici: l'économie est une science dont le pouvoir explicatif permet de comprendre nos sociétés, mais l'économisme qui en est dérivé est une forme de scientisme sur laquelle nos gouvernements et les décideurs dans leur ensemble ne sauraient légitimement s'appuyer pour gouverner. D'où l'importance de défendre, non pas la remoralisation de l'économie, qui maintient le discours économique au centre du discours social, mais un recentrage du discours social autour d'une véritable réflexion éthique. Je soutiens par conséquent que l'économisme ne peut servir de discours politique et moral, non pas pour des raisons de valeur personnelle, de charité chrétienne ou de motifs éthiques plus ou moins clairement avoués, mais bien pour des raisons formelles de cohérence logique. Un tel discours est en soi incohérent et inconsistant, donc formellement et socialement inapproprié sur le plan politique. Et cela, peu importe que nous l'utilisions pour défendre des idéaux politiques de gauche ou de droite." (A. L.)
Le projet philosophique puise ses sources dans la volonté de proposer une explication rationnelle des phénomènes naturels et culturels qui constituent le monde dans lequel l'être humain prend place. Il a servi de trame culturelle à l'Occident et amené le déploiement d'appareils conceptuels où l'on distingue théorie et pratique. On doit toutefois reconnaître qu'une philosophie théorique peut avoir une portée pratique et l'inverse, puisque toute pratique suppose un ancrage théorique pour légitimer la connaissance et les systèmes normatifs à partir desquels les explications sont avancées. Cela fait dire à certains que la distinction est désormais surannée et qu'une théorie philosophique réunifiée s'impose. Que l'on soit tenant de la tradition ou des nouvelles approches, la philosophie pratique s'impose désormais comme un passage obligé pour réfléchir les problèmes et articuler de nouvelles théories faisant écho à l'état actuel de notre monde. Le présent ouvrage revient sur la notion de philosophie pratique afin d'en faire voir les différentes acceptions et manières de la mobiliser pour réfléchir à des problèmes actuels.
Au cours des 27 années que j'ai passées dans l'univers du conseil en leadership, j'ai rarement rencontre des PDG ayant partagé leurs idées en écrivant un livre, et plus rares encore sont ceux qui investissent énormément de leur temps et de leur énergie dans la formation des dirigeants au sein de leur propre organisation. André a fait les deux. Son livre est un chef-d'oeuvre de conseils pertinents adressés aux hauts dirigeants en un temps où tous les dirigeants ont besoin de réapprendre et de se réinventer pour pouvoir réinventer leur organisation. Devant diriger dans la complexité, les dirigeants ont besoin de plus grandes capacités de perception et d'expérimentation pour pouvoir comprendre les domaines émotionnel et rationnel. André nous montre que mettre les personnes au coeur de l'entreprise change beaucoup de choses et il nous invite tous à expérimenter davantage, partageant ses idées pour accélérer notre impact sur les entreprises et sur les sociétés. Je sais qu'André fart preuve d'une compréhension remarquable des forces du marché et de l'économie d'entreprise et dans ce livre, il nous rappelle, à nous tous, que ce sont les personnes qui comptent le plus. Seuls les gens, notre leadership et notre innovation sauveront aussi la planète.
L'auteur, passionné de J.-P. Sartre, propose une lecture à travers la philosophie, l'histoire et la littérature pour aborder des questions fondamentales sur notre société d'aujourd'hui. Il nous raconte comment Sartre a pris conscience de l'engluement dans des héritages, à commencer par celui de la civilisation. Cette civilisation comme étant le logos, la parole, la logique, le discours écrit, la loi du monde, l'intelligence, la science, la rationalité, la raison. Pour cela l'auteur nous fait voyager dans l'histoire depuis avec "la raison grecque" qui a procédé méthodiquement à une liquidation des dieux de l'Olympe, à une émancipation de la "raison mythologique", pour finalement s'imposer au fil des siècles, des millénaires comme Civilisation ou Raison. En effet de sa "naissance" à nos jours, la Raison ne sait faire que trois choses et rien d'autre : mater, formater, colmater la nature en l'homme et hors de l'homme. Alors, Bassidiki Coulibaly fait dialoguer les grands penseurs entre eux autour de l'Occident qui file, sans frein ni marche arrière ; progrès, développement, croissance ! "Nous sommes embarqués", a écrit Pascal. "Serions-nous muets et cois comme des cailloux, notre passivité même serait une action", constate Sartre. Sartre a traversé le XXe siècle en choisissant d'incarner le personnage du fou de dame Raison. Il a décidé en toute souveraineté, c'est-à-dire après s'être débarrassé des idoles héritées, d'affronter la Raison en retournant contre elle ses propres armes, en tout lieu et sans répit. Projet humaniste au sens de Térence, engagement planétaire que Sartre a mené par générosité, par amour, avec passion, avec l'intime conviction de l'"homme total", de l'"individu souverain" qui sait qu'il ne faut se fier qu'à sa propre raison car la Raison ne peut avoir raison que par la force et la mystification.
En amour, nous pensons être à l'abri de manipulations... la société est là pour s'en charger. L'auteur, ethnologue, enquête sur un événement qui provoque l'émotion dans ce village de nomades de la mer, les Badjos d'Indonésie. Il interroge les habitants, consulte les chamans, fini par découvrir une forme inhabituelle d'éthique, déterminante. Pourquoi cette société interdit-elle les désirs qui portent atteinte à l'ordre social, et malgré tout offre les moyens pour les réaliser ? Comment l'individu se retrouve-t-il ? Bientôt, à la fois les lettres de son amie et sa vie dans le village, le conduisent à une introspection : comment ne plus être complice des règles imposées par l'amour ? Lentement, l'ethnologue se fait explorateur du psychisme dans ces deux civilisations, si loin l'une de l'autre. Les conclusions de son enquête sont étonnantes. S'y révèle un chef-d'oeuvre de l'art badjo : celui de créer une société équilibrée et solidaire. Avec justesse, et non sans subjectivité, à travers des situations de la vie quotidienne, l'auteur réussit à nous transmettre l'âme de cette culture unique. L'ouvrage ouvre sur des questions, qui sont les nôtres : quelle place une société donne-t-elle aux contraintes de l'amour ? La conscience morale peut-elle cohabiter avec le vice et la tentation ? La magie avec le marivaudage ?
Le lecteur découvrira les thèmes aussi variés que la finesse diagnostique (par exemple sur le délire et la paranoïa ou sur la maladie fonctionnelle ou encore sur la méthodologie des essais cliniques), les travaux de fond (par exemple sur l'Endon chez Tellenbach au sujet de l'origine dite endogène ou du pouvoir d'un médicament psychotrope) et les aspects cliniques de la psychopathologie entrant dans l'exercice du psychiatre (par exemple l'annonce du cancer, le médecin malade, la fonction du lit en milieu hospitalier chez le malade psychique, etc.), tous chers à Arthur Tatossian, car ceux-ci permettent d'aborder le vécu de l'être humain, les notions de phénomène, de vulnérabilité, d'intersubjectivité, d'autonomie et de liberté et aussi les difficultés de communication dans de nombreuses circonstances. Après un rappel de l'incidence des évènements vitaux sur le déclenchement des troubles psychiques, en relation avec le vécu du sujet, ce vécu est étudié dans des situations diverses. Le cas du sujet atteint de cancer en phase pré-terminale, face à la souffrance et à la mort permettent de comprendre les difficultés de communication entre le sujet et autrui - entourage, famille, soignants, médecins compris -, le stress du patient dont le corps n'est plus que corps-objet mais aussi celui de ceux qui l'entourent souffrant de leur difficulté à exprimer leur empathie et, pour les soignants, de leur impuissance face à la maladie qu'ils vivent comme un échec. Ceci se retrouve, à des nuances près, chez les malades mentaux, psychotiques en particulier, les membres de leur famille et le psychiatre, lequel par l'approche phénoménologique pourra accéder au vécu de son patient et ainsi choisir la thérapeutique lui assurant une autonomie aussi importante que possible en tenant compte de ses possibilités restantes même si elles sont minimes, le but étant de lui assurer une vie la plus proche de la vie normale hors de l'hôpital. La phénoménologie de la dépression et celle du corps sont abordées à la fois sur les plans historique, théorique et pratique et il en est de même pour la physiopathologie de la paranoïa et la personnalité paranoïde ainsi que pour les délires, lesquels sont rarement chroniques actuellement grâce aux psychotropes permettant un recours limité aux hospitalisations, toujours les pus courtes possibles, même si elles doivent être répétées, le but étant de ne pas infantiliser le malade en le privant de toute autonomie et de lui permettre de retrouver une place effective dans sa famille.