Roussel a perdu un ?il et il lui manque le pouce et l'index à la main droite. A l'âge de dix ans, il avait découvert une grenade, oubliée dans un champ, en Provence. Intrigué, il eut l'imprudence de la frapper avec un marteau. L'explosion l'a rendu infirme. L'enfant blessé devient un jeune homme rebelle, farouche. Mais il ne veut pas se considérer comme une victime. Sa passion pour la photographie devrait le sauver. Il commence une carrière difficile. Photos érotiques, photos de plage, la médiocrité le guette. Enfin il rencontre Marie, son grand amour. Le malheur le frappe à nouveau. Marie disparaît. Fou de douleur, il regarde le soleil en face lors d'une éclipse. C'est comme s'il regardait sa propre mort. De tous ses clichés, un seul va échapper au désastre, un portrait de Marie. Philippe Lacoche, romancier délicat et nostalgique, peintre du Nord des petites gens, a élargi ici sa palette. En s'éloignant des bals populaires et des virées en scooter, il cède aux charmes désenchantés de la passion et du romanesque.
Nombre de pages
246
Date de parution
16/05/2000
Poids
245g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782080680136
Titre
Un léger désenchantement
Auteur
Lacoche Philippe
Editeur
FLAMMARION
Largeur
135
Poids
245
Date de parution
20000516
Nombre de pages
246,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Quand il s'agit d'écrire sur les quartiers et leurs populations, certains cherchent avant tout à dénoncer des dérives, d'autres à rassurer, voire à en donner essentiellement une bonne image. Ici pas d'idée préconçue si ce n'est être au plus près des enjeux du quotidien. Les habitants ont alors invité Philippe Lacoche pour mettre des mots sur ce qui les anime. L'ouvrage qui en est issu est le fruit d'une longue maturation entre écrivain, citoyens et collectifs dix ans avec des moments d'accord et d'autres de dissensions : les uns aimeraient que le quartier soit mieux apprécié alors que les problèmes s'imposent de façon tenace aux autres. Tous sont cependant saisis par les antagonismes et les contradictions révélés. Crises, drogue et violence défient la fraternité et le bien-être. Parfois les murs sont évoqués comme prisons et d'autres fois comme nichoirs et refuges. De façon originale, ce livre condense simultanément regard et vécu. Autour des textes portés du point de vue sensible de l'auteur, figurent les paroles, les illustrations, les images travaillées collectivement par les habitants.
Je suis picard, terriblement picard, foncièrement picard, authentiquement picard. Né à Chauny, dans l'Aisne, j'ai vécu et travaillé dans les trois départements. (...) Je crois en l'Etat, synonyme de bien public. En un mot : j'ai l'esprit jacobin. Je n'en tire aucune fierté particulière ; c'est comme ça, tout simplement. Je ne nourris aucune animosité contre les régions. Au contraire : j'apprécie leurs couleurs, leurs odeurs, leurs langages et dialectes, leurs parfums, leurs patrimoines, leurs églises. Quand je retournai, alors, la terre de mon jardin de Longueau, près d'Amiens, dans la Somme, en mars, je m'interrogeais : cette terre brune comme la peau gluante d'une tanche est-elle picarde ? Qu'a-t-elle de différent des autres terres ?" Écrivain et journaliste picard, Philippe Lacoche signe ici un essai amoureux et engagé sur sa région natale.
Je me souviens de l'odeur de la ruelle, quand il pleuvait sur la poussière, le soir, après les chaudes journées d'été. Elle se mêlait à celle, un peu âcre, du sureau qui émanait des taillis du terrain vague coincé entre le mur orné de tessons usés de la maison de mes parents et la cité Roosevelt (Tergnier, Aisne). Une petite cité provisoire, construite à la va-vite après la guerre, avec des bicoques aux toits recouverts de bitume et aux murs fragiles qu'on défonçait à coups de marteau." Au début des années 1960, sur ce terrain de jeu que recouvre le béton, les gamins du quartier, fils de cheminots, d'ouvriers et d'épiciers, organisent des concours de billes, des matches de football à la sortie de l'école et de fabuleuses parties de pêche dans le canal. Et ils observent avec étonnement la rudesse du monde des adultes troublé par la lointaine guerre d'Algérie: les jeunes appelés qui disparaissent là-bas, l'arrivée des pieds-noirs... Philippe Lacoche fait revivre, avec une grande sensibilité, toute une époque qui sentait le linoléum et le tabac blond des Balto.
Vingt-Cinq ans après, qu'est devenu Jean Marie Le Verguem, dit Juan ? Hanté par le doute, Antoine croit sans cesse reconnaître son ancien camarade de lycée. Quand il obtient par les renseignements l'adresse d'un abonné du même nom, les souvenirs reviennent... Souvenirs de cette rentrée de septembre 1971, lorsque ce drôle de petit Breton aux allures de Mick Jagger avait fait dans la classe une arrivée remarquée. Affranchi, idéaliste, Juan s'engage en politique et écoute du rock, cité Rimbaud et rêve d'ailleurs. Antoine, fasciné, découvre avec lui la musique, les filles, les bars où l'on joue à l'homme en buvant du Casanis. Mais pour Juan, le quotidien est insupportable. Il va aller toujours plus loin, vers de nouvelles expériences, sur d'autres chemins, et finalement disparaître, mystérieux comme un petit frère du grand Meaulnes.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.