Cet ouvrage est issu des rencontres du XVIIIe Congrès de l'ARIC qui se sont déroulées en octobre 2021 à l'Université Côte d'Azur (France). Il a pour ambition de faire dialoguer des auteur. e. s sur le thème de l'interculturel par temps de crises. Affectant profondément les relations humaines, la pandémie de la COVID-19 a amplifié les tensions et les incertitudes liées à de multiples crises (climatiques, identitaires, politiques, économiques, migratoires) tout en exacerbant des rapports de domination et des inégalités chez les groupes minorisés. Comment envisager des relations interculturelles au défi d'une diversité sociale et culturelle, mais aussi renouveler nos manières de penser et vivre l'interculturel en situation de crises ? Ce questionnement interpelle chercheurs, praticiens et acteurs de terrain sur la complexité du pluralisme linguistique et religieux en éducation et formation, auprès des étudiants en mobilités, des apprenants de l'enseignement scolaire islamique ou encore dans le cadre de la formation des enseignants en situation de diglossie. Il s'inscrit dans une perspective critique de la fabrique de l'altérité en contextes plurilingues dans un espace francophone en recomposition.
Martineau Myriame ; Hanafi Rania ; Rinaudo Christi
Comment penser nos rapports à l'Autre et à soi en ces temps de crises multiples et réapprendre à habiter le monde ensemble ? Cet ouvrage s'attache à montrer les multiples inégalités et oppressions que subissent les groupes racisés ou minorisés dans les sociétés des Suds et des Nords. Il s'interroge sur nos manières de prendre position et d'agir face à ces fabriques de l'altérité qui invisibilisent les artistes, les femmes et les migrant. e. s. Il dévoile les passerelles et les solidarités créées par les artistes pour façonner de nouveaux imaginaires. Il renouvelle l'approche interculturelle et féministe dans la recherche et les pratiques pour saisir toute la complexité des rapports de domination. Il questionne, au prisme des migrations internationales, les nouvelles conceptions de l'altérité vécue, subie ou négociée, en mettant en dialogue les processus de créolisation, de décolonisation et de diversel.
A partir d'écrits personnels et de consultations épistolaires féminines, cet ouvrage revisite l'histoire du corps et de la médecine au siècle des Lumières en s'intéressant aux représentations et pratiques des femmes des élites socioculturelles. Lectrices des ouvrages de vulgarisation médicale, et cibles privilégiées des soignants officiels souhaitant en faire des promotrices de leurs soins, elles n'en composent pas moins des visions singulières du corps, entre corporéités mondaine et féminine, amenant à repenser la réception des discours scientifiques sur la différenciation sexuelle. Leurs expériences, tant liés à la reproduction qu'à la maladie, invitent également à reconsidérer, du frisson au baume, les corps féminins des Lumières, entre soumission aux injonctions reproductives et velléités émancipatrices.
Hanafi Nahema ; Mandressi Rafael ; Noailles-Pizzol
Pour son 15e numéro, la revue Histoire, médecine et santé propose un dossier autour des "Nouvelles recherches en histoire contemporaine" . Ces travaux inédits de jeunes docteur(e)s ayant soutenu très récemment une thèse en histoire de la santé ou de la médecine, témoignent de la vitalité de ce champ de recherche, notamment pour la période contemporaine. Ces thématiques variées, volontairement inscrites dans des temporalités et espaces sociopolitiques différents, constituent une illustration des renouvellements récents de l'histoire sociale et culturelle de la médecine.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...