LE LIVRE-SAUVEUR. La question du livre sous la Révolution Française 1789-1799
Kupiec Anne
KIME
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EAN :9782841741083
Lié, dans le prolongement des Lumières, à la lutte contre l'ignorance et pour l'émancipation, le livre occupe une place singulière sur la scène révolutionnaire. Le livre-sauveur est célébré. Mais il peut être aussi condamné. Comment comprendre l'enjeu que constitue le livre et les paradoxes qu'il révèle ? Directement confronté aux notions d'égalité et de liberté, le livre en souligne les contours, mais aussi la complexité. Il est utilisé par les acteurs révolutionnaires ayant entrepris de régénérer et d'homogénéiser le corps politique, mais il est aussi encadré, maîtrisé afin de gommer ses aspects considérés comme distinctifs. La conception du savoir et de la connaissance, dans une société composée désormais de citoyens égaux, en est évidemment modifiée. Les effets de la rencontre finalement manquée entre livre et Révolution soulignent, à la fois, le rapport ambivalent entre le pouvoir et le livre et la relation ambiguë entre le livre - livre sauveur -, le corps social et les individus qui le composent.
Nombre de pages
250
Date de parution
01/11/1998
Poids
348g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841741083
Titre
LE LIVRE-SAUVEUR. La question du livre sous la Révolution Française 1789-1799
Auteur
Kupiec Anne
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
348
Date de parution
19981101
Nombre de pages
250,00 €
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Karl Mannheim, grande figure intellectuelle européenne, est l'un des fondateurs de la sociologie de la connaissance. Né en Hongrie en 1893, Mannheim a enseigné en Allemagne de 1920 à 1933 puis, contraint à l'exil, il s'est installé en Angleterre jusqu'à sa mort en 1947. Face à la crise dans laquelle s'enfonce l'Allemagne d'abord puis l'Europe tout entière, Mannheim tente d'élucider les raisons qui poussent certains à s'accrocher au passé et d'autres à dessiner un avenir en rupture avec le présent. Faisant appel à de nouvelles modalités du connaître, il essaie d'élaborer ce qu'il appelle une nouvelle science du politique pour surmonter les difficultés de l'entre-deux-guerres. Mais son approche originale - ce qu'il appelle l'exploration des possibles - présente un caractère suffisamment général pour constituer une leçon stimulante pour le présent. Grâce à sa manière d'écrire, Mannheim compose une sorte de modèle socratique qui aménage les conditions d'une relation active avec son lecteur ainsi conduit à une analyse constante et autonome. L'on comprend pourquoi L'oeuvre de Mannheim a suscité les réactions, souvent passionnées, de nombreux penseurs occidentaux du xxe siècle. Ce livre veut donner sa vraie dimension à une ?uvre trop négligée en France ces dernières décennies.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.