Le critère pour l'architecture après le tsunami est l'humilité". Kengo Kuma avait presque 10 ans lorsqu'il visita, à l'occasion des Jeux olympiques de Tokyo de 1964, le gymnase Yoyogi, en forme d'immense poisson, conçu par Kenzo Tange. Ce bâtiment le marqua profondément et suite à cette expérience forte, il décida de devenir architecte. Passionné par la culture et l'architecture traditionnelles de son pays, où l'usage et le travail des bois sont poussés à une sorte de paroxysme symbolique et où matériaux naturels et gestes ancestraux sont mêlés de manière surprenante à une modernité sans concession, Kengo Kuma a tracé son chemin. Il a créé son atelier en 1990 et se retrouve aujourd'hui à la tête d'un groupe d'agences d'architecture implantées au Japon, en Chine, aux Etats-Unis et en France. Sa production, impressionnante en nombre de projets, demeure pourtant empreinte de la même philosophie : une audacieuse inventivité et une frugalité de moyens, un recours aux matériaux traditionnels (bois, bambou, terre, pierre) utilisés de manière contemporaine et, à l'inverse, un usage vernaculaire des matériaux innovants, un respect de l'histoire et des sites. D'abord confiée à Zaha Hadid finalement écartée pour des raisons budgétaires, la conception du stade olympique des JO 2020 (2021) est revenue comme une évidence à l'enfant de Tokyo, Kengo Kuma. Celui-ci sera devenu en trente ans l'un des architectes les plus fascinants et les plus influents au monde. Mais il est peut-être moins connu pour son travail dans son Japon natal, où il oeuvre activement à la préservation des techniques de construction traditionnelles et de l'artisanat ancien. Sa vive curiosité pour toutes les techniques et une richesse de connaissances sur le monde, acquises au cours de ses voyages, font de Kengo Kuma un commentateur unique de la mégapole tokyoïte. A travers vingt-cinq histoires axées autour de quartiers et de quelques-uns de ses projets, cet ouvrage intimiste dresse un tableau du Tokyo qui a inspiré sa vocation à un jeune garçon et illustre la façon dont l'héritage national japonais a contribué à modeler durablement sa réflexion et son inspiration. Il nous offre également à nous donner un aperçu de la culture japonaise et des clés pour comprendre comment tradition et modernité s'articulent au Japon. "Nous devons chercher à architecturer la nature et non pas naturaliser l'architecture, comme nos prédécesseurs l'avaient tenté".
Nombre de pages
128
Date de parution
21/01/2021
Poids
284g
Largeur
138mm
Plus d'informations
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EAN
9782863643686
Titre
Une vie d'architecte à Tokyo
Auteur
Kuma Kengo ; Michel Florence
Editeur
PARENTHESES
Largeur
138
Poids
284
Date de parution
20210121
Nombre de pages
128,00 €
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Quand une chose entretient une relation heureuse avec le lieu où elle se trouve, nous ressentons cette chose comme naturelle. C'est le mariage heureux de l'architecture et du lieu qui engendre l'architecture naturelle. " Architecte du stade olympique de Tokyo ou du musée Hiroshige et en France, de la cité des arts de Besançon, du FRAC de Marseille ou de l'étonnant conservatoire d'Aix-en-Provence, avec ses panneaux disposés en origami, du musée Albert Kahn, de la gare de Saint-Denis Pleyel en 2023, mais aussi de nombreuses maisons audacieuses en bambous ou en bois, Kengo Kuma décline le principe fondamental de l'architecture japonaise, qui relie l'homme et la nature. Il n'y a pas d'opposition entre le dedans et le dehors. Tout est affaire de gradation, de superpositions, de syntonie. A l'opposé de l'architecture occidentale pour qui la monumentalité est l'aboutissement. En huit chapitres, huit matériaux, huit réalisations emblématiques, cet architecte radical nous entraîne dans de nouvelles voies de coexistence avec la nature. Ce livre est à la fois, un livre d'histoire subjective de l'architecture, un manuel d'application pratique (toujours enlevé et souvent drôle) et une réflexion sur le sens de l'architecture.
Engawa : cet entre-deux si précieux dans l'architecture japonaise, ni tout à fait dedans, ni tout à fait dehors, devient ici la clé de lecture d'un projet hors norme. Conçue par Kengo Kuma, la gare Saint-Denis Pleyel incarne une philosophie du lien, un syncrétisme subtil entre France et Japon, entre générosité urbaine et légèreté construite. Portée par la Société des Grands Projets, cette gare est bien plus qu'un hub métropolitain. Elle est le fruit d'un défi technique et technologique sans précédent dans l'histoire récente du génie civil français. Ouvrage d'art et de précision, elle s'inscrit dans un territoire en mutation, comme un point de bascule entre hier et demain. A travers un texte critique, des entretiens inédits et un regard à la fois sensible et documenté, ce livre explore les multiples dimensions de cette architecture-signal.
Graffin Emmanuelle ; Kuma Kengo ; Back Martyn ; Gu
Dans le quartier Lyon Confluence, l'îlot Hikari, conçu par l'architecte japonais Kengo Kuma, frappe par sa qualité architecturale associée à des exigences environnementales très élevées. Afin d'atteindre ces objectifs, les trois bâtiments de l'ensemble regroupant des bureaux, des logements et des commerces mutualisent leur consommation et leur production d'énergie par des procédés innovants. Cet ouvrage met en lumière le premier îlot à énergie positive d'Europe.
Patrick Bouchain est un architecte, urbaniste, maître d'oeuvre et scénographe français. C'est un pionnier du réaménagement de lieux industriels en espaces culturels (le Lieu unique à Nantes, la Condition publique à Roubaix, Le Channel à Calais...). Partisan d'une méthode collaborative avec les habitants, permettant de définir une stratégie collective pour aborder les questions urbaines, son action est guidée par sa liberté, son goût de l'expérimentation, son appétence pour les territoires et les sites. Son travail vise à promouvoir le " possible ignoré ", sortir des standards pour que le temporaire débloque des situations figées, en jonglant, si nécessaire, avec la législation. Et toujours conserver une forme d'inachèvement qui accueille l'imprévu.
Comment comprendre le paysage ? Dépassant l'idée d'un spectacle inerte ou d'un simple "objet", cette série d'études déploie au contraire celle d'un milieu dynamique : le paysage doit être considéré comme une "relation". A partir de la marche, de la danse, du mouvement en général, en dialogue avec le théoricien John Brinckerhoff Jackson, la danseuse Anna Halprin et l'architecte Lawrence Halprin, le collectif Stalker, les artistes Carl Andre, George Trakas ou Mattias Poisson, c'est l'expérience même du paysage qui est appréhendée et explorée ici. Une expérience qui s'enrichit des figures particulières de désorientation que l'art donne l'occasion de mieux révéler. Des formes de représentation comme la carte et la riche production créative qui l'accompagne, ou la photographie aérienne qui bouscule les échelles et la perception des territoires, offrent une manière différente de regarder. Dès lors, le déplacement horizontal se double implicitement d'une vision verticale ? une autre façon de traverser le paysage. Une même conviction parcourt ces écrits : pour comprendre et transformer nos paysages, pour y vivre et pour les aimer, il nous faut mobiliser un goût esthétique et un imaginaire productif, donnant à l'art, à la philosophie, à l'anthropologie un rôle essentiel.
Le 15 avril 2019, le spectacle de l'incendie de Notre-Dame de Paris émeut le monde entier. L'heure est aujourd'hui aux projets de reconstruction de son extraordinaire charpente et de sa flèche, entièrement détruites. Chef-d'oeuvre médiéval, la cathédrale n'en est pas à sa première réfection. Au début du XIXe, après deux siècles de dégradation continue, Notre-Dame voit son sort basculer. Viollet-le-Duc est alors chargé de sa restauration. Publié en 1856, la Description de Notre-Dame constitue un guide des différentes parties de la cathédrale et de l'ensemble de son appareil sculptural, tant extérieur qu'intérieur. C'est un vocabulaire précis et détaillé, enrichi, pour en faciliter la lecture et la compréhension, de dessins et de gravures de la main de l'architecte.
Longtemps vu comme un artiste de prestige, appelé par la vocation et protégé par le "Prince", l'architecte est aujourd'hui amené à évoluer dans un contexte fortement dominé par le néolibéralisme mondialisé. Au cours des dernières décennies, la créativité personnelle, le travail immodéré, le "colloque singulier" avec la clientèle qui caractérisaient sa pratique ont progressivement cédé le pas à une logique comptable calquée sur les méthodes de l'entreprise. En matière de construction, privée comme publique, la priorité est désormais à la rationalisation des processus de production, aux démarches qualité, au New Public Management, et au recours aux contrats globaux (partenariats public-privé et contrats de conception-réalisation) qui sécurisent les commanditaires. Si quelques figures charismatiques de l'architecture font durer l'illusion, la profession, viscéralement attachée à son statut d'acteur culturel, traverse une véritable crise d'identité. Comment ne pas "perdre son âme" dans cette nouvelle donne ? A quels outils, compétences, stratégies recourir pour s'adapter ? Et, in fine, la voie néolibérale est-elle la seule possible ?