En raison du mouvement de grève à Bpost, nous vous recommandons de privilégier les envois par Mondial Relay sur notre site.
Souvenirs du futur
Krzyzanowski Sigismund ; Tatsis-Botton Anne-Marie
VERDIER
15,72 €
Sur commande, 2 à 4 jours
EAN :9782864326199
L'histoire que Max préférait quand il avait quatre ans était celle de Tic et Tac. Chevauchant le genou paternel, les paumes fourrées dans le veston au lainage imprégné de l'odeur du tabac, le petit commandait: - Raconte-moi Tac. Le genou oscillait au rythme du balancier qui tictaquait contre le mur, et le père commençait: - Alors, attaquons: il était une fois une horloge (avec un ressort dedans), et l'horloge avait deux fils: Tic et Tac. Pour apprendre à marcher à Tic et à Tac, l'horloge avait sa tactique: geignant et grinçant, elle se laissait remonter. Et l'aiguille noire - pour un prix convenu - se promenait avec Tic-Tac sur le cadran. Mais Tic et Tac ont grandi: des taquins, de vrais loustics. Ils ont quitté chiffres et cadran, ils ne reviennent pas. Et l'horloge les cherche à tâtons avec ses aiguilles, elle geint et appelle: «Tic-Tac, Tac-Tic, Tac!» Alors, elle est bien racontée, mon histoire? Et le petit Max, plongeant la tête la première sous le pan de la veste, clignait de l'oeil derrière les paupières de drap des boutonnières et répondait invariablement: - Non. Le chaud gilet paternel tressautait de rire, bruissait contre ses oreilles; visible par la fente de la boutonnière, une main secouait une pipe. - Et alors, comment faut-il la raconter? Je vous écoute, monsieur Max Sterer. Finalement Max Sterer avait répondu, mais trente ans plus tard. La première tentative de passer le seuil qui sépare les mots de l'action se situe vers la sixième année de la vie de Max. La maison où vivaient les Sterer jouxtait des champs de moutarde, dont les carrés verts descendaient loin vers un méandre de la Volga. Un soir - c'était en juillet - le gamin ne parut pas au dîner. Le domestique fit le tour de la maison en criant le nom du disparu. La place de Max demeura vide pendant tout le repas. Le soir devint nuit. Le père et le domestique partirent à sa recherche. La lumière demeura allumée toute la nuit dans la maison. On ne retrouva le fugitif qu'au matin: près de l'embarcadère, à dix verstes de la maison. Il avait tout d'un voyageur chevronné: baluchon sur le dos, bâton à la main, dans la poche un croûton de pain et quatre pièces de cinq kopeks. Aux cris furieux du père, qui exigeait un mea-culpa sincère, le fuyard répondit tranquillement: - Ce n'est pas moi, c'est Tac et Tic qui se sont sauvés. Et moi je suis parti les chercher.
Nombre de pages
121
Date de parution
07/10/2010
Poids
168g
Largeur
156mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782864326199
Titre
Souvenirs du futur
Auteur
Krzyzanowski Sigismund ; Tatsis-Botton Anne-Marie
Editeur
VERDIER
Largeur
156
Poids
168
Date de parution
20101007
Nombre de pages
121,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Ne seriez-vous pas tenté, citoyen, par l'acquisition d'un système philosophique ? Avec double perspective sur le monde : s'oriente à la fois sur le micro et le macrocosme. Conçu d'après une méthode stricte et sûre. Répond aux grandes questions... pour un petit prix. Vous hésitez, citoyen. Pourtant, cette conception du monde, que je suis également prêt à vous laisser à crédit, est tout ce qu'il y a de plus original ; jamais usée par aucune pensée. Vous seriez le premier à la concevoir. Moi, je ne suis qu'un simple constructeur, un assembleur de systèmes. C'est tout. Mais comprenez donc qu'en vous cédant cette conception, je m'en prive moi-même. N'eût été l'extrême nécessité... je vous le dis franchement : c'est un système idéaliste. Mais je ne prends pas cher. " Ce crève-la-faim de la littérature qui fait commerce de pensées, d'aphorismes ou de chiens volés, et qui sait que les mots l'emportent toujours sur la réalité, ressemble par bien des points à l'auteur des cinq nouvelles rassemblées dans ce volume.
Le baron de Münchhausen, officier allemand très réel (1720-1797) qui servit dans l'armée russe contre les Turcs, et dont les aventures extraordinaires inspirèrent romanciers et cinéastes (en France il est devenu le baron de Crac), est ici "réactivé" pour donner à comprendre la Russie des années vingt. Les puissances occidentales cherchent celui qui pourrait porter ses pas dans ce pays invraisemblable afin d'essayer d'en repérer les extravagances. En sa qualité de personnage de fiction, le baron est tout désigné. Ce qu'il dit de la Russie laisse le monde entier ébahi. Traduit du russe. Du même auteur : Le Marque page ; Le Club des tueurs de lettres ; Estampillé Moscou.
Krzyzanowski Sigismund ; Jurgenson Luba ; Perrel C
Les doigts délicats d'un pianiste virtuose fuguent et découvrent une ville rude et froide. Un joueur d'échecs voit tout à coup sa vie se jouer sur l'échiquier. Un bâtisseur de ponts converse avec un crapaud tout droit venu du Styx. Et le fils d'un fantôme médical, mannequin servant aux futurs médecins à s'entraîner, mille fois accouché, s'échappe de son bain d'alcool et revient hanter l'étudiant qui l'a fait naître. Double difforme du narrateur et de l'auteur, mort-vivant chez les vivants-morts, il travaille comme gardien des lieux et remplit des formulaires: "Dans la rubrique Origines sociales, j'écrivais toujours Fantôme, et dans Occupation temporaire, je notais d'une écriture soigneusement calligraphiée: Humain." Ces récits brefs et étincelants, écrits pour la plupart au début des années vingt, sont marqués par la noirceur de la guerre et d'un temps dont Krzyzanowski a mesuré, avant tout autre, l'absurdité et la violence faite aux hommes comme aux mots.
Rien n'est jamais trop étrange pour Krzyzanowski. Voilà qu'un de ses grands textes - tout petit en nombre de pages - que l'on croyait perdu à jamais vient de réapparaître aux archives à Moscou, restitué en 1995 par le FSB (ex-KGB) puis oublié au fond d'une réserve. S'il n'a pas valu à son auteur d'être arrêté, c'est peut-être parce que celui-ci portait par hasard le même nom qu'un grand révolutionnaire, ou parce qu'il était un écrivain à ce point invisible que l'absence de reconnaissance dont il a tant souffert lui a pour finir sauvé la vie. Et l'on ne sait toujours pas de quelle "affaire" relevait ce dossier. S'agissait-il du texte original confié à une dactylo qui aurait été arrêtée ? D'un exemplaire donné à lire à un écrivain qui se serait fait confisquer ses écrits ? Mystère... Quant à la rue Involontaire, elle existait réellement à l'époque : quelques coudes zigzaguant dans le quartier de l'Arbat où vivait Krzyzanowski avaient "involontairement" formé une petite rue. Celle-ci figure aujourd'hui encore sur les cartes, mais... est introuvable dans la réalité. Rue Involontaire est composé de sept lettres écrites par l'écrivain et son coauteur, la vodka. N'ayant personne à qui écrire, Krzyzanowski les adresse au premier venu ou à la fenêtre qui reste allumée la nuit, et les expédie par la fente de son vasistas. Avec une noirceur joyeusement désespérée, il approche à pas grincés de l'autobiographie. Ce récit est accompagné de deux petits textes ivres et foutraques, et d'extraits des carnets de l'écrivain.
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.
Léonor a quatre ans lorsque son père, le peintre Félix de Récondo, lui raconte l'exil d'Espagne en 1936 ; il avait quatre ans lui aussi, et fuyait avec sa mère et ses frères la guerre civile et les franquistes. En 2015, à la mort de son père, la question de la nationalité espagnole surgit, alors que la violoniste se mue en écrivaine : lui suffirait-il d'entreprendre les démarches, longues, pénibles, pour panser par le droit le sens de la filiation ? Habitée par les images de Goya (Les Désastres de la guerre) et celles de son père, qui y font écho (Prison), Léonor de Récondo lit et relie les mots et les souvenirs, l'art, la littérature et l'histoire. Entre la musicienne et le peintre, une mémoire, enfouie, trouée, se fait jour. Léonor de Récondo est née en 1976. Elle est l'autrice notamment de Amours (Sabine Wespieser, 2015), La Leçon de ténèbres (Stock, 2020) et Marcher dans tes pas (L'Iconoclaste, 2025).
Dans un Paris dévasté par une catastrophe (accident nucléaire, cataclysme naturel, guerre de religion ?), un groupe de jeunes gens arpentent les rues, tentent de survivre en mangeant ce qu'ils trouvent, chantent des airs de John Holiways et fuient la violence de leurs ennemis en cherchant un ailleurs. Car ce monde en lambeaux, il s'agit malgré tout de l'habiter, de s'y vêtir et d'y trouver des raisons d'espérer. Comment tenir ? Comment trouver en soi de quoi réjouir la vie quand tout a sombré? Ce sont les questions que se posent, avec humour et cruauté, les protagonistes de cette aventure.
Le Dit du Genji", ce grand classique de la littérature universelle dont Borges disait qu'il n'a jamais été égalé, fut écrit au début du onzième siècle par dame Murasaki, une aristocrate qui vécut à la cour impériale de Heian-kyô (l'actuelle Kyôto). Cependant, écrit René Sieffert qui a travaillé à sa traduction près de vingt ans, "pas un instant je n'ai eu le sentiment d'un véritable dépaysement, ni dans le temps ni dans l'espace, mais au contraire me hantait l'impression constante d'être engagé dans une aventure mentale étonnamment moderne. Il m'a semblé découvrir des situations, des analyses, des dialogues qui pouvaient avoir été imaginés hier, si ce n'est demain." Ce "roman-fleuve", qui retrace le destin politique et la riche vie amoureuse d'un prince, le Genji, vaut autant par la vigueur de la narration que par l'évocation d'un climat, une atmosphère, un état d'âme, les accords d'une cithare ou le parfum d'un prunier en fleur - illustration parfaite de l'impermanence de ce monde et de la vanité ultime de toute entreprise humaine.