
Troisième nuit de Walpurgis
« Mir fällt zu Hitler nichts ein » (Sur Hitler, aucune idée ne me vient), voici l’incipit de ce texte monumental de l’immense satiriste viennois écrit en 1933 alors qu’il assistait à la montée du nazisme. Il s’agit, avant tout, ici d’un aveu d’impuissance ; dès les premiers mots, Kraus le déclare : on attend du satiriste qu’il sorte de son mutisme et s’attaque à ce nouveau trait du « visage grimaçant de l’époque », mais, déjà, l’époque a dépassé la satire et l’écrivain en est « assommé », rendu « incapable de pensée ». Mais cet aveu est, malgré tout, suivi d’une tentative de saisir l’évènement. Bien qu’il décéda trois ans plus tard, en 1936, et ne connut donc pas toute l’ampleur que prit la barbarie nazie, l’auteur livra ici un texte qui constitue, selon moi, l’une des plus lucides sur la nature profonde du national-socialisme.
ET SI SURTOUT la perte de la culture n'était pasachetée au prix de vies humaines ! La moindre d'entre elles, ne serait-ce même qu'une heure arrachée à la plus misérable des existences, vaut bien une bibliothèque brûlée. L'industrie intellectuelle bourgeoise se berce d'ivresse jusque dans l'effondrement lorsqu'elle accorde plus de place dans les journaux à ses pertes spécifiques qu'au martyre des anonymes, aux souffrances du monde ouvrier, dont la valeur d'existence se prouve de façon indestructible dans la lutte et l'entraide, à côté d'une industrie qui remplace la solidarité par la sensation et qui, aussi vrai que la propagande sur les horreurs est une propagande de la vérité, est encore capable de mentir avec elle. Le journalisme ne se doute pas que l'existence privée, comme victime de la violence, est plus près de l'esprit que tous les déboires du négoce intellectuel. Et surtout cet univers calamiteux qui occupe désormais tout l'horizon de notre journalisme culturel.
| EAN | 9782748900132 |
|---|---|
| Titre | Troisième nuit de Walpurgis |
| Auteur | Kraus Karl ; Deshusses Pierre ; Bouveresse Jacques |
| Editeur | AGONE |
| Largeur | 120 |
| Poids | 590 |
| Date de parution | 20050207 |
| Coup de coeur de | Robin |
| Nombre de pages | 562,00 € |
| Disponibilité | Epuisé |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Les derniers jours de l'humanité. 3e édition revue et augmentée
Kraus KarlQuand les jours n'entendraient plus, il y aurait au-delà une oreille pour l'entendre! Je n'ai fait que comprimer cette mortelle quantité qui, incommensurable, se réclamerait de l'inconstance des jours et des journaux. Tout leur sang fut seulement encre - à présent tout sera écrit avec du sang! Voilà la guerre mondiale. Voilà à mon manifeste. J'ai tout mûrement réfléchit. J'ai pris sur moi cette tragédie qui se décompose en autant de tableaux de l'humanité en décomposition afin que l'entende l'esprit qui prend pitié des victimes, eût-il renoncé à jamais à tout lien avec une oreille humaine. Qu'il reçoive la note fondamentale de ces temps, l'écho de ma démence sanglante qui me rend, moi aussi, coupable de ces bruits. Qu'il l'admette comme rédemptionSur commande en 4-6 joursCOMMANDER20,30 €
Du même éditeur
-

Une histoire populaire de la France. De la guerre de Cent Ans à nos jours
Noiriel GérardEn 1841, dans son discours de réception à l'Académie française, Victor Hugo avait évoqué la " populace " pour désigner le peuple des quartiers pauvres de Paris. Vinçard ayant vigoureusement protesté dans un article de La Ruche populaire, Hugo fut très embarrassé. Il prit conscience à ce moment-là qu'il avait des lecteurs dans les milieux populaires et que ceux-ci se sentaient humiliés par son vocabulaire dévalorisant. Progressivement le mot " misérable ", qu'il utilisait au début de ses romans pour décrire les criminels, changea de sens et désigna le petit peuple des malheureux. Le même glissement de sens se retrouve dans Les Mystères de Paris d'Eugène Sue. Grâce au courrier volumineux que lui adressèrent ses lecteurs des classes populaires, l'auteur découvrit les réalités du monde social qu'il évoquait dans son roman. L'ancien légitimiste se transforma ainsi en porte-parole des milieux populaires. Le petit peuple de Paris cessa alors d'être décrit comme une race pour devenir une classe sociale. La France, c'est ici l'ensemble des territoires (colonies comprises) qui ont été placés, à un moment ou un autre, sous la coupe de l'Etat français. Dans cette somme, l'auteur a voulu éclairer la place et le rôle du peuple dans tous les grands événements et les grandes luttes qui ont scandé l'histoire depuis la fin du Moyen Age les guerres, l'affirmation de l'Etat, les révoltes et les révolutions, les mutations économiques et les crises, l'esclavage et la colonisation, les migrations, les questions sociale et nationale.EpuiséVOIR PRODUIT28,01 € -

Changer sa vie sans changer le monde. L'anarchisme contemporain entre émancipation individuelle et r
Bookchin Murray ; Crépin XavierJe ne peux que suivre Emma Goldman quand elle déclare ne pas vouloir d'une révolution où elle ne pourrait pas danser. Mais au moins voulait-elle une révolution, sans laquelle de telles fins esthétiques et psychologiques ne bénéficieraient qu'à quelques-uns. Or les objectifs révolutionnaires et sociaux de l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot "anarchie" fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle, insouciante, mais délicieusement inoffensive.EpuiséVOIR PRODUIT14,00 € -

Moi, Silvio de Clabecq, militant ouvrier
Thirionet Françoise ; Marra SilvioFrançoise Thirionet a rencontré Silvio Marra, ouvrier italien émigré en Belgique, au début des années 1970. Pendant trente ans, ils militent ensemble en discutant des problèmes rencontrés par Silvio aux Forges de Clabecq où il travaille. Ce livre est issu de leurs entretiens. Pour Silvio et ses collègues, le quotidien à l'usine, c'est d'abord s'atteler à déconstruire certaines règles qui règnent dans l'entreprise. Notamment les attitudes de résignation et de peur. Rapidement élu délégué syndical en charge des questions d'hygiène et de sécurité, Silvio témoigne des luttes qui ont eu lieu pendant trente ans pour améliorer les conditions de travail et pour empêcher la fermeture annoncée du site. Les ouvriers de Clabecq se fient à leurs propres forces et à leur connaissance de leur métier pour mener leurs combats. Quitte à mettre de côté l'appareil syndical sitôt qu'il a déclaré ne plus rien pouvoir pour eux. Dans la forge, l'émancipation doit être une ?uvre collective. Son poste syndical, Silvio le voit comme un moyen de faire vivre l?« esprit de Clabecq » : « Chaque fois qu'on voulait balancer quelqu?un, chaque fois qu'on voulait attaquer les faibles, tout le monde se portait à leur secours. Ce combat contre le licenciement, le chômage, le racisme, les bas salaires, nous le menions tous les jours sur le terrain. » Par la confiance qu'il affirme dans sa classe sans la théoriser à l'absurde, ce livre donne des leçons salvatrices d'optimisme militant.Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER12,00 € -

Football. La philosophie derrière le jeu
Mumford Stephen ; Jeddi MohammedStephen Mumford montre que la popularité universelle du football n'a rien d'accidentel et ne s'explique pas uniquement par des facteurs sociaux ou quelque contingence historique : sa popularité tient à la nature même de ce jeu. En répondant avec une rare clarté aux questions que les discussions passionnées sur le football n'ont de cesse de soulever, Football. La philosophie derrière le jeu permet de mieux comprendre le "beau jeu" : quelle place y occupe la chance ? Quelle est la relation des individualités d'une équipe à ce tout dont elles font partie ? Quel est la fonction de l'entraîneur et des schémas tactiques ? En quoi le football a-t-il particulièrement à voir avec l'espace ? En quoi consiste la beauté de ce sport ? Quelle est sa relation avec la victoire et la compétition ?Sur commande en 4-6 joursCOMMANDER17,00 €
De la même catégorie
-

Tractatus logico-philosophicus
Wittgenstein Ludwig ; Chauviré Christiane ; PlaudEn 1921, Ludwig Wittgenstein publie son seul livre édité de son vivant, porté par une thèse forte : les problèmes que la philosophie a rencontrés jusqu'ici viennent de notre ignorance de la logique profonde du langage, qui est aussi la logique de la réalité. Langage et réalité sont deux faces d'une même pièce. Pour dissoudre ces problèmes, il faut donc analyser logiquement le langage et affronter le nonsens, afin d'envisager ensuite la dimension mystique de la philosophie. C'est l'entreprise que déroulent les quelque cinq cents propositions de ce traité, qui ne craint pas de recommencer la philosophie à zéro. Texte célèbre pour ses ambiguïtés, le Tractatus est ici abordé sous un angle nouveau, qui ne cherche pas à fixer son sens, mais au contraire à lui restituer sa richesse et sa mouvance, dans toute l'ampleur de la pensée de Wittgenstein. En étudiant l'arrière-plan philosophique de ce traité et en éclairant ce grand oeuvre à la lumière des carnets - notamment ceux de 1914-1916 -, on voit se dessiner la figure complexe de l'un des plus grands penseurs du XXe siècle.EpuiséVOIR PRODUIT9,00 € -

Ethique à l'usage de mon fils
Savater FernandoCe livre n'est pas un manuel d'éthique destiné aux candidats bacheliers. Il ne parle ni des auteurs importants ni des grands courants historiques de la théorie morale. Et je n'ai pas cherché à mettre l'impératif catégorique à la portée de tous les publics. Ce n'est pas non plus un catalogue de réponses moralisatrices aux problèmes que nous rencontrons tous les jours dans le journal ou dans la rue, de l'avortement à l'objection de conscience en passant par les préservatifs. L'éthique n'a jamais permis de trancher un débat, même si son rôle est de les ouvrir tous. Ce livre ne prétend pas être autre chose qu'un livre personnel et subjectif, comme les rapports existant entre un père et son fils ; et par là-même universel, comme la relation père-fils, la plus ordinaire. Il a été pensé et écrit pour être lu par des adolescents : il n'apprendra sans doute pas grand-chose à leurs maîtres. Son objectif n'est pas de fabriquer des esprits bien-pensants (et encore moins mal tournés), mais de stimuler une pensée libre ".Sur commande en 2-4 joursCOMMANDER15,90 € -

Du progrès et de la promotion des savoirs, 1605
Bacon FrancisLe savoir dérivé d'Aristote, s'il est soustrait au libre examen, ne montera pas plus haut que le savoir qu'Aristote avait." Dans les arts mécaniques, le début est grossier puis l'on développe et perfectionne - ce que Bacon baptise ici "progrès". S'il n'en va pas de même pour les savoirs, c'est que, dans la société, la science est une grande incomprise. Que faire pour y remédier ? Bien des choses, et d'abord convaincre l'Etat de s'en mêler. Publié en anglais en 1605, Du progrès n'a connu jusqu'ici qu'une traduction française, en 1624. La phrase qui recommande le libre examen d'Aristote y a été censurée, comme tout ce qui touche à la scolastique. Bacon lui-même, en se faisant traduire en latin pour le Continent, expurge son livre. L'audace intellectuelle de l'original n'avait donc pas encore vraiment franchi la Manche. L'essentiel fut cependant entendu de tous au XVIIème siècle : les sciences, produites par l'effort humain, doivent être distinguées de la religion.EpuiséVOIR PRODUIT14,50 € -

Sur l'antisémitisme. Les origines du totalitarisme
Arendt Hannah ; Pouteau Micheline ; Frappat HélèneCe livre constitue une tentative de compréhension de faits qui, au premier coup d'?il, et même au second, semblaient simplement révoltants. Comprendre, toutefois, ne signifie pas nier ce qui est révoltant et ne consiste pas à déduire à partir de précédents ce qui est sans précédent; ce n'est pas expliquer des phénomènes par des analogies et des généralités telles que le choc de la réalité s'en trouve supprimé. Cela veut plutôt dire examiner et porter en toute conscience le fardeau que les événements nous ont imposé, sans nier leur existence ni accepter passivement leur poids, comme si tout ce qui est arrivé en fait devait fatalement arriver. Comprendre, en un mot, consiste à regarder la réalité en face avec attention, sans idée préconçue, et à lui résister au besoin, quelle que soit ou qu'ait puêtre cette réalité." (Hannah Arendt)Sur l'antisémitisme est la première partie de l'?uvre magistrale d'Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme (New York, 1951), qui inclut aussi L'Impérialisme ("Points Essais", n° 356) et Le Système totalitaire ("Points Essais", n° 307).EpuiséVOIR PRODUIT10,20 €



