La catastrophe invisible. Histoire sociale de l?héroïne (France, années 1950-2000)
Kokoreff Michel ; Coppel Anne ; Peraldi Michel
AMSTERDAM
24,00 €
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EAN :9782354801687
L'héroïne : sans doute la drogue la plus emblématique, la plus énigmatique aussi. Comment s'est-elle diffusée en France, dans quels mondes sociaux et urbains, selon quels cycles ? Mais aussi, pourquoi cette drogue plutôt qu'une autre ? Que nous dit-elle d'une société et, en proie à bien des bouleversements culturels et des crispations identitaires depuis les années 1960 ? Restituer, au présent, l'histoire de cette diffusion longtemps invisible en dehors des initiés, c'est dessiner les logiques de ce qui fut une aventure collective, un trip, avant la désillusion profonde qu'incarna le punk et la "catastrophe sociale et sanitaire" des années 1980 : overdoses en masse, épidémie de sida, hépatites. La diffusion de l'héroïne entraîna une véritable hécatombe collective, en particulier dans les quartiers populaires, chez les enfants d'immigrés et d'ex-colonisés. Le régime de guerre à la drogue et de panique morale, l'absence de culture de la santé publique, le déni de réalité y furent pour beaucoup. Or, l'expérience d'autres pays et la réduction des risques le démontrent, la catastrophe n'était pas fatale. Tel est l'objet de ce livre fondé sur une recherche collective.
Nombre de pages
653
Date de parution
16/02/2018
Poids
635g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782354801687
Titre
La catastrophe invisible. Histoire sociale de l?héroïne (France, années 1950-2000)
Auteur
Kokoreff Michel ; Coppel Anne ; Peraldi Michel
Editeur
AMSTERDAM
Largeur
136
Poids
635
Date de parution
20180216
Nombre de pages
653,00 €
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Les « banlieues » - et les jeunes qui y habitent, en particulier ceux issus de l'immigration - sont devenues, dans les discours et les représentations, le réceptacle de tous les maux de la société française: délinquance, violence, insécurité, etc. Comment en est-on arrivé là? Quels sont les enjeux politiques et idéologiques d'une telle mise en scène des banlieues? Quels effets sociaux ce processus engendre-t-il sur le terrain? Quelles réalités sociales conduit-il à dissimuler...S'appuyant sur une enquête de terrain menée sur une longue durée, dans les Hauts-de-Seine (Asnières, Genevilliers, Nanterre, etc.), Michel Kokoreff explique que les mécanismes de ségrégation urbaine et de discrimination à l?égard des travailleurs immigrés et de leurs familles ne datent pas de l?émergence du « malaise des banlieues », mais des années 1950 et, plus encore, du XIXe siècle. Il montre que l'on assiste à une criminalisation de fait des classes populaires avec notamment la doctrine de la « tolérance zéro ». Il montre enfin que la vie sociale dans les quartiers « difficiles » ne se résume pas à la délinquance. Certes, celle-ci existe, mais on oublie trop souvent l'effervescence de ces quartiers, le dynamisme social qui en émane, le fait que beaucoup de jeunes cherchent à sortir de la « galère » par la reconversion d'un capital relationnel (la réputation) en statut professionnel (la compétence) - tout en se heurtant à de multiples obstacles liés à la déviance, à l'action policière et aux rigidités institutionnelles.Ce livre ne prétend pas « couvrir » ce qui se passe dans les cités, encore moins trouver des « excuses sociologiques ». Il veut simplement montrer les « banlieues invisibles », donner un aperçu des ressources disponibles, du fourmillement d'initiatives, des solidarités à l??uvre. Bref, envisager un autre regard sur les banlieues populaires.
Résumé : Michel Kokoreff propose dans cet ouvrage une généalogie des violences policières qui s'inscrivent dans l'héritage colonial, se prolongent en 68 et dans la gestion policière des quartiers populaires, pour perdurer aujourd'hui. Il montre comment ces violences sont ancrées au coeur de l'Etat français. De la guerre d'Algérie aux Gilets jaunes, elles n'ont jamais cessé. Il analyse les logiques qui les sous-tendent : militarisation de la police, volonté politique de neutraliser toute forme de contestation, mutation du syndicalisme policier, autonomie de la base policière qui impose ses pratiques à la hiérarchie. Jamais depuis un demi-siècle la France n'a connu une telle escalade de violences des forces de l'ordre alors que les dirigeants politiques s'enferment dans le déni. Michel Kokoreff montre qu'on ne peut pas la comprendre sans la relier à une violence plus structurelle. celle des inégalités sociales et raciales.
Depuis l'automne 2005, la société française vit au rythme des émeutes. Dans certains espaces urbains, la situation peut à tout moment dégénérer, et le cycle de drames, de révoltes et de violences reprendre. Que s'est-il donc réellement passé, lorsque des quartiers paupérisés, stigmatisés et racialisés se sont subitement embrasés, provoquant une prise de conscience collective devant le malaise des banlieues populaires "immigrées" et le durcissement des relations entre les jeunes et la police? Que nous disent ces émeutes et celles qui suivirent des profondes mutations sociales et politiques qui affectent l'ensemble de notre pays? S'appuyant sur les témoignages d'élus, de policiers, d'émeutiers et de travailleurs sociaux, ainsi que sur les résultats de plusieurs enquêtes de terrain, ce livre revient sur des événements qui ne furent pas les mêmes partout, qui avaient des précédents et qui eurent des suites, dont les manifestations anti-CPE. Ce faisant, il met en perspective les transformations de la France contemporaine, pointant au passage les mensonges d'État en matière de sécurité sur fond d'emballement médiatique. Les émeutes n'étaient pas fatales. Si nous continuons de ne pas comprendre, d'oublier et de refouler ce qui s'est passé et dit, alors, les mêmes causes produisant les mêmes effets, d'autres embrasements auront lieu. En pire.
Comment la vie sociale des usagers et des revendeurs de drogues est-elle organisée? Quelles ressources mobilisent-ils? Quelles étapes jalonnent leur carrière dans les mondes des drogues? Quel rôle jouent les politiques publiques en matières pénale, sociale et sanitaire? Comment ces politiques se déclinent-elles localement? Ce livre aborde ces questions cruciales sur lesquelles les enquêtes sociologiques sont peu nombreuses, alors que le débat public sur les problèmes des pratiques sociales des drogues illicites et licites s'est éteint en France. Raison de plus pour y revenir dans un contexte où, à l'étranger, en particulier aux Etats-Unis, ce débat fait rage autour des questions de l'usage thérapeutique du cannabis ou de la légalisation.
L'ouvrage entend mettre en lumière les défis réels - et non fantasmés - auxquels est confrontée la gauche dans son rapport aux classes populaires aujourd'hui, montrant par là même qu'il n'y a rien d'irrémédiable aux difficultés présentées. La fragmentation des classes populaires n'est pas indépassable, à condition de ne pas partir d'une vision réductrice ou passéiste de ces milieux, mais plutôt de leur réalité matérielle et de l'actualité observée de leurs aspirations et mobilisations.