Buenos Aires, juin 1978. Un conscrit lit le message téléphonique qu'il doit transmettre de touteurgence au capitaine Messiano, le médecin militaire dont il est le chauffeur, parti assister à un desmatchs de la coupe du monde de football. Il s'agit d'une question terrible, brutale, posée par un autremédecin militaire, et dont dépend la vie d'une prisonnière et de son bébé. Après avoir corrigé unefaute d'orthographe et soucieux de bien accomplir son devoir, le conscrit parcourt la ville à larecherche de son chef pour qui il s'est pris d'affection et dont il admire les valeurs morales d'ordre etd'obéissance. Le contenu de la question posée n'éveille en lui aucune interrogation, de même qu'ilreste aveugle à la violence qui règne en dehors des murs du stade où se déroule la fête sportive. etsourd à un autre message, celui de la prisonnière qui le supplie d'alerter sa famille et un avocat.Construit comme une froide mécanique mathématique, le roman de Martin Kohan est un des plusgrands textes littéraires jamais écrits sur ce qui conduit un individu ordinaire à intérioriser la violencepolitique et à prendre parti pour la répression.
Nombre de pages
224
Date de parution
18/10/2012
Poids
320g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782021028386
Titre
Le conscrit
ISBN
2021028380
Auteur
Kohan Martín ; Iaculli Gabriel
Editeur
SEUIL
Largeur
140
Poids
320
Date de parution
20121018
Nombre de pages
224,00 €
Disponibilité
Epuisé
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New York, 1923: l'Argentin Luis Angel Firpo, dit le Taureau sauvage des pampas, envoie hors du ring l'Américain Jack Dempsey, détenteur du titre de champion du monde des poids lourds. A Buenos Aires, le match est retransmis à la radio et la victoire de Firpo proclamée. Mais l'arbitre ne comptabilise pas les secondes de la chute. Dempsey remonte sur le ring et met le challenger KO. Le Taureau sauvage des pampas n'aura été champion du monde que dix-sept secondes, entrant ainsi dans la légende. Trelew, Patagonie, 1973: pour fêter les cinquante ans du journal local, le journaliste sportif choisit de faire revivre ce combat mythique. Celui de la section culturelle décide de relater la première exécution de la Symphonie n°1 de Gustav Mahler au théâtre Collin de Buenos Aires, sous la baguette de Richard Strauss.Entre ces deux grands événements de ce 14 septembre 1923 vient se glisser un fait divers, un pendu dans une chambre d'hôtel, meurtre ou suicide jamais élucidé. La musique classique, le sport et le crime s'associent alors pour reconstruire le passé sous la forme d'une hallucinante histoire policière et d'un débat acharné autour de la culture populaire et du rôle des médias. Biographie: Martin Kohan est né à Buenos Aires en 1967. Professeur de lettres à l'université, il est l'auteur de quatre romans, de deux livres de nouvelles et d'un essai sur Walter Benjamin. Critique littéraire, il collabore à plusieurs journaux et revues.
Entre les murs du Colegio Nacional de Buenos Aires règne une discipline stricte, implacable et cruelle. Maria Teresa, vingt ans, toute nouvelle surveillante de la classe de troisième, a pour mission de veiller à ce qu'aucun élève ne déroge aux règles de bonne conduite. Son supérieur hiérarchique, M. Biasutto, lui a recommandé de ne laisser passer aucune faute et, mine de rien, d'avoir l'oeil à tout afin de tenir éloigné l'esprit de la subversion qui, en cette année 1982, menace le pays et le collège. Ignorante et timide, Maria Teresa met un point d'honneur à accomplir et même perfectionner ce qu'elle considère comme son devoir. Lorsqu'elle commence à se cacher dans les toilettes des garçons pour surprendre d'éventuels fumeurs, sa vigilance tourne alors à l'obsession et lui procure une excitation secrète et trouble, que l'intervention de M. Biasutto transforme en rituel scabreux, faisant de la jeune surveillante la victime d'un système qu'elle a elle-même cautionné sans s'en apercevoir.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore.Ce livre est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre : de Sartre, Lacan, Deleuze, Barthes, Derrida ou Foucault jusqu'à Judith Butler.Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, le sexe des Modernes est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées...Il s'agit ici non seulement d'éclairer des doctrines récentes que la confusion des temps travaille à obscurcir, mais d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ...Car le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire puisque cette histoire est la nôtre, et sans doute plus que jamais.E.M.
Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...