L'utopie des sentiments. Essais et histoires de cinéma
Kluge Alexander ; Marchiori Dario ; Jouanlanne Chr
PU LYON
18,00 €
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EAN :9782729708771
Ce recueil est une proposition théorique ambitieuse : pour introduire à l'oeuvre monumentale et multiple d'Alexander Kluge, il est composé à la fois d'essais rédigés entre les années 1960 et 1980 (dont on peut lire ici la première traduction française), et de textes littéraires des années 2000, des " histoires " consacrées elles aussi au rince et aux médias (dont quatre récits inédits). Sa forme n'est pas sans rappeler la technique même d'Alexander Kluge, qui a constitué son oeuvre en constellation de fragments, qu'il expose à toutes sortes de montages et de remontages. Le titre lui-même, L'Utopie des sentiments, rend hommage à la place centrale de la subjectivité, dans la vision de l'artiste, qui y voit le lieu d'une rencontre dialectique et révélatrice entre le privé et le public, entre le personnel et le politique. Sa théorie du cinéma met au centre le rôle du spectateur: les films, comme les médias, n'existent que par lui, au coeur de son imagination. Figure centrale de la culture allemande contemporaine, Alexander Kluge est tout à la fois cinéaste, écrivain, enseignant, philosophe, sociologue, théoricien des médias et homme de télévision. Maître de l'essayisme sous toutes ses formes, il est l'un des héritiers les plus inventifs de la Théorie critique de Theodor W. Adorno et conduit une recherche inlassable et inclassable, traversant et réinventant les champs disciplinaires. Parmi ses films les plus connus, on retiendra Anita G. (1966), La Patriote (1979), Le Pouvoir des sentiments (1983) ou encore Nouvelles de l'antiquité idéologique (2009). Les textes ont été réunis et présentés par Dario Marchiori.
Nombre de pages
223
Date de parution
04/06/2014
Poids
314g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782729708771
Titre
L'utopie des sentiments. Essais et histoires de cinéma
Auteur
Kluge Alexander ; Marchiori Dario ; Jouanlanne Chr
Editeur
PU LYON
Largeur
140
Poids
314
Date de parution
20140604
Nombre de pages
223,00 €
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Stalingrad, la bataille où périrent trois cent mille soldats allemands, marque le début de l'effondrement du nazisme. On a souvent décrit cette bataille, mais personne ne l'a vue comme Alexander Kluge. Grâce à sa conception romanesque, il découvre un nouvel aspect et une nouvelle dimension de ce combat décisif. L'auteur a créé un nouveau genre romanesque : le roman document, où le réel et l'imaginaire se chevauchent et sont si étroitement mêlés que le lecteur finit par les confondre. Alexander Kluge s'est servi des communiqués officiels, des articles de journaux, des slogans de la propagande nazie pour montrer les faits. Il a fait le récit des événements au jour le jour, parfois heure par heure, du 10 novembre 1942 au 2 février 1943. Sans négliger les destins individuels, il donne une vue globale de cette bataille, une des plus tragiques de l'histoire de la dernière guerre.
Alexander Kluge a reçu, en 2003, le prix littéraire allemand le plus prestigieux, le prix Büchner, événement salué par la presse. Pourtant, les écrits d'Alexander Kluge, sont inclassables, à l'image de l'homme lui-même : aussi bien écrivain, philosophe, théoricien de l'art, que réalisateur de films, producteur de programmes culturels pour la télévision et professeur d'université ; ou encore à l'image de son parcours. Né en 1932, il fut l'élève d'Adorno, le collègue d'Habermas, l'émule de Fritz Lang, membre du groupe 47, interlocuteur et collaborateur d'Heiner Müller, et initiateur du Nouveau film allemand. Sa biographie à elle seule est un miroir à mille facettes de l'histoire allemande que ses écrits reflètent. En même temps, ils s'inscrivent bien dans une tradition, comme ils en rendent compte eux-mêmes. D'abord, la tradition des fables de Lessing ou de Kleist, fables métaphoriques et éthiques, qu'ils perpétuent. Ensuite, celle des récits historiques de Fontane et avec eux, une certaine manière de dire l'histoire. Certes, la légèreté grave de Fontane n'est plus de mise, mais la volonté d'éclairer par une " stratégie d'en bas ", les rapports de domination et de production est la même. Il s'agit de décliner la " grammaire du temps " et de montrer qu'elle est arraisonnée à l'arithmétique des passions. La traduction d'Anne-Elise Delatte, qui nous donne à lire pour la première fois ces textes en français, est au plus près de cette mécanique structurée et passionnelle. Elle a su en préserver l'aspect rude et imaginatif en même temps. A travers ses mots, l'on suit les allées et venues d'Alexander Kluge sur la trame de l'histoire de la société allemande ; avec l'auteur et la traductrice, on découvre ou redécouvre cette histoire, ces entrelacs. Placés sous cet éclairage savant, caustique et passionnel, ils gagnent à la fois en densité et intelligibilité.
Dans ce livre, I'"inquiétante" est présente sur divers champs et à différentes époques. L'aiguillon de l'inquiétude est le même aujourd'hui, lors d'un bombardement dans la région d'Alep, qu'en ce mois d'avril 1945 où ma soeur et moi-même avions dû trouver refuge dans un abri antiaérien. L'écart entre première et seconde nature — entre le surgissement d'une industrie porteuse de bombes (stratégie d'en haut) et l'idée de fuite, la quête d'une issue pour nous, les prisonniers du sous-sol (stratégie d'en bas), demeure un absolu. "[...] Quand les vies sont déchirées par le cours de l'histoire, la poétique ne saurait les raccommoder, les recoller, ou les recoudre. En revanche, s'il s'agit de comprendre ce que le monde nous réserve, elle a la capacité de créer des relations. Elle compose des toiles, à l'instar d'Arachné, cette jeune tisseuse lydienne transformée en araignée, soeur éloignée d'Internet."
L'objectif de cet ouvrage est d'honorer l'ambition qu'avait David Graeber de construire des ponts entre les sciences sociales. Il réunit des contributions d'anthropologues, de sociologues, d'économistes, de politistes qui réfléchissent aux apports de Graeber à leur discipline sur 4 thèmes : travail et mouvements sociaux, dette et monnaie, capitalisme et pouvoir, anarchisme et liberté. David Graeber, professeur d'anthropologie à la London School of Economics disparu brutalement le 2 septembre 2020, aura marqué son époque par sa créativité scientifique et ses apports originaux à des débats publics majeurs. A travers une anthropologie que l'on peut qualifier de politique, il a montré que la diversité des organisations sociales révélées par les enquêtes ethnographiques ouvre sur l'idée d'une pluralité des possibles et ainsi sur la perspective d'une société plus égalitaire et plus démocratique. Théoricien de la pensée libertaire nord-américaine, il est devenu une figure de proue du mouvement "Occupy Wall Street" et une figure intellectuelle majeure de la gauche libertaire. David Graeber était un passeur. Entre les disciplines d'abord : il a notamment démontré comment l'anthropologie pouvait nourrir d'autres disciplines, telles les sciences économiques, la sociologie ou la science politique notamment. Il était aussi un passeur entre action et réflexion : selon lui, la connaissance produite par les sciences sociales doit constituer une force imaginative et transformatrice en faveur d'une société réellement démocratique. C'est ce que se sont employés à démontrer les contributeurs à cet ouvrage issu d'un colloque tenu à l'université Lumière Lyon 2 en juillet 2022.
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